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Svyatogor – Doctor Veritas

Pour l’heure, l’Ukraine attire tous nos regards à cause de l’Euro 2012, le ballon rond, les manifestantes de Femen… Mais aujourd’hui, nous parlerons musique, et plus particulièrement de Svyatogor dont le troisième album vient de sortir. Attention : ouverture d’esprit indispensable pour pouvoir profiter pleinement de ce groupe.
 
En effet, Svyatogor n’a pas opté pour la facilité. Exit donc l’étiquette Black, adios l’étiquette Death, bonjour le melting pot des genres, la fusion du Black et du Death qui copulent allègrement avec des éléments Jazz en utilisant un saxophone en guise de sextoy. L’image risque certes de vous faire hausser un sourcil, mais elle est la plus pertinente, tant l’album est ardu à appréhender. Un des rares points de repères que je pourrais vous donner est Sigh, autre combo (japonais, lui) qui se joue également des genres, les combine, les triture pour proposer un résultat innovant. 
 
Passée la première impression qui pourra sembler assez revêche, voire indigeste, Doctor Veritas devient vite captivant. Au fil des écoutes, l’album se laisse apprivoiser et dévoilera tous ses détails aux auditeurs avertis. Un conseil : installez-vous confortablement pour écouter cet album et accordez-lui toute votre attention. Vous ne devriez pas être déçu. Par contre, si vous êtes réfractaire à ces expérimentations musicales, si Sigh ne suscite chez vous que migraines et nausées, passez votre chemin !
 
[8/10] Mister Patate
 
Site officiel : xxx
 
Svarga Music / Club Inferno – 2012
Tracklist 1. In Memory of Fallen Heroes 2. Work Hard. Eat. Watch. 3. The Manifesto 4. Doctor Veritas 5. Nor Fire, Nor Sword 6. Awoke Incoming (Antarctic Solitude) 7. Spit and Forget 8. Inevitability 9. La Concupiscence 10. Reincarnation of Thoughts
 

Shining – Lots Of Girls Gonna Get Hurt

Jusqu’à présent, la bande à Niklas se distinguait surtout par les frasques de son frontman et, dans une moindre mesure, par ses qualités musicales. Un show de Shining se résumait à une question : que va-t-il encore faire pour se faire remarquer ? Et le reste ? Boh, il chantera, mais quelle que soit la setlist, l’intérêt résidera dans le show. Réducteur ? Certes, mais tellement vrai… mais cet EP devrait changer le point de vue de pas mal d’entre nous.
 
Au menu, quatre reprises de Katatonia, Kent, Imperiet et Poets Of The Fall. Personnellement, je n’ai jamais été très friand de ce type d’exercices, certainement si aucun morceau inédit ne figurait parmi les morceaux proposés, mais Shining est un groupe à part et ces quatre réinterprétations sont magistrales. Prenez « For My Demons », son ambiance triste et passez-la par le filtre Shining : ici, le chant se fait moins pleurnichard, mais tout aussi prenant. Niklas nous dévoile une facette insoupçonnée de son talent, non seulement sur ce morceau, mais aussi sur les trois autres reprises (la meilleure étant « Carnival Of Rust » et son final touchant).
 
L’espace d’un EP, Niklas dévoile l’homme derrière le frontman, l’artiste sensible derrière le provocateur, et on se prend à rêver d’un album de la même trempe, moins radical que les précédents, plus intime… Une belle réussite !
 
[9/10] Mister Patate
 
 
Spinefarm Records – 2012
Tracklist 1. For My Demons (originally performed by Katatonia) 2. Utan Dina Andetag (originally performed by Kent) 3. Kung Av Jidder (originally performed by Imperiet) 4. Carnival of Rust (originally performed by Poets of the Fall)
 

Nile – At The Gate Of Sethu

Pour une raison difficile à expliquer, Nile n’a jamais véritablement occupé une place de choix à mes yeux sur la scène du Death ricain. Spontanément, les noms de Dying Fetus, Vital Remains, Deicide, Cannibal Corpse et autres Obituary me viennent aux lèvres pour vanter les mérites de cette scène, mais jamais celui de Nile, et ce malgré les qualités de ce combo et son originalité. Les années passent, le monde change, mais Nile reste toujours bien présent, reconnaissable entre mille et immuable. At The Gate Of Sethu ne risque pas de traumatiser les fans du groupe… mais quel effet fera-t-il à un écouteur lambda tel que moi ?

Avant toute chose, j’ai passé en revue leur discographie et noté un fait intéressant : malgré cet enfermement dans une thématique unique, Nile a su, au fil du temps, évoluer lentement mais sûrement. Oh, pas de bouleversements, certes, mais une légère mue progressive : la charpente reste bien la même, mais quelques petits éléments changent, ce qui permet au groupe de ne pas tomber dans le syndrome Amon Amarth (une thématique, un son, trois riffs depuis 4 albums… j’exagère à peine).
 
Une nouvelle fois, Nile frappe fort avec un Death ambiancé qui fleure bon le sarcophage. Chaque morceau délivre une ambiance particulière, presque orientale par moments, et la bande à Karl nous prouve (s’il fallait encore le prouver) qu’ils sont de sacrés musiciens. Dès lors, une seule question reste en suspens : pourquoi Nile ne reste-t-il qu’un simple second couteau à mes yeux ?
 
Peut-être est ce simplement dû au fait que Nile est complexe, presque « universitaire »… Nile, c’est un cours d’histoire, en plus bruyant, mais tout aussi technique et pointu, et At The Gate Of Sethu n’est qu’un nouveau chapitre de ce manuel scolaire. Les fans adoreront, sans aucun doute. Je reste pour ma part un peu mitigé.
 
Mister Patate [6,5/10]
 
 
Site officiel : www.nile-catacombs.net
Myspace officiel : www.myspace.com/16993157
 
Nuclear Blast Records / 2012
 
Tracklist 1. Enduring the Eternal Molestation of Flame 2. The Fiends Who Come to Steal the Magick of the Deceased 3. The Inevitable Degradation of Flesh 4. When My Wrath Is Done 5. Slaves of Xul 6. The Gods Who Light Up the Sky at the Gate of Sethu 7. Natural Liberation of Fear Through the Ritual Deception of Death 8. Ethno-Musicological Cannibalisms 9. Tribunal of the Dead 10. Supreme Humanism of Megalomania 11. The Chaining of the Iniquitous