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Facebreaker – Dedicated To The Flesh

377129Quatrième album en neuf ans pour les Suédois de Facebreaker et, à chaque fois, ce double sentiment qui m’habite. Une partie de moi jubile toujours comme un enfant devant une PS3, parce que je sais que je vais en prendre plein la gueule. Du Death Metal suédois comme je l’aime, simple, efficace, gras et lourd. Le riff est pachydermique, la rythmique au poil, le beugleur de service compense les limites de son registre par une efficacité jouissive. Facebreaker suit le sentier bien balisé du Death Metal AOC Sverige et nous livre une galette solide.

Une autre partie de moi, par contre, finit toujours par déchanter. OK, c’est du Suédois pur jus, mais à vouloir trop s’en tenir à la recette éprouvée, Facebreaker nous propose aussi une galette banale. Les membres du groupe ont beau être doués (un gratteux de Grave, un chanteur qui multiplie les apparitions dans d’autres groupes tels que Tormented, Zombified et Scar Symmetry), ils nous servent un album qui fera certes mouche mais qui sonne « facile ». Aucun morceau ne ressort vraiment du lot, les douze plages se déroulent lentement mais sûrement sans véritable moment de bravoure ou envie de brandir le poing en l’air en hurlant le refrain.

Si vous recherchez un plaisir simple et instantané, Dedicated To The Flesh devrait frapper en plein dans le mille… mais n’oubliez pas que le plaisir sera certainement de courte durée : deux-trois écoutes et puis s’en va rejoindre la cohorte des albums kleenex sur vos étagères. Bon, mais pas indispensable.

Mister Patate (6,5/10) 

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Cyclone Empire / 2013

Tracklist 1. Meat Freak 2. Dedicated to the Flesh 3. Catacomb 4. Zombie Flesh Cult 5. Mutilator 6. Nuclear Outbreak 7. Hellmaster 8. Carving For Brains 9. Swarm of Zombies 10. Legions of Doom 11. World Cremation 12. Tomb of the Hungry Dead

Coffins – The Fleshland

375458Après cinq longues années d’attente ponctuées par un nombre colossal d’ep et de splits, les Japonais de Coffins nous livrent enfin un successeur à Buried Death. Alors, que vaut The Fleshland, premier album du groupe sous la bannière de Relapse Records ? Le groupe a-t-il vendu son âme à un « gros » label ?

Au petit jeu du doom-death bien gras qui plombe l’ambiance et écrase des crânes, il faut reconnaître que les Japonais sont plutôt doués, et ce n’est pas le passage chez Relapse Records qui y change quoi que ce soit. Le son est lourd et gras, les passages mid-tempo écrasants côtoient quelques accélérations bien senties, le riffing est efficace et, cerise sur le gâteau, le chant d’outre-tombe vient s’intégrer parfaitement dans les compos. À ce niveau, Coffins fait preuve d’efficacité. Cependant, et c’est peut-être plus gênant, l’ombre d’autres formations plane sur The Fleshland. Sur certains morceaux, Coffins prend des allures d’Asphyx plus guttural et plus crade. Mid-tempo, accélération, re-mid-tempo : certaines structures semblent tirées tout droit des derniers efforts de la bande à Van Drunen. Reste à voir si cela constitue pour vous un inconvénient ou, au contraire, un critère d’achat… Personnellement, même si j’ai souvent tendance à faire la fine bouche, le résultat final me plaît, grâce justement à ce petit plus, cette fine couche de crasse qui fait grésiller le son et rend le tout plus rugueux.

Pas forcément un des albums de l’année, certes, mais suffisamment bon pour donner une envie d’y revenir de temps en temps. En ces temps où d’autres groupes optent pour le principe des albums Kleenex (une fois écouté, directement oublié), c’est appréciable…
 
Mister Patate (7,5/10) 

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Relapse Records / 2013
Tracklist (45:57) 1. Here Comes Perdition 2. Hellbringer 3. The Colossal Hole 4. No Saviour 5. The Vacant Pale Vessel 6. Rotten Disciples 7. Dishuman 8. The Unhallowed Tide 9. Tormentopia 

Il aura donc fallu que Varg s’en mêle pour que l’on parle Metal dans les quotidiens français. Remarquez, un terroriste ultranationaliste norvégien, ça a plus de gueule qu’un chanteur de Metalcore shooté aux stéroïdes qui cherche un tueur à gages pour liquider sa femme (Tim Lambesis d’As I Lay Dying pour ceux qui n'ont pas suivi) ou qu’un gratteux de Six Feet Under qui jouait au chimiste dans le fond de son jardin.

Varg, donc, s’est fait gauler en France. On le soupçonne de préparer un « massacre ». Ils arrivent un peu tard, les flics, son dernier album méritait à lui seul 6 mois à l’ombre. Et bien entendu, les journalistes pissent de la ligne en mode automatique. Au début, on n’évoque même pas son appartenance au microcosme du Black Metal, jusqu’à ce qu’un journaleux du monde révèle le scoop sur Twitter et que la machine s’emballe. Black Metal = dangeureux = nazi. Ajoutez à cela les grands titres qui évoquent la sympathie que porte Varg pour Breivik et vous avez l’article qui fait frémir la ménagère de 50 ans et notre chère Boutin.

Et pourtant, s’ils creusaient un peu, les journalistes, ils verraient que Varg n’aime pas Breivik. En gros, la tête pensante de Burzum ne semble pas aimer la concurrence d'un jeunot blondinet. Au contraire, ce vieux nazi lui reproche d’avoir tué plus de Norvégiens que tous les immigrés musulmans qui séjournent dans sa belle patrie depuis x années. Mais ça, le citoyen moyen s’en fout, et il n’ira pas chercher plus loin. Il retiendra que le Metal est un univers de dangereux spécimens.

Une fois de plus, on constate à quel point notre genre musical favori est méconnu. Et qui dit méconnu, dit aussi redouté. Ce que l’on ne connait pas fait peur. En grec ancien, ils ont un mot pour ça : xénophobie. Messieurs les journalistes, avant de tous nous foutre dans le même panier, check your facts.

PS : bien entendu, je ne défends pas pour autant Varg Vikernes. Avec un peu de bol, il prendra encore quelques années de cabane et on lui confisquera son clavier Bontempi.