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Deiphago – Satan Alpha Omega

Pour les Philippins, le Black Metal n’est pas un sujet à prendre à la légère. Pour eux, le cuir et les clous sont de rigueur, le riffing doit être acharné, le blastbeat s’impose presque comme une religion et le chanteur a intérêt à pouvoir s’arracher les cordes vocales en poussant des gueulantes déchirées pour pouvoir gagner ses galons. C’est bien simple : si ce bon vieux Satyr avait été philippin, il aurait été déchu de sa nationalité et renvoyé à la frontière lors de la sortie du dernier album de Satyricon. Rien que ça. Alors, l’annonce de l’arrivée d’une nouvelle galette remplie à la gueule de blasphèmes de nos amis de Deiphago s’accompagnait d’une bonne odeur de soufre. Après Impiety et son Ravage And Conquer, place donc à Satan Alpha Omega, troisième full-length des expats de Deiphago.

Satan Alpha Omega ne déroge pas aux sacro-saintes règles du Black philippin : après une brève intro, le groupe balance la purée avec conviction et acharnement. Pas de temps mort, pas de mid-tempo, pas de claviers, uniquement 9 plages de blasphèmes (l'outro inutile n'étant pas prise en compte) sur fond de guerre sonore. Les guitares tiennent plus de la tronçonneuse que de l’instrument de musique, la batterie s’apparente à une bonne vieille MG42, et le chanteur n’est pas sans rappeler celui d’Impiety (ce qui n’est pas une mauvaise chose, loin s’en faut).

Malheureusement, contrairement à Impiety, Deiphago souffre d’une production trop brute et mal équilibrée. Résultat : le riff de guitare tourne à la bouillie sonore, le solo se perd derrière la batterie qui, elle aussi, manque de précision. Satan Alpha Omega avait suffisamment de qualités pour tirer son épingle du jeu, mais sa production le handicape sévèrement. Avec un son un peu plus clair et une prod’ comme celle des derniers albums d’Impiety, il aurait fait des ravages. Dans le cas présent, il déçoit quelque peu. Dommage.

Mister Patate [6,5/10]

Myspace officiel

Hells Headbangers Records – 2012

Tracklist 1. Intro: Extermination 2. Human Race Absolute End 3. Heretic Oath 4. Plague and Satan Triumphant 5. Exalted Hate 6. Satan Mongers 7. Atrocities Absurdities 8. Crucifixation 9. Demonic Munitions 10. Satan Alpha Omega 11. Outro

Metal Female Voices Fest – les dix ans !

Tu n’aimes pas le grind et, donc, tu n’as aucune raison d’aller au Bloodshed Fest en octobre. Ton truc, c’est les filles, le chant clair ? Ça tombe bien, en octobre, tu pourras aussi en prendre plein les oreilles lors de la dixième édition du Metal Female Voices Fest. Caractéristique du festival : tous les groupes présent ont une chanteuse. Et cette année, crois-moi, ça va décoiffer !

Le 19 octobre, le fest commence par une fête d'anniversaire. Le lendemain, les choses sérieuses commencent !
– Arch Enemy
– Lacuna Coil
– Delain
– Arkona
– Krypteria
– Skeptical Minds
– Crysalys
– Lahannya
– Dimlight
– Seduce The Heaven
– Benighted Soul
– Anwynn

Et le 21, pour clôturer cette édition-anniversaire
– Epica
– Xandria
– Diabulus In Musica
– Trail Of Tears
– Sarah Jezebel Deva
– Trillium
– Meden Agan
– November-7
– 69 Chambers
– Valkyre

Le festival aura lieu, comme l’année passée, aux Oktoberhallen d’Alost, en Belgique. Pour plus de renseignements et pour les tickets, une seule adresse : http://www.metalfemalevoicesfest.be/

Metalchroniques compte bien y aller… et vous ?

 

Putrid Pile – Blood Fetish

En voici un qui risque de secouer bien des tignasses et de mettre à mal de nombreuses nuques. Pour son quatrième album, Shaun LaCanne s’est à nouveau enfermé seul, programmant lui-même la batterie et assurant les autres instruments et le chant. Voilà qui force le respect, mine de rien… et pour ne rien gâcher, le résultat est, somme toute, très bon.

Premier point qui mérite notre attention : la batterie. Il arrive souvent que ces batteries programmées soient détectables à la première écoute et se remarquent comme le nez au milieu de la figure. Toutefois, sur ce Blood Fetish, la batterie est assez naturelle… du moins, elle n’a pas l’air plus artificielle que sur la grande majorité des sorties Brutal Death de ces dernières années. À ce niveau, un bon point pour Shaun qui a fait du bon boulot.

Mais un album de Brutal Death, ce n’est pas que de la batterie. Il faut aussi du riff solide, et là, le père LaCanne en connait un rayon, et il régale : lourd à souhait, bourrin, le jeu de guitare vient se greffer sur la section rythmique et nous en met plein la face. Ajoutez à cela une production et un son excellents (chapeau à ce niveau, on prend une belle dérouillée) et vous avez un deuxième bon point pour Shaun.

Mais un album de Brutal Death, ce n’est pas que de la batterie et de la gratte. Il faut aussi un beugleur, un grogneur, quelqu’un qui vienne sublimer la musique en y ajoutant l’expression vocale de la brutalité… et c’est là que le bât blesse. Autant les qualités de musicien de Shaun ne sont pas à prouver, autant son chant est rapidement monotone et n’apporte pas grand-chose à l’album. À la limite, un album instrumental aurait peut-être été plus agréable.

Au final, nous avons là un bel album légèrement « gâché » (et encore, je trouve que le terme est fort) par le chant… Je serais curieux de voir le résultat si Shaun faisait appel à un chanteur pour son prochain album et s’il se contentait de la partie musicale.

Mister Patate [7/10]

Myspace officiel

Sevared Records – 2012
Tracklist 1. Blood Fetish 2. Necroneat-o 3. Pottymouth 4. Face-Pounding Madness 5. Tortured Soul 6. Operation Splatterhouse 7. Strangulation Is the Only Answer 8. Bowel Batter 9. Deepfried Evil 10. Petty Leftovers 11. Perpetual Bloodlust