11 septembre 2001 : le monde, stupéfait, les yeux rivés sur les écrans de télévision, assiste à l’un des attentats les plus marquants du 20e siècle. Ironie du sort, cette date marque également la sortie de God Hates Us All, nouvel opus de Slayer après 3 ans d’absence et un Diabolus In Musica médiocre, et quel retour !
Slayer a tiré les leçons de son dernier album et semble s’être posé la question suivante : « Pourquoi vouloir sonner différemment ? Pourquoi ne ferions-nous pas simplement ce que nous faisons de mieux, à savoir du Slayer ? ». Eh bien oui, pourquoi ? God Hates Us All marque le retour à un Slayer plus traditionnel, gonflé à bloc et inspiré. Après une petite intro, « Disciple » déboule, sans préavis, et cogne méchamment dans les quenottes : Tom hurle « God Hates Us All » à pleins poumons, Paul Bostaph se déchaîne derrière ses fûts, la paire Kerry-Jeff semble avoir retrouvé sa verve d’antan… oui, CA, c’est du Slayer comme on l’attendait depuis si longtemps ! Par ailleurs, contrairement à son prédécesseur, God Hates Us All compte son lot de morceaux vraiment efficaces. On sortira plus particulièrement du lot « God Send Death », « Bloodline », l’énorme « Here Comes The Pain » au riff d’entrée fracassant et à la montée en puissance imparable et, surtout, la folie furieuse de « Payback ». Slayer avait semblé bien pâlichon en 1998, le passage de l’an 2000 aura eu l’effet d’une cure de jouvence pour le groupe qui a retrouvé son sens de l’agression sonore !
Certes, tout n’est pas parfait sur cet album. Ainsi, les pistes 4 à 7 débutent toutes de manière très comparable et constituent en quelque sorte le « ventre mou » de l’album. Pas foncièrement mauvais, mais pas particulièrement marquant non plus. Cependant, cet album a permis au groupe de se remettre sur les rails de bien belle manière, et si l’on fait le bilan, le résultat est positif.
Nous sommes en 2001 : pour ses 20 ans, Slayer vient de s’offrir un retour en force. Bon anniversaire !
Mister Patate (08.5/10)
Site officiel : www.slayer.net
Myspace officiel : www.myspace.com/slayer
American Recordings / 2011
Tracklist (42:39) 1. Darkness of Christ 2. Disciple 3. God Send Death 4. New Faith 5. Cast Down 6. Threshold 7. Exile 8. Seven Faces 9. Bloodline 10. Deviance 11. War Zone 12. Here Comes the Pain 13. Payback
Diabolus In Musica : (litt. « le diable dans la musique ») était le nom donné à la présence d'un intervalle de trois tons (aujourd'hui appelé triton). Cet intervalle (quinte diminuée ou quarte augmentée) engendre une attente ou tension pour l'auditeur, contrairement à une quarte ou une quinte parfaite qui produit un effet conclusif et apaisant appelé aussi résolution.
1996 : le Thrash n’est pas au mieux de sa forme, loin de là. Metallica, Anthrax, Megadeth, Kreator… Tous sont, à des niveaux divers, dans le creux de la vague et courent après leur gloire d’antan. Et Slayer, dans tout cela ? Eh bien, Slayer prend le monde du Thrash à contrepied avec une idée assez étonnante : un album de reprises punk. Voilà qui a dû en surprendre plus d’un il y a 15 ans ! Au-delà de la surprise, une question s’impose : cet album n’est-il qu’un petit bonus sympa, un à-côté rafraîchissant dans la discographie ou y mérite-t-il sa place au même titre qu’un Divine Intervention ?