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Havok – The Point Of No Return

Au rayon « on est jeunes, mais on fait du Thrash comme nos papys », les ricains d’Havok qui nous délivrent, à peine un an après son deuxième album, un petit EP sans véritables prétentions. Au menu : deux inédits et deux reprises, l’une de Sepultura et l’autre de Slayer.

Au niveau des inédits, Havok nous propose un Thrash simple, basique, mais plutôt efficace. Le titre éponyme ne brille certes pas par sa force de frappe (le rythme est loin d’être aussi tonitruant qu’un Kreator, par exemple), mais il invite tout de même gentiment au headbang et au pied qui tape en suivant le rythme. Avec « From The Cradle To The Grave », le niveau monte déjà d’un cran, on sent un groupe en place et une volonté d’en mettre plein les esgourdes. Mais le meilleur reste à venir.
 
En effet, au petit jeu de la reprise, Havok tire en effet son épingle du jeu avec deux réinterprétations particulièrement efficaces, dont un diptyque « Postmortem – Reign in Blood » mené de main de maître et qui fait honneur à l’original. Chapeau !
 
Au final, Havok sort un EP correct, mais dont l’intérêt réside surtout dans les reprises. De là à dire que les compos originales ne valent pas franchement le coup, il n’y a qu’un pas que je ne franchirais pas : sans être révolutionnaire, c’est correct et passe-partout. Cependant, espérons que le prochain album s’annonce mieux, car des albums corrects, on en trouve à la pelle…
 
[6/10] Mister Patate
 
 
Site officiel : www.havokband.com
 
Myspace officiel : www.myspace.com/havok
 
Candlelight Records – 2012
 
Tracklist 1. The Point Of No Return 2. From The Cradle To The Grave 3. Arise (Sepultura cover) 4. Postmortem – Raining Blood (Slayer cover)
 

Dying Fetus – Reign Supreme

Le dernier méfait de Dying Fetus m’avait laissé sur ma faim. 22 minutes, dont à peine 44 secondes inédites : ça fleurait bon le foutage de gueule chez nos amis du Fœtus mourant. Et ils nous vendaient ça comme leur manière à eux de fêter leur anniversaire. Bonjour la fête au Champomy éventé et au popcorn rance ! Heureusement, nos amis de la tendresse et de la finesse sont enfin de retour avec un véritable album sous le bras, et quel album !

Prenez Descent Into Depravity, leur petit dernier en date. Une belle mandale brutalo-technique (ou technico-brutale, selon les morceaux) comme on les aime, un groupe en pleine possession de ses moyens… Eh bien, Reign Supreme s’inscrit sensiblement dans la même lignée : décharges de brutalité intense (« Subjected To A Beating »), passages mélo
diques de gratte à couper le souffle (« From Womb To Waste ») et, de temps à autre, ce petit feeling très Misery-Indexien dans le riffing (« From Womb To Waste », justement), sans oublier cette section rythmique en béton armé qui écrase tout sur son passage. Dying Fetus n’a jamais fait dans la demi-mesure, et ce Reign Supreme vient nous prouver une nouvelle fois qu’il faut compter avec la bande à Mister Gallagher. Certains feront la fine bouche en regrettant la bonne vielle époque de Grotesque Impalement, mais ce Dying Fetus-là est, selon moi, une des valeurs sûres de la scène ricaine et son évolution est pour le moins réussie.
 
Rares sont les groupes qui parviennent à marier aussi bien brutalité et mélodie. Une nouvelle fois, Dying Fetus délivre un album solide qui nous fera rapidement oublier l’ep inutile sorti l’année passée. Et maintenant, une tournée, un DVD live et un bon verre de liquide amniotique frelaté, svp !
 
[8,5/10] Mister Patate
 
 
Myspace officiel : www.myspace.com/dyingfetus
 
Relapse Records – 2012
Tracklist : 1. Invert the Idols 2. Subjected to a Beating 3. Second Skin 4. From Womb to Waste 5. Dissidence 6. In the Trenches 7. Devout Atrocity 8. Revisionist Past 9. The Blood of Power

Gojira – L’Enfant Sauvage

Un soir de répétition chez Gojira, il y a quelque temps déjà…

– (Joe) Bon, les gars, on vient de signer chez Roadrunner Records, il est temps de frapper un grand coup, histoire de percer pour de bon. Faudrait donc qu’on leur en colle plein les oreilles. Des suggestions ?
– (les autres)
– (Joe) Oh putain, les gars, merde quoi, un peu d’enthousiasme ! Bon, je vais téléphoner à Maxou, j’ai fait l’intérim sur le premier album de Cavalera Conspiracy, il pourrait nous renvoyer l’ascenseur et nous conseiller un peu. Vu sa carrière, il doit avoir de bonnes idées. Mario, file-moi le téléphone… Allo, Maxou ? Ca roule, ma poulette, toujours au soleil ? Et ta rasta en queue de raton-laveur, elle pousse ? Dis, on voudrait que tu nous conseilles : à ton avis, on devrait faire quoi pour vraiment marquer un grand coup avec Gojira ?
– (Max Cavalera, aka le Steven Seagal du Tribe Metal) Facile, mon grand : tu reprends ton album précédent, tu dilues un peu, histoire que ça bourrine pas trop tout en restant reconnaissable, et t’as ton nouvel album, ni vu ni connu ! Je fais ça depuis 10 ans déjà, et tout le monde n’y voit que du feu ! Pourquoi se casser le fion quand on peut faire simple, hein, ma couille ? Bon, je te laisse, j’ai trois heures d’entretien capillaire avant l’enregistrement de Conquer 4… heu, le prochain Soulfly, je voulais dire. Ciao, respect, my tribe your tribe, toussa…
– (Joe) Mmmh. Ca se tient, mais c’est risqué, les gars… Et si on demandait l’avis de James ?
– (Mario) James ? On connaît un James ?
– (Joe) grmbl ces batteurs, j’vous jure. James Hetfield, tu sais, le frontman des Mets, on a tourné avec eux. Repasse-moi le phone, j’appelle les States, j’espère qu’ils soient pas en train de bouffer, j’voudrais pas les déranger en plein repas de midi…
– (Mario) Il est 18h, ils bouffent vachement tard, leur repas de midi aux States !
– (Joe) pfffffffffffffff donne ce téléphone et trouve-toi une cymbale. Sérieux. Allo James ? How are you, guy ? You remember, Joe, from Gojira, ze French opening band of your band ? Je te derange pas, t’étais pas en train de bouffer ?
– (James) M’en parle pas, pas moyen de préparer la bouffe, Lars a encore piqué les casseroles pour les utiliser comme caisses claires. Les batteurs, j’te jure !
– (Joe) Si tu savais… Dis, je voulais te demander un truc : de toi à moi, comment vous avez fait pour devenir aussi énorme avec Metallica ? C’est quoi, ta recette du succès ?
– (James) Les Teletubbies ! Tu sais, cette émission pour les mouflets, ça m’a ouvert les yeux. En fait, pour que quelque chose fasse rire un gosse, il faut que ce soit répétitif. Alors, la première fois, mouais, ça marche. La deuxième fois, le chiard, il sourit déjà un peu plus. Et la troisième alors, alors là, mon vieux, il se tord de rire, alors que c’est trois fois la même chose. Beh le fan de Metal, c’est pareil. C’est con comme une table, un fan… T’as écouté Death Magnetic ? Dans chaque morceau, tu doubles certains patterns, certains passages, pour asséner le message. À force, ça rentre, le Metalleux dodeline de la tête, il est content, il met la main à la poche, et ding ding, en avant la caillasse dans nos poches !
– (Joe) Con comme une table ?
– (James) Ha ouais, vraiment. Sinon, tu expliquerais comment les chiffres de vente de Death Magnetic et tous nos concerts sold out alors que Lars… LARS, BORDEL DÉPOSE CETTE COCOTTE MINUTE ! J’te laisse, ce con de Lars va réussir à me faire replonger dans l’alcool. Tuut tuut tuut ».

Aujourd’hui, 16/05/2012…
Le constat est amer : Gojira a perdu de son charme… Envolée, la maestria qui faisait le charme du groupe ! Nous avons droit ici à une parodie de Gojira, balourde, maladroite et qui, à aucun moment, n’arrive à nous transporter comme sur un From Mars To Sirius, par exemple. Le plus frustrant ? Gojira a encore ce feu sacré et nous le prouve, ici et là sur cet album. Pris de manière isolée, certains morceaux restent bougrement efficaces, mais l’album, dans son ensemble, tient plus de la baleine échouée que du cétacé évoluant librement dans son environnement marin. On retiendra donc quelques morceaux plus inspirés (ou inspirants ?), tels qu’un « Planned Obsolence » à la brutalité salvatrice ou le single éponyme déjà éprouvé sur scène, mais ils sont noyés dans un océan de lourdeur qui freine l’essor de l’album. Trop long, trop redondant, L’Enfant Sauvage aurait pu gagner en efficacité s’il avait été plus épuré, moins répétitif. Il n’en est rien, et nous sommes en présence de la déception de l’année. Ni plus, ni moins.

« The Whale has landed ».

Mass et Mister Patate[5/10] (pour les chroniques respectives des deux chroniqueurs, voir les commentaires dès ce soir)

Site officiel : www.gojira-music.com
Myspace officiel : www.myspace.com/gojira

Roadrunner Records – 2012
Tracklist 1. Explode 2. L’enfant Sauvage 3. The Axe 4. Liquid Fire 5. The Wild Healer 6. Planned Obsolescence 7. Mouth of Kala 8. The Gift of Guilt 9. Pain is a Master 10. Born in Winter 11. The Fall