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Kemet – The Night Before

Groupe lyonnais formé en 1998, Kemet nous propose avec "The night before" un album bercé par le spleen et la tristesse et placé sous le signe de la mélancolie. Les textes sombres se font l'expression d'émotions douloureuses imagées par une musique éthérée et romantique qui emprunte aussi bien au gothique qu'au rock et l'auditeur est invité à se laisser porter par des ambiances aussi bien douces que torturées.

En 6 ans d'existence et avec déjà une demo et un album à son actif, le groupe a eu le temps de laisser maturer sa musique et les compositions s'en trouvent enrichies de diverses influences qui permettent à Kemet de varier son propos avec diverses sonorités qui doivent autant à l'electro qu'à la cold wave. Pourtant malgré cette variété, c'est l'originalité qui fait défaut à cet album, à l'image d'un chant qui manque cruellement de personnalité, et si il ne fait aucun doute que les amateurs du genre trouveront leur compte avec "The night before", il n'en demeure pas moins que rien ne saurait distinguer cet opus de la masse en terme de créativité. Et ce n'est pas le fait que cet album ait été mastérisé par Mikka Jussila au studio Finnvox ou la présence d'Adeline de Akin sur certains morceaux qui va y changer grand chose. Un album qui reste très plaisant à écouter mais sans génie malheureusement. Gageons que le groupe saura développer son propos et nous proposer une musique moins naïve pour son prochain opus.

BHC (06/10)

Thundering records / 2004

Track listing (..:..)
1. Emilie-s broken heart 2. Sister sorow 3. Short term god 4. One chance left 5. Valuable things 6. The lucid song 7. Suicide me 8. Orchids for kids

Sirenia – An Elixir for Existence

Tandis que les membres de Tristania laissent toujours planer le doute sur leurs capacités à surmonter le départ de Morten Veland, celui-ci nous sort déjà un deuxième opus, qui, disons le d'entrée, laisse un peu sur sa faim. Le seul véritable changement apporté à la formule du groupe réside dans le changement de chanteuse, c'est désormais la norvégienne Henriette Bordvik qui remplace Fabienne Gondamin, tout en étant releguée au second plan (le moins que l'on puisse dire c'est bien que ses parties de chant se limitent au strict minimum). 
A l'écoute d'An Elixir for Existence, la première impression qui domine c'est d'avoir affaire à une copie carbone d'At Sixes and Sevens (je concède tout de même un artwork plus réussi que pour le premier album).
Les mêmes riffs de guitares vrombissants, les choeurs, éléments électros et claviers pour l'ambiance, sans oublier les passages de violon… à tel point qu'on finit par se demander si l'on a bien calé dans la platine le nouvel album. Les vocalises de Morten sont toujours puissantes et bien placées, le groupe joue bien, et si l'on doit reprocher quelque chose au groupe, c'est bien l'absence de toute prise de risque sur ce nouvel opus…
Les plus rétifs au son concoctés par Terje Refnes à n'en pas douter feront grise mine et l'impasse sur cet album (il est vrai qu'à force cette recette risque d'en lasser plus d'un avec cette tendance à rendre les riffs de guitares un poil crasseux et le son de batterie froid, clinique et relégué à fond à gauche derrière les toilettes, et que ledit producteur applique sans sourciller à tous les groupes metal goth qui passent dans son studio).
Pourtant, l'album n'est pas mauvais au fond, le talent de composition de Morten Veland permet à Sirenia de se maintenir dans le haut du panier du genre metal sombre et symphonique… 
Mais l'on pourrait aussi reprocher à ce nouvel opus une tracklist organisée maladroitement (à mon goût), le cap des 5 premières chansons passées, l'album se révèle plutôt fatiguant à l'écoute. Cela étant il y a quelques morceaux de bravoure, comme "Voices Within" qui alterne passages violents inspirés du Black (et d'une efficacité redoutable) et moments plus intimistes avec les claviers, le violon et un chant féminin assez en retrait. Même chose sur "In my Darkest Hours", on l'on se dit qu'avec un autre producteur cette chanson aurait sans doute pu figurer dans les meilleures du genre. Du coup, l'absence de surprise, la production téléphonée… laissent la place à un album prévisible qui laisse donc sur sa faim… Le groupe et Morten Veland peuvent faire beaucoup mieux, en changeant de producteur pour le prochain album par exemple ? 
 
Hamster (07/10)
 
 
Napalm Records – M10 / 2004
 
Track listing (53:49)
1. Lithium and A Lover 2. Voices Within 3. A Mental Symphony 4. Euphoria 5. In My Darkest Hours 6. Save Me From Myself 7. The Fall Within 8. Star-Crossed 9. Seven Sirens and A Silver Tear

 

Raunchy – Confusion Bay

Attention, attention. OVNI en vue. Raunchy prend un malin plaisir à mélanger les styles et le résultat final est globalement plutôt réussi. Ce 'Confusion Bay' n'est de toute façon pas leur coup d'essai, les six danois déjantés (qui viennent d'ailleurs de changer de chanteur) ont déjà enfanté un album et moult singles et démos.
Ce second opus se situe donc aux confluents du cyber-power-metal, du néo, du metal extrême et de la musique électronique. Et même si leur dorénavant ex-chanteur Lars Vongstrup met un point d'honneur à ce que le groupe ne soit en aucun cas comparé, le premier nom qui vient à l'esprit est Fear Factory. Que ce soit la double épileptique et saccadée de Join the Scene ou l'ambiance 'electro-dark-indus-rock' de The Devil, le spectre de l'usine à peur californienne n'est jamais bien loin…
 
Nos danois jouent cependant sur bien d'autres tableaux, notamment deux côtés plutôt contradictoires : Une facette neo-metal guillerette, sautillante et bourrée de contretemps de charley qui donnent envie de se trémousser sur une piste de danse le vendredi soir, mais aussi une facette totalement extrême et déjantée à base de tempos infernaux, de blast-beats et de rythmiques purement thrash (c.f Insane par exemple). C'est cette deuxième facette notamment qui évoque sans conteste Devin Townsend dans ses moments les plus furieux, avec S.Y.L par exemple. La première facette, plus dansante et gentiment barje est probablement due à une écoute intensive des projets les plus barrés du sieur Mike Patton. Elle rappelle même par moments les deux premiers albums de nos chers compatriotes de Mass Hysteria. Il n'est pas impossible que Raunchy s'en soit inspiré étant donné que leur batteur adule Gojira…
Cessons cependant de chercher à les comparer à tout prix, sous peine de se voir coller un procès au derrière par celui qui leur a servi de chanteur pendant leurs 10 premières années d'existence.
 
En ce qui concerne la composition, pour synthétiser, il faut retenir que Raunchy mélange les guitares tronçonneuses accordées 7 octaves en dessous de la moyenne avec une section rythmique du genre sous amphétamines, chirurgicale et complètement triggée en ce qui concerne la batterie. Le clavier et les samples sont prépondérants dans cet album. Ce sont eux qui, la plupart du temps, déterminent l'ambiance d'une chanson ou d'un passage en particulier, les rendant tour à tour, sombres, majestueux (à la limite du pompeux) ou plus sobrement dansants.
Pour finir, la voix de Lars V. est très à propos dans le registre clair, dans les aiguës comme dans les graves. Cette capacité impressionnante à changer de registre lui permet de coller parfaitement aux nombreuses variations d'ambiance et d'apporter une très grosse dimension mélodique aux compositions. Un petit bémol cependant, la voix 'agressive' de Lars manque singulièrement de puissance à mon avis. Dans un registre assez proche de celle du chanteur de Killswitch Engage, a savoir oscillant entre éructations thrash, grondements death et phrasés hardcore, celle-ci se révèle pourtant plutôt plate et on se rend vite compte que ce sont la production (très bonne soit dit en passant) et les nombreux effets qui la rendent globalement crédible dans ce marasme de chaos sonore
Un album qui frôle donc la mention excellent mais que certains petits détails agaçants rabaissent au rang de bon album d'un groupe prometteur. Pour peu que le nouveau chanteur maîtrise mieux les gargarismes, il faut s'attendre à une véritable déferlante Raunchy dans les années à venir. A écouter absolument pour tous ceux d'entre vous qui aiment la musique extrême et mélodique mais qui ne sont par réfractaires aux sonorités modernes, aux éléments synthétiques ou dansants et au groove.
 
Rano (08/10)
 
 
Nuclear Blast – M10 / 2004
 
Track listing (52:05)
1. Join The Scene 2. I Get What I see 3. Summer Of Overload 4. Watch Out 5. 9 – 5 6. Show Me Your Real Darkness 7. Confusion Bay 8. The Devil 9. Insane 10. Morning Rise And A Friday Night 11. Bleeding #2