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389597Brutal Truth met fin à sa carrière cette année. À 50 balais, le longiligne Dan Lilker a décidé de raccrocher la basse au clou et de profiter d’une retraite bien méritée. Là où certains se traînent jusqu’à l’agonie sur scène (qui a dit Motörhead ?), Brutal Truth, qui n’a pourtant pas perdu grand-chose de sa force de frappe, a le courage de dire stop. Par contre, j’ose espérer que ce split avec Bastard Noise ne sera pas l’épitaphe du groupe… parce qu’on est en droit de s’étrangler avec sa binouze si c’est le cas.

Parce que non, il n’est pas question de grindcore ici, loin s’en faut. Axiom Of Post Inhumanity est un assemblage bâtard de bruits, bips et autres grincements. Bastard Noise, à ce petit jeu, remporte la palme de l’inconfort auditif avec ses bruitages (sur)aigus. On croirait la bande originale d’un remake porno SM de Transformers III : The Dark Side Of Your Moon. Et Brutal Truth ? Brutal Truth fait à peine mieux. On croit entendre en toile de fond une touche de grind, mais elle est noyée dans une mélasse bruitiste désagréable au possible. Ça, le chant du cygne d’un groupe-phare du grindcore ?

Vous l’aurez compris, ce split atypique ne m’a pas convaincu. Je me demande même qui il pourrait convaincre. Peut-être les fans de Pryapisme, ou des remix du dernier album de Morbid Angel ? Fans de la Vérité Brutale, passez votre chemin, allez plutôt voir le groupe sur scène une dernière fois.

Mister Patate (beeeep/10)

Relapse Records / 2013
Tracklist (57:19) 1. Bastard Noise – The Duel of the Ant and the Dragonfly 2. Bastard Noise – The Horizon on Lynx 3. Bastard Noise – Horned Beetle Conflict 4. Bastard Noise – Mantis Colony 5. Brutal Truth – Control Room: Smoke Grind and Sleep Mix 6. Brutal Truth – The Stroy

Kampfar – Djevelmakt

394373Après un Mare très recommandable (sorti à l'époque chez Napalm Records), les Norvégiens de Kampfar nous reviennent avec un sixième effort qui aura eu le mérite de me faire hausser le sourcil droit à la première écoute avant de me convaincre très rapidement que je tenais là quelque chose de bien bon.

En effet, Mare m'avait séduit par son côté épique : "Bergtatt", bordel, cette envie de bomber le torse et de brandir son épée, les cheveux au vent ! Djevelmakt, dès lors, m'avait un peu pris par défaut, le groupe semblant davantage miser sur le côté hypnotique des morceaux ("Kujon", par exemple, avec ce chant presque parlé). Je pouvais donc ranger mon épée au placard et espérer que Kampfar ne me plongerait pas dans un ennui profond.

Ils sont doués, ces Norvégiens.

En effet, Djevelmakt a beau marquer une petite rupture avec Mare, il n'en reste pas moins convaincant à sa manière. Avec près de 50 minutes au compteur (sur 8 morceaux, ça vous donne une idée de la durée moyenne d'un morceau), ce nouvel effort de Kampfar joue davantage sur les ambiances sombres, lancinantes. Là où certains se prennent lamentablement les pieds dans le tapis, Kampfar a su déjouer ce piège et nous livre un album maîtrisé de bout en bout, lorgnant parfois vers le mid-tempo ravageur et toujours équilibré. Voilà enfin un album qui me surprend positivement, voilà un groupe qui a su évoluer sans renier son passé et nous livre une des meilleures sorties de ce premier trimestre. Vous aimez le Black qui sait jouer sur les ambiances, sans tomber dans l'occultisme ? Kampfar devrait vous séduire sans mal.

Mister Patate (8/10)

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Indie Recordings / 2014
Tracklist (49:05) 1. Mylder 2. Kujon 3.  Blod, Eder og Galle 4. Swarm Norvegicus 5. Fortapelse 6. De Dødes Fane 7. Svarte Sjelers Salme 8. Our Hounds, Our Legion

Nausea – Condemned To The System

392187Il fut un temps où il était impossible d'évoquer Terrorizer sans parler de Nausea, deux groupes étroitement liés, à tel point que certains morceaux de l'un furent utilisés pour compléter l'album de l'autre. Au centre de ces deux formations, il y avait Oscar Garcia, qui poussa la chansonnette pendant deux ans au sein de Terrorizer avant que le groupe ne splitte la première fois. Et Nausea, dans tout ça ? Après un premier album en 91, le groupe mit aussi la clé sous le paillasson et il aura donc fallu 23 ans avant qu'il ne revienne avec un digne successeur à Crime Against Humanity. Alors, le séjour dans le formol a-t-il laissé des traces ?

Pour un groupe qui a passé les vingt dernières années dans le silence (un silence tout relatif certes, entre démos, splits et compilation), Nausea tient encore la route. En 11 morceaux dégueulés en une petite demi-heure (dont un "Corporation Pull-In" que les fans reconnaîtront assez facilement), Oscar et ses acolytes (Eric Castro, batteur de la première heure, Alejandro de Dia De Los Muertos à la basse et Leon Del Muerte, décidément dans tous les bons coups à la gratte) nous livrent un album agréable, combinant habilement death et grindcore. Certes, on ne navigue pas à un haut niveau de virtuosité : ça reste somme toute basique, avec juste un petit solo ici ou là, histoire de faire joli, mais on ne peut nier que le groupe y met des tripes, à défaut d'y mettre de l'originalité.

Condemned To The System est un album qui n'a aucune caractéristique vraiment marquante : Nausea n'est pas le groupe le plus rapide, le plus extrême, le plus haineux ou le plus technique. Mais au final, dans cette course à l'extrémisme musical, Nausea nous montre qu'on peut opter pour une certaine modestie tout en frappant fort et juste. Chapeau !

Mister Patate (8/10)

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Willowtip Records / 2014
Tracklist (29:03) 1. Freedom of Religion 2. Does God Need Help? 3. World Left in Confinement 4. Cries of Pain 5. Hate & Deception 6. Corporation Pull-In 7. Fuck the World 8. Falsely Accused 9. Condemn Big Business 10. And We Suffer 11. Absence of War