Author Archive

Agnostic Front – My Life My Way

Agnostic_Front_-_My_Life,_My_WayVous aurez certainement remarqué, au fil des années, que les chroniques d’albums de HxC ne sont pas nombreuses dans nos pages. La raison de cette lacune ? Peut-être l’absence d’un véritable fan du genre (même si certains membres de la rédac dissimulent ce secret honteux : oui, ils aiment aussi du HxC, mais ne le dites pas trop fort, ça mettrait un coup à leur crédibilité), mais aussi parce qu’au final, ce genre tourne en rond (un peu comme les bras des apprentis Karate Style Dancers, si vous voyez ce que je veux dire).

Un commentaire réducteur, une vérité qui dérange ? Écoutez ce nouvel album d’Agnostic Front et on en reparlera… Agnostic Front, c’est le bébé de Roger Miret, le demi-frangin de Freddy Cricien, beugleur de Madball. On dit souvent que le Hardcore est une grande famille, et bien ici, c’est une affaire de famille… et de ressemblances troublantes.

Même label, même son, mêmes thèmes (la rue, l’auto-affirmation de soi, le sentiment d’appartenance à un groupe face au reste du monde, etc.), la petite chanson en espagnol pour faire plaisir à la minorité latino… Je continue ? Les similarités sont troublantes, à tel point que, si la tessiture des deux chanteurs était plus proche, il serait foutrement difficile de distinguer Madball d’Agnostic Front. Mes conclusions envers ce My Life My Way seront donc très proches de celles que j’avais formulées à l’époque pour Empire : un niveau de qualité constant mais moyen, et aucun morceau ne ressort véritablement. Sans être catastrophique, cet opus n’apporte rien de neuf au genre, et je pense même qu’il serait passé inaperçu si la pochette n’avait pas mentionné le nom Agnostic Front (comme quoi, on sous-estime encore trop l’effet de la « marque de fabrique »).

Bon, vu que cette soupe est resservie à toutes les sauces par un nombre important de combos HxC et qu’il existe une fanbase pour ce genre, j’imagine que cet album fera figure de sortie incontournable pour les fans. Les autres, par contre, ne risquent pas d’être convertis au genre avec cet album…

Mister Patate (06/10)  

Site Officiel :  www.agnosticfront.com 

Myspace Officiel :  www.myspace.com/agnosticfront

Nuclear Blast / 2011

Tracklist (34:12) :
1. City Street 2. More Than a Memory 3. Us Against the World 4. My Life My Way 5. That’s Life 6. Self Pride 7. Until the Day I Die 8. Now and Forever 9. The Sacrifice 10. A Mi Manera 11. Your Worst Enemy 12. Empty Dreams 13. Time Has Come

 

17221996 marque un tournant décisif pour Marduk. Malgré la qualité indéniable des albums précédents, il manquait encore, à mes yeux, ce petit quelque chose qui permettrait au groupe de passer du statut de bon groupe à celui de pilier du genre. Le catalyseur de cette évolution fulgurante n’est autre qu’Erik Hagstedt, mieux connu sous le surnom de Legion et qui, jusqu’alors, avait officié chez Ophtalamia. En l’espace de 35 minutes, Marduk allait être propulsé au premier rang avec ce qui, selon, reste encore le meilleur album de Marduk à l’heure actuelle.

En effet, ce premier opus avec Legion est, en quelque sorte, une synthèse de toutes les facettes de la musique du groupe, et chaque morceau constitue, à lui seul, une véritable démonstration. Dès les premiers riffs de « Beyond The Grace Of God », la mue est évidente, le groupe a bouffé du lion et démarre sur les chapeaux de roues. Les riffs sont acérés comme des lames de rasoir, la basse apporte un peu de rondeurs au son (une basse audible sur un album de Black Metal, c’est assez rare pour le signaler !), le batteur est au sommet de son art (Fredrik Andersson, ex-Triumphator, groupe d’un certain Mortuus)… Alternant cavalcades furieuses et mid-tempo pesant, dissonances et mélodies (« The Black Tormentor Of Satan » et son côté un poil mélodique), et se hasardant même à une reprise d’un morceau de Modeste Moussorgski (« Glorification OF The Black God » qui n’est autre qu’une réinterprétation d’« Une Nuit Sur le Mont Chauve »), Marduk nous livre déjà une prestation mémorable. 

Cependant, ce disque n’aurait pas eu le même impact si le chant n’avait pas été assuré par Legion. Certes, son timbre et sa tessiture ne plaisent pas à tout le monde, mais il était incontestablement, à l’époque, un des frontmen les plus efficaces du genre. De plus, que ce soit sur des morceaux supersoniques (« Beyond The Grace Of God », « Legion », « The Black Tormentor Of Satan ») ou sur l’écrasant « Dracul Va Domni Din Nou In Transilvania » (un avant-goût de ce qui nous attendait sur Nightwing), Legion est à l’aise et maîtrise son sujet. 

15 ans après sa sortie, Heaven Shall Burn… When We Are Gathered reste encore un album incontournable, non seulement pour les fans du groupe, mais aussi pour les amateurs de Black Metal en général. À mes yeux, seul Nightwing (et, à la limite, Rom 5:12, sous l’influence de Mortuus) peut rivaliser avec ce chef d’œuvre qui n’a pas pris une ride tout au long de ces années. Indispensable !


Mister Patate (10/10)

Site Officiel
Myspace Officiel 

Osmose Productions / 1996
Tracklist (35:40) 1. Summon the Darkness 2. Beyond the Grace of God 3. Infernal Eternal 4. Glorification of the Black God 5. Darkness It Shall Be 6. The Black Tormentor of Satan 7. Dracul Va Domni Din Nou In Transilvania 8. Legion

oshy_31122010_blackwitchAmis de la mélodie, amateurs de douces sonorités, Black Witchery ne vous aime pas. Black Witchery vous exècre, tout comme le reste de l’humanité. Black Witchery est l’antithèse de ce que vous entendez par « musique » et ne s’apparentera, pour vos oreilles, qu’à une sordide torture. Voilà qui est dit, passez votre chemin, et laissez les grandes personnes parler de choses sérieuses.

Cette intro a beau être assez directe, voire provocatrice même, mais elle reflète parfaitement l’état d’esprit de cet Inferno Of Sacred Destruction, dernière offrande malsaine des ricains de Black Witchery. Les mélodies sont aux abonnés absents, la haine suinte littéralement des enceintes, et les 22 minutes que comptent cet album sont une épreuve de résistance pour vos tympans. À ce niveau, on se rapproche de l’esprit d’un Panzer Division Marduk, ou plutôt de groupes tels que Revenge ou Conqueror (dont Black Witchery reprend d’ailleurs un morceau sur cet album).

Pour ce groupe (j’irais même jusqu’à dire pour ce genre), deux écoles s’affrontent : d’une part les traditionnalistes, pour qui il n’y a jamais trop de blasts ni de hurlements, pour qui les guitares et la batterie peuvent parfaitement être remplacées par des tronçonneuses et une mitrailleuse lourde, et d’autre part le reste du monde qui regrette le côté binaire des compos. Fans de violence sonore, Black Witchery vous séduira certainement, malgré une certaine monotonie, voire même une monotonie certaine (LE point noir de cet album à mes yeux, un peu de variation n’aurait pas fait de mal).

J’ai beau chercher, j’ai du mal à trouver un album sorti cette année capable de rivaliser, en termes de bestialité pure, avec Inferno Of Sacred Destruction. Pour le moment, seul War Of All Against All des Néo-Zélandais de Diocletian pourrait faire l’affaire, il faudrait d'ailleurs franchement que je pose une oreille plus attentive sur cet autre brûlot pour départager ces deux prétendants au titre d’album le plus dévastateur de l’année 2010. Cependant, comme je l’évoquais déjà (et ceci se ressent aussi dans ma note), le manque de variations est un handicap flagrant pour Black Witchery, les deux seules variations étant ON et OFF… 

Mister Patate (06.5/10)

http://blackwitchery.darkhorizon666.com

myspace.com/blackwitchery

Osmose Productions / 2010

Tracklist (22:12 mn) 1. Holocaustic Church Devastation 2. Antichrist Order of Holy Death 3. Apocalyptic Carnage 4. Barbarism Domination 5. Inferno of Sacred Destruction 6. Kingdom Against Kingdom (Conqueror cover) 7. Sepulchral Witchcraft 8. Ascension of the Obscure Moon