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Audrey – Lost In Promises

Audrey-Lost-In-PromisesLe temps passe et nous rapproche lentement mais sûrement de la mort du Metalcore. Oui, je sais, on peut toujours rêver, mais quand je vois la vitesse à laquelle le Neo s'est vautré à l'époque, je me dis qu'il reste encore de l'espoir. D'ici là, il faudra encore se farcir chaque mois un bon lot de sorties de ces albums anecdotiques aux tons rosâtres et au goût sucré-acidulé. Et le pire, dans l'histoire, c'est qu'ils nous relancent pour avoir leur chronique ! They were asking for it…

Audrey, donc, est une tache de chocolat sur la nappe immaculée de l'autel du Metal italien, un mélange entre la hargne de Blink 182 (SARCASM) et tout ce que le Metalcore américain a de mauvais : textes niais, chant autotuné, riffs en carton. Les fans appellent ça de la Popcore. J'appelle ça la petite sœur adolescente du Deathcore. C'est tout aussi creux, mais bien plus inoffensif. Et dire que ces gars se vantent de puiser leurs influences dans le hardcore, le rock et le Metal des années 80… Putain, mais de quelles années 80 ils parlent ? La seule influence qu'exsude ce groupe est le Metalcore des années '10.

Lost In Promises n'a aucun intérêt. Son manque d'originalité est criant. Sa force de frappe équivaut à celle d'une ado de 14 ans (son public-cible, soit dit en passant). Je suis sûr que Guimauve B. l'a précommandé.

Mister Patate (diabète/10) 

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This Is Core Records / 2013
Tracklist (xx:xx) 1. Black Angel 2. Live In A Jump 3. The Bride 4. Eternal 5. Wake Up 6. Lost In Promises 7. And I Fall 8. Parts Of You 9. The Black Lodge 10. Mad 11. Swinging London

 

Pestilence – Obsideo

386959Quand Pestilence a balancé sur la toile le premier "single" de son nouvel album, "Necro Morph", deux pensées se sont télescopées dans mon esprit : "bordel, ça sonne directement plus couillu que les deux albums précédents" d'une part et "euh… DJENTilence ?" d'autre part. Ce son de gratte 8 cordes, cette rythmique décalée et écrasante, ce mur de son : "Necro Morph" pue le (bon) Meshuggah à trois bornes. En tout cas, c'était la bonne occasion de montrer la force de frappe de la nouvelle section rythmique, composée de Georg Maier à la basse et de David Haley (Psycroptic, The Amenta, etc.) derrière les fûts. Mais ce premier aperçu est-il représentatif de l'ensemble de l'album ?

Non. Heureusement, aurais-je envie de dire. Si vous voulez un vrai rip-off de Meshuggah, farcissez-vous le dernier In-Quest dans les esgourdes. Pestilence a le bon goût de varier les plaisirs et, si la touche Meshuggienne est bien présente sur certains passages, elle n'éclipse pas pour autant la patte Pestilence. Le groupe a beau avoir connu de nombreuses variations, tant au niveau du line-up ou du groupe, il a su proposer, par le passé, des albums cohérents et réussis, quel que soit le style, et c'est justement là qu'on reconnaît les musiciens doués, capables de s'adapter et de sortir d'un cadre dans lequel on voudrait les placer. 

Après deux albums en demi-teinte depuis leur retour en 2008, Pestilence reprend des couleurs. Sans atteindre le niveau des albums pré-split du groupe, Obsideo présente des qualités indéniables, tant au niveau de la composition que du son. C'est lourd, c'est complexe, c'est percutant et, contrairement à ses deux prédécesseurs, il suscite un certain plaisir (et même un plaisir certain) à l'écoute. Cinq ans après son retour effectif, Pestilence vient enfin de retrouver ses marques et de nous proposer un album digne du reste de sa discographie pré-93.

Mister Patate (7/10)

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Candlelight Records / 2013
Tracklist (35:16) 1. Obsideo 2. Soulrot 3. Transition 4. Necromorph 5. Laniatus 6. Distress 7. Superconcious 8. Aura Negative 9. Saturation 10. Displaced 

 

370431Voici un musicien qui a décidé de ne pas s'éparpiller. Six ans de carrière, un seul groupe (son groupe à lui, sa chose, qu'il n'a partagé que deux ans avec un batteur avant de reprendre les rênes et de mener sa barque seul), et un premier album qui tombe maintenant dans les bacs. Sans la moindre démo, Accuser aura donc su convaincre un label (My Kingdom Music, en l'occurrence) de sortir son album éponyme. On est donc en droit de se dire que cette confiance accordée par MKM est un gage de qualité. 

N'y allons pas par quatre chemins. Revelation's Hammer n'est pas mauvais du tout, loin s'en faut. Compos travaillées, BM norvégien de qualité, production agréablement bonne qui rend justice à tous les albums, même la basse… Autant de qualités que l'on n'attend pas forcément d'un groupe "débutant", et on peut donc comprendre qu'un label ait pris la peine d'y jeter un œil et de lui donner une chance.
 
Toutefois, la prise de risque du label est plutôt réduite parce que Revelation's Hammer est un album plutôt banal dans l'ensemble. Bon, mais banal, le genre d'album déjà entendu et ré-entendu des dizaines de fois au fil des ans. En bref, Revelation's Hammer est le genre de sortie "bouche-trou" qui ravira les fans du genre dans l'attente du nouvel album d'un cador du genre. Le "produit blanc" du Black Metal : la même saveur, mais sans la marque connue.

Mister Patate (6,5/10)

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My Kingdom Music / 2013
Tracklist (45:53) 1. Obsessed Onslaught 2. Revelation's Hammer 3. Den Blåøyde 4. Buried as Filth 5. Avgudsdyrkelse 6. The Crown of Malice