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Taake – Noregs Vaapen

 

Pour une raison inconnue, Taake est toujours resté, à mes yeux, un second couteau sur la scène Black norvégienne, vraisemblablement en raison de la concurrence exacerbée qui y règne. Et pourtant, rares sont les groupes qui peuvent se targuer d’une discographie aussi intéressante que celle de Taake, et le dernier opus en date, Noregs Vaapen, ne déroge pas à la règle.
 
Par essence, le Black de Taake est froid et haineux, il vous prend aux tripes et vous retourne de l’intérieur, tout en gardant un petit feeling presque punk dans le riff. Toutefois, et c’est là que réside le génie du groupe, limiter la musique du groupe à un simple Black Metal aux relents punk serait injuste, tant le travail sur les ambiances est, une nouvelle fois, une véritable réussite. Prenez « Orkan » et sa touche mélodique qui, sans tomber dans la guimauve et les petites fleurs, crée une ambiance particulière, ou « Myr » et sa rencontre improbable mais ô combien jouissive entre le Black norvégien et le banjo de la Louisiane. Taake ose, Taake expérimente suffisamment pour se démarquer de ses concurrents et, surtout, Taake sait ce qu’il fait : le groupe ne donne à aucun moment l’impression de ne pas maîtriser ce qu’il fait, et c’est d’une main de maître qu’il réalise ces 7 compos. Ajoutez à cela quelques guests bien connus (Attila Csihar, Demonaz et l’inimitable Nocturno Culto qui vient pousser la chansonnette sur « Fra vadested til vaandesmed ») et vous avez un album plus qu’abouti.
 
Bon, impossible toutefois d’éviter la question fatidique : cet album est-il aussi bon que la fameuse « trilogie dorée » de Taake ? Pour l’occasion, je serais tenté de botter en touche. Noregs Vaapen est comparable à un FOAD de Darkthrone : bourré de qualités et différent des efforts précédents du groupe. Dès lors, la comparaison n’est certainement pas pertinente. Écoutez cet album sans préjugés, sans penser à ce que le groupe a pu faire par le passé, et vous l’apprécierez à sa juste valeur.
 
Mister Patate [08/10]
 
 
Dark Essence Records / 2011
Tracklist (46:48 mn) 01. Fra vadested til vaandesmed 02. Orkan 03. Nordbundet 04. Du ville ville Vestland 05. Myr 06. Helvetesmakt 07. Dei vil alltid klaga og kyta

 

Suicide Silence – The Black Crown

oshy_11082011_Suicide_SilDire que le dernier Suicide Silence n’a pas suscité une vague d’enthousiasme au sein de la rédac est un doux euphémisme. Bon, au vu la moyenne d’âge de l’équipe et entre les indécrottables progueux, les fans de heavy traditionnel, nos amateurs de trucs bizarres et les vraies brutes de la rédac, il est clair qu’il était difficile de trouver un candidat rêvé pour se coltiner The Black Crown. Beh oui, Suicide Silence, c’est du Deathcore, de la musique de djeunz en quête de ramonage violent des conduits auditifs, des petits gars qui portent des t-shirts aux motifs fluos et ont les lobes d’oreilles distendus par des anneaux taille « jante alu 17 pouces ». Il fallait donc un être insouciant ou une ordure finie pour chroniquer cette nouvelle offrande du gang du Tatoué… Pas de bol pour eux, l’être insouciant était trop occupé à gambader dans les fleurs.

Sur The Black Crown, Suicide Silence fait de la merde générique. Voilà, c’est dit, pas de préambule, d’intro à rallonge ou de suspense, j’ai décidé d’adopter la technique « Columbo » : comme dans la série, dès la première minute, vous savez qui a fait le coup, ça plombe le suspense mais vous vous demandez quand même comment sera dévoilé le nom du coupable. Beh voilà, ici, c’est pareil : vous savez déjà que c’est de la merde, vous vous demandez seulement comment je vais vous expliquer cela.

En fait, Suicide Silence est le porte-étendard de toute cette mouvance Deathcore et ceci explique peut-être pourquoi je suis aussi radical avec eux. Prenez les autres groupes du genre : pourquoi irais-je perdre dix minutes de ma vie à coucher sur le papier une chronique d’un de leurs albums ? Suicide Silence était justement un des rares qui parvenaient à me faire hausser un sourcil en signe de surprise (une performance pour un groupe de Deathcore), mais l’étincelle a disparu au profit d’une soupe sans âme et peu inspirée. The Black Crown est une enfilade de plans Deathcore éculés et faussement brutaux… Les gars, il ne suffit pas de pondre un gros riff bien grave, de prendre une petite touche Djent (O.C.D.) et de se la jouer Faille de San Andreas sur la section rythmique pour être brutal, il faut des tripes, et The Black Crown en manque cruellement. Niveau textes, on frôle même le ridicule avec « Fuck Everything » qui semble tout droit tiré du journal intime d’un ado mal dans sa peau. Franchement, je pourrais me farcir un bol de soupe « alphabet » et chier de meilleurs textes que ça. 

Si le naufrage n’est pas complet, c’est grâce à l’apparition presque divine de Jonathan Davis sur « Witness The Addiction »… Mais ce n’est pas suffisant pour masquer le terrible manque de qualité de cet album. Pis encore, il met le doigt où ça fait mal : Suicide Silence est encore capable de nous surprendre, mais il préfère se vautrer dans le Deathcore de base. Un beau gâchis.

Mister Patate (01/10)

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Century Media Records / 2011     
Tracklist (39:19)  01. Slaves to Substance 02. O.C.D. 03. Human Violence 04. You Only Live Once 05. Fuck Everything 06. March to the Black Crown 07. Witness the Addiction (feat. Jonathan Davis of KoRn) 08. Cross-Eyed Catastrophe 09. Smashed (feat. Frank Mullen of Suffocation) 10. The Only Thing That Sets Us Apart 11. Cancerous Skies  

 

Autopsy – Macabre Eternal

oshy_26072011_AutopsQuand on s’appelle Autopsy, on n’a plus rien à prouver, non ? On pourrait certes chipoter en disant que leur comeback, l’année passée, n’était peut-être pas absolument nécessaire et que le groupe aurait pu, à l’instar d’un Bolt Thrower ou d’un At The Gates, se contenter de tourner pour ses fans en n’interprétant que des classiques, mais l’annonce d’un nouvel album m’avait tout de même fait chaud au cœur. 16 ans après Shitfun, Autopsy nous propose enfin son 5e album (en 24 ans d’existence)… Les vieux briscards auraient-ils mieux fait de s’abstenir ?

Non, certainement pas, et pour un comeback, c’est un beau comeback ! Autopsy reprend ses activités là où il les avait arrêtées à l’époque et nous déverse un flot continu de Death lourd et oppressant pendant plus d’une heure. Oui, plus d’une heure, vous lisez bien ! Dès lors, Macabre Eternal ne se digère pas en une seule écoute et se dévoile petit à petit. Cependant, ces 65 minutes passent tout de même très vite, et ce grâce à la qualité des compos. Exemple marquant : « Sadistic Gratification », plus de 11 minutes au compteur, une montée en puissance progressive, à la fois sombre et presque mélodique, un final rageur agrémenté de hurlements et pourtant aucune sensation de longueur ou d’ennui. 

Ce n’est pas à un vieux singe que l’on apprend à faire la grimace, et ce n’est pas à Autopsy que l’on apprendra à faire du Death. Ces gars sont le Death, ou du moins ils en sont les géniteurs avec d’autres grands noms de l’époque. Leur musique n’est certes pas aussi clinquante et aseptisée que toutes ces nouvelles productions, Macabre Eternal n’en est pas moins un des événements de l’année et Autopsy revient avec aisance réoccuper sa place au panthéon du genre. Chapeau, messieurs !

Mister Patate (08.5/10)

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Peaceville Records – Replica / 2011

Tracklist (65:27) 01. Hand of Darkness 02. Dirty Gore Whore 03. Always About to Die 04. Macabre Eternal 05. Deliver Me from Sanity 06. Seeds of the Doomed 07. Bridge of Bones 08. Born Undead 09. Sewn Into One 10. Bludgeoned and Brained 11. Sadistic Gratification 12. Spill My Blood