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Kickback – Et Le Diable Rit Avec Nous

Kickback, à mes yeux, a toujours davantage fait parler de lui par son attitude que par sa musique. Volontiers provocateur, extrême, colérique, n’hésitant pas à se faire remarquer par sa hargne lors d’un passage au Neurotic Deathfest (ce groupe reste le seul combo de Hardcore à avoir foulé les planches du 013 dans le cadre de ce festival au cours des 5 dernières années, et leur passage avait fait forte impression), Kickback reste pourtant, à mes yeux, dans l’ombre de ses concurrents directs qui font passer le son avant l’image. Alors oui, Kickback traîne sa réputation dans le milieu, mais après un dernier album en demi-teinte, parviendra-t-il encore à se distinguer musicalement ou tombera-t-il au niveau des groupes qui n’existent que par leur réputation ?

Depuis l’arrivée de Toxik H, Kickback a poursuivi sa mue, s’éloignant petit à petit du hardcore pour voguer vers des horizons plus expérimentaux, où la violence brute et directe laisse la place à un jeu d’ambiances noires et oppressantes. La « Toxik H Touch », déjà entrevue sur l’album précédent, est ici flagrante. Fini le HxC pur et dur, bonjour le cocktail désespérant fait de hardcore, de black et de quelques expériences sonores intéressantes (ce son de guitare en intro de « Triumph And Disgust »), le tout accompagné par un Stephen qui semble avoir retrouvé un second souffle. Bon, j’ai toujours un peu de mal avec son chant, mais je vois mal quel autre timbre pourrait mieux coller à cette déferlante. Mon seul reproche serait la fin de l’album et ces deux reprises qui, à mes yeux, sont en rupture avec le reste de l’album.

Qui l’eût cru ? Ce Kickback-là me plaît. Les fans de la première heure doivent certainement se demander ce qui a bien pu arriver à leur poulain. Perso, je me demande pourquoi ils ne se sont pas engagés plus tôt sur cette voie. Certes, l’album est loin d’être parfait et souffre de quelques passages moins marquants (et se finit en queue de poisson avec ces reprises), mais il vient me rappeler qu’il ne faut jamais enterrer trop vite un groupe, comme je l’avais pourtant fait après avoir écouté No Surrender… Mais peut-être est-ce justement lorsque l’on n’attend plus rien d’un groupe que l’on est le plus surpris.
 
[6,5/10] Mister Patate
 
Site officiel : xxx
Myspace officiel : www.myspace.com/kickback
 
GSR Music / Season Of Mist – 2012
Tracklist 1. Sorption 2. Triumph and Disgust 3. Cavalcare La Tigre 4. Le Chant Du Diable 5. We Prowl, They Crawl 6. Weltanschauung 7. Stained I 8. Stained II 9. It’s A Burning Hell 10. Mind Of A Lunatic
 

The Cumshots – Norwegian Jesus

Petite séquence nostalgie ce soir, en rangeant les copies promotionnelles qui traînaient dans mon bureau, je suis retombé par hasard sur Norwegian Jesus, ce monument du mauvais goût craché à la gueule du monde par les joliment dénommés Cumshots. Sortez les lunettes de protection ou vous risquez la conjonctivite.

Pris au premier degré, cet album est une véritable croisade, Kristofer Schau et ses acolytes portant fièrement le message de la chrétienté, de la vraie chrétienté, époque Ancien Testament, quand il ne fallait pas tendre l’autre joue et quand Dieu faisait passer son message aux pécheurs à grands renforts de pluie de feu et de soufre. « We Are Marching For A Purer World, A New Crusade Has Started », le message de « Rotten Womb » est on ne peut plus clair, et il est encore exacerbé par le morceau suivant, « Psalm 109 », inspiré du psaume du même nom. La charge est sonnée, le message délivré par le groupe est on ne peut plus radical… et c’est justement là que The Cumshots veulent en venir. En reprenant des textes de l’Ancien Testament (un livre bien plus burné que le Nouveau Testament, d’ailleurs… En fait, la Bible a deux faces, un peu comme si Slayer et Grateful Dead avec fait un split ensemble), The Cumshots dénoncent cet extrémisme en musique. Ici, le Death’n’Roll se fait tantôt hargneux (« Psalm 109 »), tantôt presque bluesy (l’énorme « Paint You With A Knife » et le final de « Turn Or Burn », où Kristofer récite le chapitre 20 du Lévitique sur fond d’envolées de guitares), voire tout simplement catchy (« Sieg Christ », « Rotten Womb » et « Go Forth And Fuck »). Chaque morceau fait mouche, contrairement aux autres albums du groupe qui contiennent toujours l’une ou l’autre piste moins efficace. J’en viendrais presque à reprendre l’image évoquée par ma chère confrère Zeletith sur la route du Hellfest : « ces gars font de la pop, ces morceaux sont faits pour se coller direct dans ton crâne ». 
 
En 2003, après un premier album presque anecdotique, The Cumshots a réussi un coup fumant avec un album qui frappe fort, très fort. Amateurs de provoc’, ruez-vous sur cette galette qui fleure bon le soufre, et si vous avez l’occasion de les voir en live, n’hésitez pas un instant !
 
[8,5/10] Mister Patate
 
Site officiel : xxx
Myspace officiel : www.myspace.com/cumshots
 
Big Dipper – 2003
Tracklist 1. Rotten Womb 2. Psalm 109 3. Numb Reaper 4. Retch And Bleed 5. Paint You With A Knife 6. Sieg Christ 7. Born To Destruct 8. For The Sake Of Man 9. Go Forth And Fuck 10. Turn Or Burn
 

Steelwing – Zone Of Alienation

Incroyable. Voilà le seul mot qui me vient à l’esprit lorsque j’écoute Zone Of Alienation, deuxième opus des Suédois de Steelwing. Dès le premier mot de la chronique, vous vous doutez déjà que je ne finirai pas ma chronique sur une conclusion sanguine et une note digne des pires cancres. Les raisons de cet enthousiasme ? Lisez la suite, vous comprendrez mieux.

Avec ce nouvel album, Steelwing poursuit sur sa lancée déjà amorcée avec leur premier effort sorti en 2010. Au menu : du heavy pur jus, millésime 80’s, la grande époque du genre. Toutefois, contrairement à d’autres groupes qui officient dans ce genre, ces petits gars n’étaient encore qu’une vague idée dans les burnes de leur père lorsqu’Iron Maiden sortait The Number Of The Beast. Et c’est là que réside le caractère incroyable de ce groupe. Ces Suédois sont en effet parvenus à capter cet esprit des 80’s et à le transposer en 2012 tout au long des 8 morceaux proposés sur cet album. Zone Of Alienation est en quelque sorte la DeLorean du Metal, une machine à remonter le temps, quand le Heavy était encore roi. Par ailleurs, chaque piste sonne juste, tant au niveau de la composition que de la production : c’est clair, efficace, entraînant, sans véritable temps mort… tout bonnement bon, quoi !

À plusieurs reprises, je me suis demandé, avec une certaine crainte, qui pourrait remplacer tous ces grands noms du Metal. Aujourd’hui, j’ai un début de réponse. Avec Zone Of Alienation, Steelwing nous propose l’album après lequel un Iron Maiden court depuis des années sans parvenir à le sortir. La bande à Bruce peut partir à la retraite l’esprit tranquille, la relève est là.

[8/10] Mister Patate

Site officiel : xxx
Myspace officiel : www.myspace.com/steelwing

NoiseArt Records – 2012
Tracklist 1. 2097 A.D. 2. Solar Wind Riders 3. Full Speed Ahead! 4. Breathless 5. Tokkotai (Wind of Fury) 6. Zone of Alienation 7. The Running Man 8. They Came from the Skies 9. Lunacy Rising