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Vader – Thy Messenger

Plus de 30 ans de carrière, une discographie longue comme le bras et un line-up stabilisé depuis maintenant 8 ans : Vader n’a plus rien à prouver, mais il ne se passe quasiment pas une seule année sans au moins un petit EP des tauliers du Death polonais. Après Dark Age, qui n’était au final qu’une « vulgaire » compilation de morceaux réenregistrés pour l’occasion, Peter et sa bande reviennent avec un EP court mais efficace.

Au programme : 3 inédits, une nouvelle version d’un classique (le monstrueux « Litany » tiré de l’album portant le même nom) et une reprise de Judas Priest. Au niveau des nouveaux morceaux, on reste un peu sur sa faim : tous sous la barre des 3 minutes. Cependant, cette faible durée permet aussi de condenser toute l’énergie du groupe et de la délivrer en autant d’assauts bien sentis. Pour le reste, on retiendra que « Litany » semble encore avoir gagné en patate grâce à une prod’ bien plus massive qu’à l’époque. Pour ce qui est de la reprise de Judas, je dois avouer que d’autres groupes de Death ont déjà été plus convaincants en reprenant une compo de tonton Halford (je pense plus particulièrement à l’énorme « Leather Rebel » de Blood Red Throne).

En moins d’un quart d’heure, Vader se rappelle à notre souvenir. Rien d’exceptionnel, mais une qualité constante depuis maintenant quelques années (j’irais même jusqu’à remonter à 2006 et Impressions in Blood).

Mister Patate (7/10)

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Nuclear Blast Records / 2019
Tracklist (13:23) 1. Grand Deceiver 2. Litany 3. Emptiness 4. Despair 5. Steeler (Judas Priest Cover)

« On ne change pas une formule qui gagne » : voilà probablement quel était l’état d’esprit de nos amis de TMDC au moment d’entrer dans le studio pour pondre un digne successeur à Versvs I, son dernier opus en date. On garde donc les mêmes fondamentaux, à savoir une prod’ en béton armé, un Death brutal qui n’a pas peur de s’aventurer vers des horizons plus expérimentaux, une voix off (un David Attenborough plus vrai que nature cette fois) et une campagne promotionnelle délirante.

Et pourtant, ce Vergelding a un petit quelque chose en plus. Il a cette petite touche indus plus marquée, qui lorgne tantôt vers le Ministry de la belle époque, tantôt vers un Rammstein martial en diable (« Fist Of Stalin » a de furieux relents de « Wollt Ihr Das Bett In Flammen Sehen » à la sauce Death Metal hollandais). Et mine de rien, cette petite différence apporte une saveur plus prononcée au tout.

Si je ne devais pointer qu’un défaut, c’est la durée finalement très limitée de l’album : une intro, un intermède musical certes réussi (qui reprend une mélodie de l’intro) et deux morceaux de l’album précédent en version live au Graspop. Au final, on tourne donc aux alentours de la grosse demi-heure de nouvelle musique, un comble quand on sait que leur EP Bloodcvlts affichait 40 minutes au compteur. Mais quand on y réfléchit, il est probablement préférable d’opter pour un album un poil plus court, mais aussi et surtout plus percutant et efficace.

Mister Patate (8,5/10)

Facebook officiel 

Human Detonator Records / 2018
Tracklist (47:01) 1. Planet Wrath 2. Dawn of the Planet of the Ashes 3. Come Forth Lazarus 4. Fist of Stalin 5. The #Snowflake Anthem 6. Rise of the Dhul-Fakar 7. Die Glocke (Live at Graspop Metal Meeting 2017) 8. The Furious Gods (Live at Graspop Metal Meeting 2017)

Fukpig – Bastards

En l’espace de 5 ans, les Anglais de Fukpig avaient craché 4 albums (ou plutôt 3 albums et demi, vu que The World Is Weakening n’était qu’un réenregistrement de 3 avec de nouveaux membres) avant de sombrer à nouveau dans l’oubli pendant 6 longues années.

Et un matin, au réveil, en consultant mon fil d’actu sur Facebook tout en satisfaisant un besoin naturel pressant, la nouvelle était tombée : un nouvel album de Fukpig. Je ne l’attendais pas vraiment, même si le groupe avait semé ici et là quelques indices, et le résultat est pour le moins percutant.

En termes de composition et de style, Fukpig reprend là où le groupe s’était arrêté, avec un mix de crust, de grind et d’une pincée de black, le tout portant deux chants qui s’opposent, s’invectivent. C’est toujours aussi basique, aussi rentre-dedans et aussi bourru qu’avant. Au niveau des thèmes abordés, là non plus, pas de surprises, les Anglais sont toujours aussi portés sur l’antifascisme, la guerre, les troubles sociaux (à croire que venir de Birmimgham pousse certains à se tourner d’office vers ces thématiques). S’il faut pointer une différence, c’est au niveau de la prod’. Plus pro, plus agressive, elle permet au groupe d’encore renforcer son impact. Bon, on est encore loin d’une prod’ à la Obscura, mais on sent tout de même un effort à ce niveau. Allez, les gars, dans la foulée, si vous réenregistriez vos deux premiers albums avec ce line-up…

Pas révolutionnaire sur la forme, Bastards est un album coup de poing, avec quelques hits imparables. Trop court pour lasser, trop simple pour ne pas se digérer aisément, il marque un retour aux affaires gagnant pour les affreux masqués.

Mister Patate (8/10)

Facebook officiel 

Devizes Records / 2018
Tracklist (30:43) 1. Dogshit Hair 2. Lets Make Britain Hate Again 3. Force Fed Fucking Bullshit 4. Antisocial Media 5. Bastards 6. The Altar of Austerity 7. Doctrines of the Obsolete 8. Meathead 9. Déteste 10. Ruled by Cunts 11. The Bleakest Toll 12. Last Brexit to Nowhere