Je ne suis pas du genre à baisser les bras face à un album de Death Technique, loin de là. La preuve : l’année passée, Gorguts et Ulcerate, les deux poids lourds du Death qui fleure bon le mindfuck, avaient trusté les premières places de mon top 10, et Origin et Archspire, cette année, ont aussi décroché de belles notes. Mais là, après plusieurs écoutes de cet album de Pillory, j’avoue me sentir un peu démuni. Et pourtant, sur le papier, cette formation avait largement de quoi me séduire, mais il semble bien qu’entre le projet sur papier et la composition à proprement dit, quelque chose a dû foirer.
Le problème réside, selon moi, dans le caractère décousu de cet album. Là où certains groupes optent pour un cheminement tortueux mais au final évident, Pillory me donne l’impression d’aligner des plans et de bonnes idées sans se demander à un seul instant dans quelle direction ils se sont engagés. Alors oui, il y a vraiment de bonnes idées et quelques passages qui relèvent sacrément le niveau, mais qu’est-ce que c’est brouillon !
Avec un poil plus de cohérence, Pillory pourrait nous proposer un album bien plus percutant. Ici, l’album souffre de plusieurs cassures qui ne permettent pas à cette galette de nous proposer son plein potentiel. Dommage, parce que du potentiel, il y en a un paquet ici… Au groupe de l’exploiter plus habilement la prochaine fois.
Mister Patate (5/10)
Unique Leader Records / 2014
Tracklist (48:46) 1. And The Defeated Emerge 2. Mass Enmity 3. Evolutionary Miscarriage 4. Imbeciles In Defiance 5. Phantasmagorical Beasts 6. Purify The Commonwealth 7. The Mental Defective 8. Nihilarian 9. Distorted Axiom 10. Lixiviated 11. Bipedal Prosecution
Dans la catégorie “l’originalité, on lui pisse à la raie”, Goatwhore fait figure de valeur sûre. On sait que les gars sont doués pour nous en mettre plein les esgourdes. Le propos ne sera pas très finaud, les variations seront réduites à peau de chagrin, mais cette formation a le mérite de pouvoir s’écouter sans réflexion, le cerveau sur OFF, un filet de bave à la commissure des lèvres et le regard absent, abruti par tant de haine. C’est caricatural, certes, mais mis à part le filet de bave, je résume parfaitement mon attitude en ce moment alors que je réduis cette chronique. Et j’en viens donc à me poser la question qui fâche : à quoi sert cet album ?
Un nom avec “hate” dedans, un titre dans une langue difficilement identifiable et une intro/invocation en latin… Non, on ne va pas parler de fleurs et de bons sentiments sur cette galette. Stigmhate a opté pour le tabassage en règle des esgourdes, avec supplément de soufre et de blasphèmes. Zodacare Od Zodameranu, sur le papier, s’annonce donc plutôt bien pour l’amateur de Black Metal que je suis, mais entre la théorie et la pratique, il y a souvent une zone d’ombre qui vient transformer chaque chef-d’œuvre potentiel en une galette passable, voire minable.