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Fleshgod Apocalypse – Agony

Les incursions de la musique classique dans notre style musical favori ne sont pas nouvelles. Ainsi, nous nous souviendrons notamment des intros classiques de Darkane sur Insanity ou Layers Of Lies, des cuivres sur « Predator » de Vader, voire plus récemment du concert de Dimmu Borgir avec un véritable orchestre symphonique. Aujourd’hui, c’est au tour de Fleshgod Apocalypse de nous proposer un album aux touches symphoniques marquées. Certes, nos amis transalpins sont coutumiers de ces apports, mais Agony permet au groupe de franchir un palier avec un album très ambitieux. Dès « Temptation », Fleshgod Apocalypse pose les bases d’une ambiance grandiose avant que ne se déchaîne la fureur de « The Hypocrisy », premier brûlot où le Brutal Death côtoie allègrement violons, clavier et autres instruments habituellement relégués dans les fosses d’orchestres classiques.

Cependant, dans le cas de cet album, les apports symphoniques ne se limitent pas à quelques touches discrètes ici et là pour faire joli. Non, Fleshgod Apocalypse a accueilli en son sein et en tant que membre permanent Francesco Ferrini, déjà responsable du piano et des arrangements symphoniques sur le précédent EP, et cette collaboration va bien plus loin qu’auparavant. Les instrumentations classiques viennent se marier au Brutal Death du groupe dans une union certes improbable, mais ô combien jouissive. Par ailleurs, elles permettent aussi une transition en douceur entre les différents morceaux, à tel point que l’on peut difficilement déterminer, au début, quelle piste on est en train d’écouter. Agony s’écoute presque comme une symphonie tant le passage d’une piste à l’autre se fait de manière naturelle. Comme je le disais en début de chronique, Agony est un album très ambitieux, et il y a fort à parier que Fleshgod Apocalypse voulait frapper très fort pour fêter son arrivée au sein de l’écurie de Donzdorf. Mission accomplie, il reste certes encore 5 mois avant la fin de l’année, mais je pense que nous tenons ici l’album Death Metal de l’année, tout simplement.

Mister Patate [09/10] 

www.myspace.com/fleshgodapocalypse

 

Nuclear Blast Records / 2011
Tracklist (49:45 mn) 1. Temptation 2. The Hypocrisy 3. The Imposition 4. The Deceit 5. The Violation 6. The Egoism 7. The Betrayal 8. The Forsaking 9. The Oppression 10. Agony

 

Channel Zero – Feed ‘Em With A Brick

oshy_09072011_Chanel_ZeSi vous êtes citoyen de notre bon vieux Royaume de Belgique, à moins d’avoir été le compagnon de chambrée d’Oussama Ben Laden, vous n’aurez pas échappé au retour triomphant de Channel Zero. Des salles remplies (le groupe détient le record de soirées sold out à l’Ancienne Belgique), un CD-DVD live qui a permis aux malchanceux n’ayant pas pu obtenir un ticket de tout de même assister, par TV interposée, au retour du groupe, des passages en festival (on citera le Graspop, Rock Werchter l’année passée et entre autres les Lokerse Feesten et le Fortarock cette année) et un single, Black Flowers. Pour un groupe qui avait passé de très longues années à l’ombre, le retour aux affaires aura été chargé, et quoi de mieux qu’un nouvel album pour surfer sur cette vague du come-back ?

À l’époque de leur séparation, en 1997 les gars de Channel Zero avaient renoncé parce qu’ils ne parvenaient pas à concrétiser leur potentiel. La qualité était au rendez-vous, mais les ventes ne suivaient pas. Aujourd’hui, 14 ans après, le groupe revient avec un album dans un environnement tout à fait chamboulé. Aujourd’hui, il suffit de deux clics pour télécharger la discographie complète d’un groupe, et voilà ce qui m’amène à ma question centrale: Feed ‘Em With A Brick se vendra-t-il mieux que ces prédécesseurs ? A-t-il les qualités nécessaires pour rencontrer un vrai succès et permettre au groupe, enfin, d’obtenir la concrétisation qu’il méritait à l’époque ?

Pour pouvoir faire face aux groupes actuels, Channel Zero, autoproclamé « meilleur groupe que la Belgique ait jamais connu », a mis les petits plats dans les grands au niveau de la production : le son est massif, clair, chaque instrument occupe sa place sans empiéter sur les autres. À ce niveau, le boulot réalisé par Logan Mader (ex-Machine Head et déjà responsable de la production d’albums de Devildriver, Cavalera Conspiracy ou autres Psycroptic) est excellent et les oreilles prennent cher. Par ailleurs, les compos sont courtes (jamais au-dessus de la barre des 4 minutes, mis à part « War Is Hell » et ses sonorités presque indus). Channel Zero joue donc la carte des morceaux percutants, qui se retiendront en peu de temps. En gros, Feed ‘Em With A Brick se veut presque un album de singles.

Et c’est peut-être justement là que le bât blesse. Prenez « Hot Summer », premier single de l’album : à trop vouloir faire un morceau facile à retenir, Channel Zero tourne en rond très rapidement. Pour le reste, le groupe alterne entre passages franchement réussis (« Hammerhead » et son riff pesant, ou « War Is Hell », certes atypique mais, à mes yeux, un des morceaux les plus intéressants de l’album) et morceaux plus convenus, voire décevants (« Ocean » avec un Franky qui en rajoute des tonnes sur son chant, ou un « Guns Of Navarone » calibré FM… je ne serais d’ailleurs pas étonné de le voir squatter les ondes des radios belges… et tous les chroniqueurs s’étant répandus sur cet album en affirmant que Channel Zero n’avait pas fait de concessions dans ses compos et son ton devraient réécouter ce morceau en particulier). Envolée la hargne, disparue l’énergie qui faisait la qualité des albums de Channel Zero, nous n’avons affaire ici qu’à un groupe qui n’est plus que l’ombre de lui-même et qui, l’espace de quelques morceaux, fait encore illusion.

Vous l’aurez compris, Feed ‘Em With A Brick, à mes yeux, n’est pas la réussite que certains voudraient nous vendre. Certes, il a ses qualités et ses bons morceaux, mais l’enthousiasme / la nostalgie / le chauvinisme (barrez les mentions inutiles) ne sont pas suffisants pour occulter les défauts de la galette. Si au moins ils avaient eu la modestie de ne pas s’autoproclamer « meilleur groupe de Metal de l’histoire de la Belgique », peut-être aurais-je été un peu moins sévère…

Mister Patate (05.5/10)

www.channel-zero.be

Facebook officiel 

Roadrunner Records / 2011

Tracklist (45:20 mn) 1. Hot Summer 2. Guns of Navarone 3. Electric Showdown 4. Freedom 5. In the City 6. Angels Blood 7. Side Lines 8. Hammerhead 9. Capitol Pigs 10. Ammunition 11. War Is Hell 12. Ocean

 

Demonical – Death Infernal

oshy_08062011_DemonicaSi je vous dis que je souffre du syndrome de Stockholm, que me direz-vous ?

Patate, tu fais décidément chier, tu vas encore nous pondre une chro sur un groupe suédois, c’est ça, hein ?

Bah oui, vous avez tout compris, en résorbant mon retard, je suis retombé sur ce troisième opus des Suédois de Demonical, et vu la qualité de la galette, impossible de ne pas vous en parler ! Bon, niveau originalité, il faut reconnaître que Death Infernal ne remportera pas le premier prix de la « galette qu’on n’avait jamais entendu auparavant tellement c’est innovant », mais on ne va pas faire la fine bouche, un nouvel album de Demonical, c’est toujours une bonne occasion de se secouer la tignasse en prenant un air méchant.

Par ailleurs, Demonical a un petit plus par rapport à la cohorte de groupes qui nous pondent des galettes par palettes de 20 : le sens de « l’hymne », du morceau fédérateur, du tube Death Metal en puissance (un peu à la Amon Amarth, mais un Amon Amarth qui aurait bouffé Knut, l’ours polaire du zoo de Berlin). Prenez « March For Victory », par exemple, une combinaison parfaite de violence et de mélodie, un refrain imparable… on en redemande, encore et encore ! Et ce « Slain Warriors » aux backing vocals from hell, quelle claque ! Et puis, clôturer un album sur un titre d’Emperor, les géants du Black, ça ne peut qu’être annonciateur d’une bonne galette.

Vous l’aurez compris, Demonical fait partie de ces groupes « paquet de frites-mayo » : c’est gras, c’est lourd, ça ne comporte aucune surprise, mais on s’en fout, c’est un plaisir coupable que l’on ne se refuse pas de temps en temps et ça fait du bien par où ça passe ! Vos papilles gustauditives ne font pas la fine bouche ? Nourrissez-les à l’alcool de grain et à la graisse suédoise !

Mister Patate (08.5/10)

www.demonical.net 

www.facebook.com/Demonicalofficial

Cyclone Empire / 2011

Tracklist (38:36)
1. The Arrival of Armageddon 2. …Return in Flesh 3. Black Inferno 4. Ravenous 5. March for Victory 6. Through Hellfire 7. All Will Perish (The Final Liberation) 8. Slain Warriors 9. Darkness Awaits 10. From Northern Shores 11. Night Of The Graveless Souls (Emperor cover)