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Deicide – To Hell With God

oshy_05042011_DeiciDepuis l’énorme The Stench of Redemption, Deicide suscite chez moi un déchirement, une lutte interne. D’un côté, il y a le vieux con aigri qui regrette l’époque bénie (ou plutôt maudite) des débuts de Deicide, quand ce bon vieux Benton et les frères Hoffman gerbaient leur haine à la face du monde. Y’a pas à tortiller du fion, les albums Deicide et Legion, ça, c’était du Death Metal couillu, bien crade, généreusement blasphématoire ! De l’autre côté, il y a le jeune curieux, celui qui a su passer outre ses préjugés envers Ralph Santolla et qui, au fil du temps, s’est mis à apprécier la touche mélodique du nouveau gratteux et, par conséquent, le virage amorcé avec The Stench Of Redemption. Alors, voilà, à chaque sortie d’un nouvel album de Deicide, les voix prennent possession de ma tête et s’engueulent à qui mieux mieux, et ce n’est pas ce petit dernier qui va changer quelque chose à ma situation.

En effet, To Hell With God poursuit clairement dans le sillon tracé par ses deux prédécesseurs, et va même plus loin encore. En effet, au fil des écoutes, on ressent quelques petites variations, notamment au niveau du chant qui se fait moins linéaire qu’auparavant. Par ailleurs, l’apport mélodique du sieur Sandolla (apport que je trouvais tout bonnement vain sur les derniers albums d’Obituary) vient à nouveau « aérer » les compos, ce qui, une nouvelle fois, est à la fois une source de contentement et de frustration. Contentement, parce que l’album y gagne en efficacité et en confort d’écoute ; frustration, parce qu’il est impossible d’occulter le passé sulfureux du groupe et de ne pas avoir l’impression que Deicide a mis de l’eau dans son vin (impression encore renforcée par une production cristalline).

Le vieux con aigri en moi conchie allégrement le Deicide nouvelle mouture, ses mélodies, sa prod’ lisse comme un fion de bébé, et le jeune curieux qui cohabite avec ce voisin rétrograde adule ce Deicide, ses soli magiques, son mariage entre mélodie et brutalité. Deicide n’est pas mort à vos yeux avec le départ des frères Hoffman ? To Hell With God s’impose comme une valeur sûre. Glen Benton vous a trahi et est devenu un vendu depuis au moins 5 ans ? Retournez écouter Legion, c’est certainement mieux pour vous…

Mister Patate (03/10) Note du vieux con – (8,5/10) Note du jeune curieux

www.facebook.com/OfficialDeicide

Century Media Records / 2011

Tracklist (35:43 mn) 1. To Hell with God 2. Save Your 3. Witness of Death 4. Conviction 5. Empowered by Blasphemy 6. Angels of Hell 7. Hang in Agony Until You're Dead 8. Servant of the Enemy 9. Into the Darkness You Go 10. How Can You Call Yourself a God

 

Absurdity – D:Evolution

oshy_21032011_AbsurdComme quoi, il faut toujours se méfier des descriptions faites par les labels, revues et autres supports destinés à la promotion de nouvelles sorties… Prenez Absurdity, dernier exemple en date et annoncé dans la catégorie Deathcore. Bon, je sais que le Deathcore est un genre porteur pour le moment et que coller cette étiquette sur un label attirera plus de monde, mais dire qu’Absurdity ne fait « que » du Deathcore est un peu réducteur. En effet, après quelques écoutes, voire même dès la première écoute, les aspects Deathcore ne m’ont pas sauté aux oreilles (à part, éventuellement, la voix), contrairement aux influences évidentes de Fear Factory : même riffs en béton armé, une batterie qui n’est pas sans rappeler celle de l’Usine de la Peur, même l’artwork peut faire penser à l’univers de Fear Factory (l’homme et la machine, etc.).

Je pensais tomber sur une galette de Deathcore générique comme celles qui fleurissent ça et là dans les bacs, et je me retrouve sur les bras avec un album de Metal « moderne » aux touches industrielles. L’exemple le plus frappant de la filiation avec Fear Factory est « Logical War Process » : remplacez le chant par un Burton C. Bell (qui ruinerait certainement la compo en plaçant un refrain avec son chant clair de moins en moins maîtrisé) et vous avez un morceau que n’aurait pas renié Fear Factory. Des reproches ? Quelques-uns, oui, même s’ils ne sont pas extrêmement graves… et à la limite, tout se rapporte à ce lien avec Fear Factory : la puissance d’impact des compos est bonne, mais Fear Factory faisait (vous remarquerez l’usage du passé) mieux et plus efficace, la prod’ est bonne, mais moins puissante que celle de Fear Factory… en gros, Absurdity nous propose un premier album fortement inspiré des travaux du groupe précité, mais sans pour autant atteindre le même niveau. Toutefois, il faut aussi souligner que, pour un premier album, D:Evolution s’en sort avec les honneurs. Le tout serait maintenant de digérer les influences et de mettre à profit le talent et le potentiel présents pour nous proposer un produit plus personnel, moins empreint des influences de leurs aînés… à suivre, donc !

Mister Patate (06.5/10)

 absurdity-music.com/devolution 

Urban Death Records / 2011

Tracklist (36,28 mn) 1. A Taste Of… 2. Concrete Brain 3. Sneaking Data 4. Logical War Process 5. Fall Out 6. Scorn & Ignorance 7. Death. Kult. Paranoia 8. Novae 9. Rewind 10. The Ultimate Carnivore 11. [D]Evolution

 

Obscura – Omnivium

Dire qu’une belle frange de la communauté Metal attendait Obscura au tournant est un doux euphémisme. En effet, après un Cosmogenesis qui avait marqué les esprits par son niveau de qualité et de technicité et au vu des déclarations du groupe, de nombreux regards étaient tournés vers l’Allemagne. L’attente, au final, n’aura pas été aussi longue, et les nombreuses tournées du groupe (qui m’auront permis d’apprécier en live et à de nombreuses reprises la technicité du groupe, et ce tant avec que sans Jeroen-Paul) auront également fait passer le temps. Toutefois, je craignais tout de même que tout ce temps passé sur la route n’ait laissé que peu de marge au groupe pour composer de nouveaux morceaux à tête reposée, mais j’ai rapidement dû reconnaître que mes craintes étaient infondées.

Contrairement à son illustre prédécesseur, Omnivium ne démarre pas aussi rapidement, laissant plutôt la place à une guitare acoustique rapidement remplacée par une guitare électrique au son presque « épique » avant le véritable départ de l’album, et quel départ ! « Septuagint », du haut de ses 7 minutes et quelques poussières, plante immédiatement le décor avec un Death véloce et racé. Le groupe est toujours aussi carré (sans pour autant donner l’impression « synthétique » d’un Origin), mais il parvient aussi à se démarquer de son image purement « death technique progressif » pour y apporter quelques éléments neufs, à l’instar de ce break plus aérien avec chant clair à partir de 3:07, chant clair qui sera d’ailleurs à nouveau mis à contribution sur d’autres morceaux. Certes, le chant clair de Steffen ne plaira peut-être pas à tout le monde, mais on ne peut que se réjouir de ces variations au niveau du chant, et le chant clair n’est pas la seule variation. Prenez ce growl Death bien grave sur « Ocean Gateways ». Certes, Steffen nous avait déjà prouvé par le passé que son growl était plus que correct, notamment sur une cover de Morbid Angel, mais ce chant colle parfaitement à ce morceau qui n’est pas sans rappeler Morbid Angel (non seulement au niveau du chant, mais aussi de la lourdeur).
 
Au niveau musical, la combinaison de tous ces musiciens talentueux était déjà un régal par le passé, et il me semble que la cohésion s’est encore renforcée entre Cosmogenesis et Omnivium. Les compos sont extrêmement travaillées, chacun assure sa prestation de manière précise, mais l’addition de chacune de ces prestations débouche sur un résultat supérieur, une parfaite osmose entre 4 musiciens qui ne forment plus qu’une entité implacable.
 
Omnivium est une réussite, tant au niveau de la technicité que des variations proposées tout au long de l’album. Tour à tour écrasant, aérien, véloce ou technique, cet album s’annonce d’ores et déjà comme l’une des sorties les plus intéressantes de l’année 2011. Vous me direz que nous ne sommes qu’en mars et que d’autres sorties s’annoncent aussi très attendues (je ne citerai que celle du nouvel album de Morbid Angel), mais je pense tout de même qu’un album aussi abouti risque bien d’occuper une place de choix dans mon classement des meilleures sorties de l’année… ça faisait longtemps qu’un album de Death m’avait tellement enthousiasmé, jetez-y une oreille et vous comprendrez mieux pourquoi !
 
Mister Patate [09/10]
 
Site Officiel: www.obscura-metal.com/
 
 
 
Relapse Records / 2011
Tracklist (54:15 mn) 01. Septuagint 02. Vortex Omnivium 03. Ocean Gateways 04. Euclidean Elements 05. Prismal Dawn 06. Celestial Spheres 07. Velocity 08. A Transcendental Serenade 09. Aevum