Kickback, à mes yeux, a toujours davantage fait parler de lui par son attitude que par sa musique. Volontiers provocateur, extrême, colérique, n’hésitant pas à se faire remarquer par sa hargne lors d’un passage au Neurotic Deathfest (ce groupe reste le seul combo de Hardcore à avoir foulé les planches du 013 dans le cadre de ce festival au cours des 5 dernières années, et leur passage avait fait forte impression), Kickback reste pourtant, à mes yeux, dans l’ombre de ses concurrents directs qui font passer le son avant l’image. Alors oui, Kickback traîne sa réputation dans le milieu, mais après un dernier album en demi-teinte, parviendra-t-il encore à se distinguer musicalement ou tombera-t-il au niveau des groupes qui n’existent que par leur réputation ?
Depuis l’arrivée de Toxik H, Kickback a poursuivi sa mue, s’éloignant petit à petit du hardcore pour voguer vers des horizons plus expérimentaux, où la violence brute et directe laisse la place à un jeu d’ambiances noires et oppressantes. La « Toxik H Touch », déjà entrevue sur l’album précédent, est ici flagrante. Fini le HxC pur et dur, bonjour le cocktail désespérant fait de hardcore, de black et de quelques expériences sonores intéressantes (ce son de guitare en intro de « Triumph And Disgust »), le tout accompagné par un Stephen qui semble avoir retrouvé un second souffle. Bon, j’ai toujours un peu de mal avec son chant, mais je vois mal quel autre timbre pourrait mieux coller à cette déferlante. Mon seul reproche serait la fin de l’album et ces deux reprises qui, à mes yeux, sont en rupture avec le reste de l’album.
Petite séquence nostalgie ce soir, en rangeant les copies promotionnelles qui traînaient dans mon bureau, je suis retombé par hasard sur
Incroyable. Voilà le seul mot qui me vient à l’esprit lorsque j’écoute Zone Of Alienation, deuxième opus des Suédois de Steelwing. Dès le premier mot de la chronique, vous vous doutez déjà que je ne finirai pas ma chronique sur une conclusion sanguine et une note digne des pires cancres. Les raisons de cet enthousiasme ? Lisez la suite, vous comprendrez mieux.