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Murder Construct – Results

Les All Star Bands sont, trop souvent, d’amères déceptions. On nous promet monts et merveilles, on nous fait dérouler les CV de rêve de chaque membre, on emballe le tout avec un teaser magnifique et on finit avec un album anecdotique, voire même décevant. Insidious Disease, Ov Hell… la liste est longue, très longue, à tel point que j’avais presque décidé de ne plus m’intéresser à de tels projets. C’était sans compter toutefois sur Murder Construct, l’exception à la règle.

Murder Construct, c’est Travis Ryan (Cattle Decapitation), Kevin Fetus et Caleb Schneider (les deux « moins » connus de la bande), Dany Walker (Exhumed, Intronaut, Jesu) et Leon Del Muerte (Exhumed, Impaled, Intronaut, Phobia, Nausea). Rien que ça. Des vrais. Des durs. Des pros qui affichent un bon paquet d’années d’expérience et d’albums réussis au compteur. Au vu de la composition de l’équipe, le risque est grand d’être amèrement déçu… mais les 29 minutes que compte Results font partie des plus emballantes de l’année, sans le moindre doute !

Au menu : 11 titres, 29 minutes, un cocktail bien équilibré de death et de grind. Que ce soit au niveau de la section rythmique ou des guitares, le groupe a décidé de mettre l’accent sur l’agression, le rouleau compresseur sonique qui débouche les conduits avec force et vous laisse pantois devant un tel déchaînement. Dany, plus particulièrement, livre une prestation dantesque aux fûts, jamais trop linéaire, avec juste ce qu’il faut de cassures dans le rythme pour éviter tout ennui ou toute lassitude. Cependant, cette musique ne serait rien (enfin, rien, on se comprend) sans la prestation combinée de Leon et de Travis au chant. Cette alliance du growl grave et du chant déchiré de ces deux artistes ajoute une dimension supplémentaire à certains titres, dont les monstrueux « Gold Digger » et « Compelled By Mediocrity ». Ces deux-là se sont bien trouvés et constituent un tandem ravageur.

Murder Construct affichait sur le papier un risque élevé de déception, mais le résultat final est si bon qu’il vient de s’installer, l’air de rien, dans mon top 3 de l’année. Si vous aimez les autres groupes où évoluent ces artistes, ou si vous aimez votre Metal bourrin et survitaminé, n’hésitez pas un instant, vous en prendrez plein la face pour pas un rond.

 
Mister Patate (09,5/10)
 
 
 
Relapse Records – 2012
 
Tracklist (29:10) 1. Red All Over 2. Under the Weight of the Wood 3. No Question, No Comment 4. Gold Digger 5. Compelled by Mediocrity 6. The Next Life 7. Dead Hope 8. Feign Ignorance 9. Mercy, Mercy 10. Malicious Guilt 11. Resultados
 

Morbid Saint – Spectrum Of Death

On continue dans la séance “transmission du patrimoine métallique” avec Relapse Records qui réédite, en cette belle année 2012, un grand classique du Thrash, à savoir Spectrum Of Death, seul album de Morbid Saint sorti initialement en 1988. Au vu des prix auxquels s’arrachent les copies originales de cet album, j’aurais envie de dire merci à Relapse. Merci de m’éviter de devoir raquer, dans le meilleur des cas, une bonne cinquantaine d’euros pour un album de 32 minutes, et ce malgré sa qualité indéniable.

Car oui, la qualité est au rendez-vous. À une époque où le Thrash était roi, où Slayer, Metallica, Dark Angel et tous ces monstres du Thrash écrivaient les plus belles pages de leur histoire, Morbid Saint frappa très fort. 8 brûlots, 32 minutes, un groupe qui a la rage au ventre et qui crache son venin à la face du monde sans le moindre temps mort. La recette est simple, simpliste même, mais le résultat est là : Spectrum Of Death, unique album du groupe et véritable réussite. Que ce soit au niveau de la section rythmique qui cogne sans relâche, du chant véritablement haineux ou du travail au niveau des guitares, chaque membre s’acquitte de sa tâche avec brio, et la conjonction de tous ces éléments débouche sur un album indispensable. Seule ombre au tableau : la production. Certes, on ne disposait pas encore des mêmes moyens en 1988 qu’aujourd’hui, mais il suffit de comparer Spectrum Of Death avec un Reign In Blood pour saisir à quel point cette production étouffée et brouillonne est handicapante pour le groupe.

Vous êtes né trop tard pour mettre la main sur un exemplaire original de cet album culte ? Profitez-en aujourd’hui, il n’est pas trop tard pour compléter votre collection d’albums indispensables à moindre prix.

Mister Patate [réédition]

Site officiel
Myspace officiel

Relapse Records (réédition) – 2012
Tracklist (32:00) 1. Lock Up Your Children 2. Burned at the Stake 3. Assassin 4. Damien 5. Crying for Death 6. Spectrum of Death 7. Scars 8. Beyond the Gates of Hell

 

Dunderbeist – Black Arts & Crooked Tails

« En France, on n’a pas de pétrole, mais on a des idées », il paraît. Partant de ce constat, on pourrait donc en déduire que les pays producteurs de pétrole sont des cons finis qui baignent dans les hydrocarbures bon marché. Mon cul, Gaston ! Prenez la Norvège : une économie solide, une monnaie forte, ils n’ont même pas besoin d’importer des terroristes, ils les forment eux-mêmes ! Et leur scène musicale, mes amis, incroyable : il suffit qu’un zicos aille aux chiottes pour qu’il en ressorte avec une brouette d’idées, d’accords, de riffs et d’arrangements encore insoupçonnés. À mon avis, les gars de Dunderbeist doivent être des constipés chroniques, parce que les bonnes idées, ils les alignent par paquets de douze sur leur dernière galette en date !

Par où commencer ? Tout d’abord par le genre proposé, étrange hybride de rock, de thrash et d’arrangements pseudo-symphoniques qui renforcent le côte pompeux de certains morceaux (bordel, mais cette intro de « Shields Aligned », quoi !). Sur le papier, ça peut paraître bizarre, certes, mais ça marche. Mieux même : ca chie dans le ventilo comme pas permis. Sur 10 morceaux, au moins 6 ont le potentiel du single, du morceau tubesque qui se scotche dans les esgourdes et qui se reprend en chœur. Je n’irai pas jusqu’à dire que Dunderbeist fait de la hard-pop (je garde ce substantif pour les groupes de merde), mais il a su reprendre cet esprit catchy qui fait qu’un morceau s’écoute avec plaisir encore et encore. Franchement, comment rester de marbre face au refrain imparable de « 8 Crows And Counting » et son Ein, Zwei, Drei, Vier en parfait contrepoint du chant clair ? Et ce « Fear And Loathing », n’est-il pas tout simplement frappant d’efficacité avec sa rythmique entraînante ?

Avec ce premier album en anglais (les autres ayant été enregistrés en norvégien), Dunderbeist visait la percée au niveau international… et le groupe la mérite. Il est rare de voir un groupe aussi rafraîchissant de nos jours.

Mister Patate [8,5/10]

Myspace officiel

Indie Recordings – 2012
Tracklist (39:11) 1. La guerre du feu (Lord of the flames) 2. Through the peephole 3. Fear & loathing 4. Lucifer eyes 5. The worst sentence 6. Shields aligned 7. More me 8. Winter past 9. 8 crows & counting 10. Hum hum