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Old Silver Key – Tales Of Wandering

Old Silver Key est une collaboration improbable, une idée saugrenue germée on ne sait où et qui rapproche Drudkh et Alcest. Drudkh, c’est l’Est, les steppes, le vent, la nature, les forêts, un Black Metal puissant qui prend aux tripes. Alcest, c’est la France, la mélancolie, l’œil embué, les madeleines dégustées avec une tasse de thé au coin du feu. Le résultat de cette fusion ? Une amère déception.

En effet, où sont les éléments purement Drudkhiens sur cet album ? Où est la hargne, où se cache l’intensité ? Disparues ! Envolées ! Le son ukrainien a été sensiblement édulcoré pour mieux coller au chant de Neige, frontman d’Alcest. Pis encore : là où Alcest fait dans la mélancolie et le touchant, Old Silver Key sombre dans la mièvrerie et le banal. Bon Dieu qu’on s’ennuie ! Seul éclair de génie sur cet album : « Nineteen Winters Away From Home », l’interlude instrumental en plein milieu de cet opus. Pour le reste, Old Silver Key nous gratifie d’une intro inutile (« tic tac tic tac, c’est le son du temps que tu perds à écouter ce morceau ») et de 5 morceaux sans relief et affreusement passe-partout.

Sur le papier, cette collaboration était digne d’un dessin animé de Walt Disney : le valeureux loup solitaire des steppes et le caniche français qui, en une étreinte passionnée, s’unirent, vécurent heureux et eurent beaucoup de chiens-loups. C’est beau, les dessins animés. J’en ai presque la larme à l’œil. Mais un tel scénario ne fonctionne que dans les histoires pour gosses. Sur Discovery Channel, le loup solitaire aurait violé le caniche avant de lui arracher la jugulaire d’un coup de crocs et de repartir hurler lugubrement à la lune. C’est beau, la nature. J’en ai la larme à l’œil.

[2/10] Mister Patate

Site officiel : xxx
Myspace officiel : xxx

Season Of Mist – 2011
Tracklist 1. What Once Was and Will Never Happen Again 2. November Nights Insomnia 3. Cold Spring 4. Nineteen Winters Far Away from Home 5. Star Catcher 6. Burnt Letters 7. About Which an Old House Dreams

As They Burn – Aeon’s War

Qui dit avènement d’un nouveau courant, dit invariablement avalanche de groupes plus ou moins doués et plus ou moins opportunistes qui prennent le train en marche, espérant ainsi grappiller quelques miettes du succès des cadors du genre. Après la vague Néo et sa cohorte de groupes éphémères, nous assistons aujourd’hui au tsunami Metalcore-Deathcore. Parmi les plus gros pourvoyeurs de ce nouveau courant, Siege Of Amida Records chez qui est sorti le premier effort des français d’As They Burn.

Avant toute chose, une petite précision : dire qu’As They Burn fait de la merde générique (ce que certains pourraient en déduire de mon introduction) serait injuste. Là où d’autres se vautrent avec complaisance dans la facilité du Deathcore / Metalcore de base, As They Burn recherche une certaine complexité, et cette recherche est louable. Toutefois, là aussi, les mauvaises langues diront que cette complexité consiste davantage en une resucée de plans polyrythmiques chers à Meshuggah, un groupe qui deviendrait millionnaire si tous ses clones avides de plans de batterie décalés devaient lui verser des royalties. Je ne peux pas tout à fait leur donner tort, certes, mais on est loin du simple copier/coller.

Pour faire une petite comparaison culinaire (c’est à la mode, pour le moment), faire du Metalcore / Deathcore aujourd’hui, c’est un peu comme faire des crêpes. C’est simple au premier coup d’œil, il suffit de prendre trois ingrédients et de les mélanger dans les bonnes proportions. Chaque imbécile peut le faire. Le plus dur, par contre, c’est de les faire sauter, et là, on reconnaît les gars doués des personnes souffrant de problèmes de coordination. Certains les collent au plafond, d’autres les laissent tomber à terre, rares sont ceux qui parviennent à leur faire faire un salto parfait et à les réceptionner dans la poêle.

Alors, As They Burn, cuistot émérite ou apprenti aux deux mains gauches ? Sans hésiter, je penche pour la première catégorie… mais quand on est un cuistot émérite, il est dommage de gâcher son talent à ne faire que des crêpes toutes plates qu'on peut trouver à tous les coins de rue.

Mister Patate (4/10)

 

Myspace officiel : www.myspace.com/astheyburn

Siege Of Amida Records – 2011

Tracklist (38:10) : 1. Bless My Will 2. City ov Pyramids 3. Scarlett, The Sacred Whore 4. Distorted Rules 5. Beg for Death 6. Aeon's War 7. Phylosophical Research Society 8. Psychoactive Green Fairy 9. Unfinished Creature 

 

Orange Goblin – A Eulogy For The Damned

Depuis sa création en 1995 et la sortie de son premier album en 1997 (Frequencies From Planet Ten, pour ceux qui ont la mémoire courte), Orange Goblin a fait son petit bonhomme de chemin, ponctuant dix années par la sortie de 6 albums dont le dénominateur commun est la qualité. Et ensuite ? Une pause de 5 ans, uniquement troublée l’année passée par la sortie chez Rise Above Records d’un coffret retraçant la majeure partie de la carrière du groupe (hormis Healing Through Fire, sorti sur un autre label). 2012 marque enfin le retour des Londoniens, par le biais de Candlelight Records cette fois.

En 5 ans, de l’eau a coulé sous les ponts, mais Orange Goblin est toujours là, fidèle à sa réputation de groupe solide. Le songwriting n’a pas changé, le style non plus, ce qui rassurera plus d’un fan. Tout au long des 10 pistes, le groupe nous emmène en terrain connu, comme si cette absence un peu plus longue qu’à l’accoutumée n’avait jamais existé. Dès l’ouverture, le tempo est donné avec un « Red Tide Rising » des plus efficaces : le groove est bien là, le riff de guitare est somptueux et ce chant… Ha, ce chant ! Ni tout à fait clair, ni tout à fait gras, il s’incruste parfaitement dans les compos et y ajoute ce petit élément qui scotche l’attention.

Au rayon des morceaux particulièrement réussis, on retiendra, outre la chanson précitée, les « Stand For Something », « The Filthy & The Few », « Save Me From Myself » et le titre éponyme qui clôture l’album. Toutefois, les autres morceaux, sans atteindre la qualité de ces titres, méritent aussi pleinement votre attention et feraient certainement pas mal d’envieux au sein d’autres groupes officiant dans le même genre et incapables d’atteindre ce niveau.

Vous l’aurez compris, Orange Goblin marque un retour gagnant avec ce septième album. Si vous étiez déjà fan du groupe, n’hésitez pas un instant. Si vous êtes fan du genre mais que vous n’avez pas encore eu l’occasion de jeter une oreille sur ce groupe, profitez de la sortie d’A Eulogy For The Damned pour réparer cette erreur !

Mister Patate (8,5/10)

 

Site officiel : www.orange-goblin.com
Myspace officiel : www.myspace.com/theorangegoblin

Candlelight Records – 2012
Tracklist 1. Red Tide Rising 2. Stand for Something 3. Acid Trial 4. The Filthy & the Few 5. Save Me from Myself 6. The Fog 7. Return to Mars 8. Death of Aquarius 9. The Bishops Wolf 10. A Eulogy for the Damned