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Marduk – Iron Dawn

302195En matière d’EP, Marduk a toujours été constant dans l’inconstance. En effet, ces sorties furent tour à tour cultes (Fuck Me Jesus), géniales (Deathmarch), passables (Here’s No Peace), voire même anecdotiques (Obedience). Dès lors, l’annonce récente de la sortie d’un nouveau 3 titres m’avait certes intrigué, mais sans plus. Un rapide coup d’œil sur la setlist m’aura cependant tout de même motivé : trois titres, c’est peu, mais ce sont trois inédits. 

Au vu de l’artwork guerrier, j’avais osé espérer, avant même d’avoir entendu la moindre note, un parallèle avec les titres rageurs de Panzer Division et de Plague Angel, et force est de constater que j’étais (en partie) dans le bon. Ainsi, "Warschau 2: Headhunter Halfmoon" débute sur une sirène rapidement interrompue par un feu nourri de blastbeats, de riffs acérés et de vociférations. "Warschau", en son temps, était déjà un monument à la violence sonore, son successeur s’avère une ode tout aussi meurtrière : sirènes anti-aériennes, sifflements des bombes, hurlements des Stuka attaquant en piqué… les samples, utilisés à bon escient sur cette plage, nous donne une idée de ce à quoi aurait ressemblé un Panzer Division Marduk avec Mortuus au chant. 

"Wacht am Rhein: Drumbeats of Death" poursuit sur cette lancée belliqueuse, mais en ralentissant déjà quelque peu la cadence. Certes, la violence est toujours omniprésente et implacable, mais plus lente, comme une colonne de chars avançant lentement vers sa cible. Au vu de ces deux morceaux, on pourrait s’attendre à un final en feu d’artifice, mais il n’en est rien.

En effet, "Prochorovka: Blood and Sunflowers" est un contrepied total aux deux premières plages. Ici, Marduk revient à ses plages mid-tempo plus sombres, torturées, ambiancées et chères au groupe depuis l’arrivée de Mortuus au sein du groupe. Ici, la guerre est plus lointaine, et ce titre évoque plutôt un dimanche d’été, caniculaire, dans une campagne encore préservée par les conflits mais où résonnent déjà les échos des combats qui se font de plus en plus proches, de plus en plus menaçants.

Iron Dawn, en moins d’un quart d’heure, frappe très fort. Toutefois, les fans de cet EP déchanteront peut-être lorsqu’ils apprendront que le groupe a annoncé que le prochain album du groupe (dont ni le nom ni la date de sortie ne sont connus) sera tout à fait différent de cet EP indispensable… Personnellement, après avoir écouté cet EP, je n’ai qu’une seule envie : découvrir ce qu’ils peuvent bien nous réserver sur leur prochain album !

Mister Patate (09/10)

Site Officiel 
MySpace Officiel

Regain Records / 2011
Tracklist (13:301. Warschau 2: Headhunter Halfmoon 2. Wacht am Rhein: Drumbeats of Death 3. Prochorovka: Blood and Sunflowers

Miasmal – Miasmal

Après une démo intitulée Miasmal et un EP intitulé, lui aussi, Miasmal, Miasmal (le groupe) nous propose enfin son premier album sobrement intitulé… Miasmal. Bon, au niveau choix des noms, il semble que nos amis suédois aient encore quelques difficultés. Toutefois, voyons le bon côté des choses : étant donné que ce premier album reprend, en bonus, à la fois la démo et l’ep, toutes les confusions disparaissent, et nous voici donc gratifiés de 14 morceaux (soit une bonne heure) de Death suédois à la sauce vieille école.

Tiens, ça faisait longtemps, Patate nous ressort des Suédoises, à croire que cet abruti a des actions chez Ikea ou Absolut.

En effet, avec un revival old school qui bat son plein, la Suède fait figure, ces derniers temps, de vivier inépuisable au niveau des bonnes sorties Death du moment, et comment ignorer cette sortie ? Tout est réuni pour faire de cet album un indispensable : des compos inspirées, une touche légèrement « vintage » des plus agréables (ça sent le début des nineties à plein nez), un son ni trop brut ni trop propre (juste cette petite patine qui donne l’impression d’avoir bel et bien affaire à une sortie de la première vague du Death suédois), un ours au micro et des musiciens doués.

Cool, il nous ressort le même laïus chaque fois, comment lui faire confiance ? En quoi Miasmal est meilleur que ses concurrents directs ?

En effet, je me suis posé la même question. Pourquoi opter pour Miasmal plutôt que pour Interment, Nominon ou un de ces nombreux nouveaux combos ? Le problème est que la Suède fourmille de combos tous aussi efficaces les uns que les autres, et recommander l’un plutôt de l’autre relève surtout de la préférence personnelle. Personnellement, Miasmal est, à mes yeux, un des meilleurs représentants de cette NWOSOSDM (New Wave of Swedish Old School Death Metal, je viens de l’inventer)… Libre à vous de vous forger votre opinion à ce sujet en achetant cet album. Toutefois, quoi qu’il en soit, je suis persuadé qu’il fait partie du haut du panier du genre.

Site officiel : miasmal.net

Page Facebook :  www.facebook.com/miasmal

Myspace officiel : www.myspace.com/miasmalband

Mister Patate (09/10)

Dark Descent Records – Clawhammer PR / 2011

Tracklist (62:37) : 1. Mesmerized / 2. Equinox 432 / 3. Blissful Cannonades / 4. We Will Live Forever / 5. Mists / 6. Toxic Breed / 7. Death Mask / 8. Chronicles / 9. Creation of Fire / 10. Bionic Godhead Erase / 11. Abduction of the Soul / 12. Kallocain / 13. Apocalypse Legion / 14. Anima Sola

 

Iperyt – No State Of Grace

Dans la course au titre d’album le plus dérangeant de l’année, les Polonais d’Iperyt viennent de frapper un grand coup, à tel point que je me demande si un autre groupe sera en mesure, cette année, d’expectorer un crachat encore plus virulent à la face de ses auditeurs. Rares sont ceux qui atteignent un tel niveau de haine tout en restant écoutables, et Iperyt, avec ce deuxième album sous le bras, fait clairement figure d’épouvantail dans la catégorie « Fuck the World ».

Et pourtant, Iperyt a cette fâcheuse tendance, à l’instar de The Berzerker, de s’adjoindre les services d’une boîte à rythmes tout droit sortie des «meilleurs» albums de techno hardcore allemande. Toutefois, ce qui me gênait chez The Berzerker devient ici une force, et ce martèlement incessant vient encore renforcer l’impression de malaise dégagée par les 11 compos. Dès la première plage, Iperyt nous colle un sale uppercut bien vicieux dans les gencives et il ne nous relâche que 43 minutes plus tard, pantelant et secoué par une telle violence.

Cette violence, elle n’est pas seulement musicale (et pourtant, on a déjà droit à une sacrée dose à ce niveau), mais aussi textuelle. Les textes sont extrêmement crus, rédigés avec une plume taillée en pointe et trempée dans l’acide le plus mordant. À ne pas mettre entre toutes les mains, donc !

Iperyt est le mariage improbable entre l’énergie d’un Atari Teenage Riot (pour le côté électro-industriel de la musique) et la misanthropie des groupes de Black Metal les plus malsains ; No State Of Grace, un violent coup de pied dans les dents d’une Humanité à genoux. Vous vouliez un concentré de haine ? Jetez-vous sur cet album, vous serez servis, mais attention à ne pas avoir les yeux plus gros que le ventre !

Site officiel : xxx
Myspace officiel : http://www.myspace.com/iperyt

[8,5/10] Mister Patate

Tracklist (43:26) : 1. No State Of Grace 2. Scars Are Sexy 3. A Pocket Size Armageddon 4. Antihuman Hate Generator 5. Blades Of Malice & Scorn 6. The Antithesis 7. Keep Your Eyes Closed 8. Into The Mouth Of Madness 9. Nuclear Mornings 10. The Player 11. In Morbid Rapture