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Parfois, j'ai honte d'être métalleux. Pas à cause du regard des autres « non-initiés », bien entendu : ça fait longtemps que j'ai appris à ignorer ceux qui se croient supérieurs à moi en se fondant uniquement sur une question de goûts musicaux. Non, le problème se situe au coeur même de notre petit monde. Et comme vous allez pouvoir le constater, l'adage « le Métal est une grande famille » se vérifie parfaitement. Dans toutes les familles, les repas peuvent rapidement dégénérer après quelques verres, et le Métal ne fait pas exception.

En réaction à la montée en puissance du Metalcore / Deathcore et de tous ses dérivés modernes, une frange de la populace Métal s'élève, s'insurge contre cette nouvelle tendance et replonge aux origines du genre, quand tout était encore si beau, si simple, si traditionnel. Pour eux, toute évolution est un sacrilège… Mais le Métal n'est-il pas, lui aussi, une évolution d'un autre genre ? Ont-ils oublié, ces vieux de la vieille, les réactions de leurs aînés quand ils montaient le son de leur chaîne et qu'ils faisaient gueuler ce bon vieux tonton Halford ? 

« Oui, mais ces petits merdeux de metalcoreux ne respectent rien, ils n'ont pas nos valeurs, ça ne vient pas du coeur ! »

Ha ha. Sérieux. Et il y croit en plus, à son argument en British Steel. Sans même s'intéresser un instant à cette scène ou à ce genre, le métalleux traditionnel a décrété que le petit jeune n'était pas suffisamment authentique à ses yeux. Un peu comme ces vieux qui grognent « c'était mieux avant » en oubliant bien vite qu'ils ont aussi été jeunes (et cons) avant de devenir les vieux cons qu'ils sont maintenant. Au vu des tonnes de préjugés sur les métalleux, j'aurais cru que le métalleux serait plus tolérant, plus solidaire. Pas de bol, chaque sous-groupe répète le même schéma et entretient la « haine envers l'autre » (je mets les guillemets parce que le terme est un peu fort, mais quand j'entends certains dans mon entourage, je pourrais les retirer, ces guillemets).

Quel que soit le genre, quelle que soit l'époque, quel que soit le support sur lequel la musique a été enregistrée (« only vinyl is real », quand ce n'est pas la sacro-sainte K7), il y a des passionnés, des groupes qui méritent que l'on s'y intéresse. Dommage que certains aient oublié leur ouverture d'esprit et portent sur ceux qui ont le malheur d'écouter du Métal de false le même regard dégoûté que celui que les autres portent sur eux. La victime devient le bourreau. Vous êtes tombés bien bas, bande de vieux schnoks. Le Métal, une famille ? J'suis tellement différent de tous ceux qui disent ça que je vais finir par penser que j'ai été adopté.

 

Misery Index – The Killing Gods

Misery Index fait partie de ces groupes qui ont su, au fil des années, se faire un nom dans le monde du Metal, non seulement par la qualité de ses albums, mais aussi par sa capacité à faire parler la poudre sur scène, que ce soit dans une salle minuscule ou sur les planches des plus grands festivals. Après un premier live uniquement paru sur LP, les ricains nous proposent enfin leur premier effort chez Season Of Mist, quatre ans après le monstrueux Heirs To Thievery. Alors, un nouveau coup dans le mille ?

Après plusieurs écoutes, on peut affirmer sans crainte que Misery Index n'a jamais été aussi affûté, ni ambitieux. Ainsi, en guise d'intro, la bande à Jason nous livre cinq morceaux qui s'emboîtent parfaitement les uns dans les autres, avec intro-première claque-interlude-deuxième mandale-coup de grâce, le tout parfaitement exécuté et alternant avec brio apaisement et déchaînement. On pourrait craindre que le groupe brûle toutes ses cartouches dès le début et ne parviendra pas à maintenir ce rythme d'enfer, mais c'est mal les connaître : "The Harrowing", "The Killing Gods", "Gallows Humor", "The Weakener"… autant de morceaux imparables qui se succèdent sans temps mort, malgré les quelques ralentissements qui viennent ponctuer l'album et offrent quelques occasions de souffler avec un nouvel assaut.

En matière de death/grind, Misery Index vient à nouveau de frapper très fort avec un album à la fois homogène et radical. Suffisant pour truster la première place de mon top 10 de l'année ? Un peu tôt pour le dire, mais il a tout pour plaire au fan de death/grind de base.

Mister Patate (9/10)

 

http://themiseryindex.tumblr.com

https://www.facebook.com/MiseryIndex

https://myspace.com/miseryindex

 

Season Of Mist / 2014
Tracklist (xx:xx) 1. Urfaust 2. The Calling 3. The Oath 4. Conjuring the Cull 5. The Harrowing 6. The Killing Gods 7. Cross to Bear 8. Gallows Humor 9. The Weakener 10. Sentinels 11. Colony Collapse 12. Heretics

 

Channel Zero – Kill All Kings

Après un retour en demi-teinte (un vrai succès de foule en live, un album décevant) et le décès de Phil Banneux, je ne donnais pas cher de la peau de Channel Zero. Et pourtant, ils sont de retour, avec un nouvel album enregistré pour l'occasion avec le batteur de Stone Sour derrière les fûts. L'écoute du premier single, "Electronic Cocaine", n'avait pas été en mesure de me rassurer, et c'est donc avec une certaine appréhension que je me suis penché sur Kill All Kings.

"Dark Passenger" ouvre les hostilités de bien belle manière : c'est pêchu, le groupe nous colle une bonne décharge d'énergie et on se prend à rêver d'une galette qui renouerait avec le niveau d'avant le split. Hélas, dès le deuxième morceau, Channel Zero s'essouffle violemment. Le single manque de punch, "Burn The Nation" a du mal à redresser la barre avec un refrain pas particulièrement mémorable et ce ne sont pas les morceaux suivants qui viendront du remettre du baume au coeur. On retiendra à la limite "Duisternis" sur un plan purement musical (parce que putain, le chant en néerlandais, c'est loin d'être une bonne idée… et que dire de la partie en français ?) et "Heart Stop" qui est une version plus musclée d'"Angel", le morceau sorti à l'époque du décès de Phil (et qui enterre au passage "Heart Stop" parce que tellement plus rempli d'émotion). Pour le reste, et n'en déplaise à ceux qui avancent l'argument de l'évolution du groupe, nous avons ici un groupe qui n'est plus que le pâle reflet de lui-même. Ses morceaux "typés" Channel Zero ne font pas mouche, ses expérimentations tournent court et ne sont pas suffisamment convaincantes pour nous faire oublier ce que Channel Zero savait faire de si bien…

Channel Zero est mort avec Phil, et "Angel" aurait été une épitaphe parfaite. Kill All Kings n'apporte rien au groupe, n'apporte rien à la discographie du groupe et écorne encore un peu plus la légende. Parfois, il faut savoir s'arrêter tant qu'il est encore temps de le faire…

Mister Patate (2/10)

www.channel-zero.be

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CNR Music Belgium – Metal Blade Records / 2014
Tracklist (45:18) 1. Dark Passenger 2. Electronic Cocaine 3. Burn the Nation 4. Digital Warfare 5. Ego 6. Crimson Collider 7. Kill All Kings 8. Brother's Keeper 9. Army of Bugs 10. Mind over Mechanics 11. Duisternis 12. Heart Stop