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Manowar – The Lord Of Steel

Qu’on les aime ou qu’on les déteste, Manowar est une institution dans notre univers. Mégalo, excentrique, « over the top » comme disent les ricains, le groupe le plus bruyant du monde a su distiller, dans sa prime jeunesse, quelques albums incontournables. Oui, j’en vois qui rient dans le fond, près du radiateur, mais force est de reconnaître que certains de leurs morceaux, malgré les années, n’ont pas pris une ride et restent efficaces en diable.
 
Toutefois, au fil des ans, la machine s’est emballée : feu nourri de sorties (en 5 ans, entre la sortie de Warriors Of The World et celle de Gods Of War, pas moins de 9 sorties officielles sous la forme de DVD, de singles et d’EP), un groupe qui se détache de plus en plus de la réalité, un nouveau record en puissance sonore (139 dB au Magic Circle 2008), un Gods Of War décevant, une réédition inutile de Battle Hymns et, enfin, un nouvel album, The Lord Of Steel, sorti sur le label du groupe. Promo presque inexistante, single peu convaincant (« El Gringo »), ça ne s’annon-çait pas vraiment bien…
 
Par où commencer ? Prenons la production et le son de cet album : à toujours vouloir jouer plus fort, la bande à Eric a dû se flinguer les oreilles. Sinon, comment expliquer ce son de basse envahissant et, surtout, mauvais ? Face à ce mur de basses, la guitare ne fait pas le poids, le déséquilibre est flagrant. Ajoutez à cela une batterie extrêmement « artificielle » (ça sent la retouche à outrance) et vous obtenez déjà le premier gros point noir de cet album.
 
Malheureusement, le problème ne réside pas seulement à ce niveau. Les compos elles-mêmes sont en effet loin d’être efficaces. Tantôt « clichesques » au possible (« Manowarriors » et son refrain que toute personne ayant trois grammes d’alcool dans le sang peut encore reprendre avec entrain, « Hail Kill And Die » qui repasse en revue tous les titres d’albums), tantôt désespérément longs et ennuyeux (« Righteous Glory », « Black List »), les nouveaux morceaux de Manowar manquent de punch et d’efficacité. Eh oui, les années passent, les gars, faudrait peut-être songer à troquer les peaux de bêtes et les slips en cuir contre des charentaises et un gilet en laine… ou du moins arrêter d’écorner encore un peu plus le mythe en sortant des albums aussi peu inspirés.
 
Manowar, les rois du Metal ? Le seul métal qui intéresse encore Joey, Eric et leurs acolytes est l’argent de leurs fans.
 
Mister Patate (2/10)
 
 
 
ou www.myspace.com/manowarofficial (les deux sont annoncés comme étant officiels)
 
Magic Circle Music / 2012
 
Tracklist : 1. The Lord Of Steel 2. Manowarriors 3. Born In A Grave 4. Righteous Glory 5. Touch The Sky 6. Black List 7. Expendable 8. El Gringo 9. Annihilation 10. Hail Kill And Die

Kraanium – Post Mortal Coital Fixation

Le slam, c’est l’expression ultime des sentiments humains, dans sa forme la plus pure, la plus directe. Tiens, prenez « Fuck Her Head Off » de Devourment : connaissez-vous une preuve d’amour plus forte et plus sincère que ce titre de chanson ? Procréer avec un tel entrain que l’on en détache la tête de son partenaire… Si ça ce n’est pas de l’amour, je n’y connais plus rien ! Alors, à l’annonce de la sortie du petit dernier de Kraanium, j’ai écrasé une larme. Oui, le Slam Death exacerbe les émotions.
 
Une nouvelle fois, nos amis norvégiens ont sorti le grand jeu : artwork explicite, growls d’outre-tombe tout droit sortis de la gorge d’un homme qui aurait bu de l’acide, rythmiques presque doomesques, riffs gras et un groove, mes amis, un putain de groove à s’en décrocher la mâchoire et à l’utiliser comme boomerang. Chaque compo cogne parfaitement, comme un marteau sur une boîte crânienne, et c’est avec un sourire béat de lobotomisé que l’on dodeline de la tête ou que l’on mime le geste du bûcheron en rythme. Aucune finesse, aucune fioriture, mais une grosse louche de Slam bien gras comme on l’aime.
 
Cette sortie, conjuguée à l’annonce d’une entrée en studio de Devourment, ravira tous les amateurs du genre. Vous aimez votre Brutal baigné de sang et de viscères ? Pour vous, le seul growl valable est celui qui vous donne l’impression que la luette du chanteur est directement reliée à son anus ? Ce Kraanium est un must have, ruez-vous dessus comme un zombie sur un chihuaha !
 
[8,5/10] Mister Patate
 
Site officiel : xxx
Myspace officiel : www.myspace.com/kraanium
 
Comatose Records – 2012
Tracklist 1. Post Mortal Fixation 2. Stillborn Necrotic Fuck Feast 3. Bursting Rectal Sores 4. Compulsive Mutilation Disorder 5. Slurping the Vaginal Pus 6. Crack Whore Pounding 7. Coprophagial Asphyxiation 8. Slammed Kranial Remains 9. Sculptures of Perverse Suffering 10. Baptized in Boiling Sewage 11. Orgy of Cannibalistic Fornication 12. Entrails Full of Vermin (Abominable Putridity cover)
 

Spineshank – Anger Denial Acceptance

À l’époque, vers la fin des nineties et le début des années 2000, Spineshank avait pondu coup sur coup deux albums plutôt efficaces dans leur genre, un mix bien équilibré entre néo et légère touche indus. J’avais la petite vingtaine, le néo vivait ses dernières heures (mais ça, je ne le savais pas encore), je me secouais la tignasse sur ces deux albums et regrettait que le groupe ait ensuite décidé de se mettre en hiatus pour une durée indéterminée. 
 
2012 : j’ai la petite trentaine, le néo est bien mort et Spineshank revient avec un nouvel album, après près de 10 ans d’hibernation… Ils auraient peut-être dû vérifier si leur genre était encore à la mode avant d’entrer en studio.
 
Déjà, il aurait fallu que cet album puisse rivaliser avec ses prédécesseurs, et c’est loin d’être le cas ! Mis à part quelques éclairs fugaces d’inspiration, Spineshank nous livre une version soft de ces efforts précédents, la verve et l’efficacité en moins. « I Am Damage » et « God Complex » fontt illusion, à la limite, mais le reste… comment dire ? Spineshank a vieilli. Pire encore : il a mal vieilli. Ce groupe, assez prometteur à l’époque, n’aurait jamais dû s’arrêter en si bon chemin… et n’aurait surtout jamais dû revenir.
 
De « groupe prometteur parti trop tôt », Spineshank bascule dans la catégorie « comeback moisi »… Dommage. C’est moche de vieillir.
 
[2/10] Mister Patate
 
Site officiel : xxx
Myspace officiel : www.myspace.com/spineshank
 
Century Media Records – 2012
Tracklist 1. After the End 2. Nothing Left for Me 3. Anger Denial Acceptance 4. I Want You to Know 5. Murder Suicide 6. The Endless Disconnect 7. I Am Damage 8. Ploratio Morbus (Interlude) 9. Everything Everyone Everywhere Ends 10. The Reckoning 11. God Complex (Anger) 12. Motive Method Opportunity (Denial) 13. Exit Wound (Acceptance)