Pour ceux qui l’ignorent encore, Blood Of Kingu vient d’Ukraine, une scène Black Metal locale particulièrement vivace qui abritent quelques combos « incontournables » tels que les regrettés Hate Forest et Drudkh, dont le prochain album approche déjà à grands pas. Autre particularité de cette scène, son autarcie presque proverbiale : ainsi, Blood Of Kingu est composé de membres de… Hate Forest et Drudkh ! Alors, Blood Of Kingu, digne rejeton bâtard de ces deux formations ? Pas vraiment…
Et pourtant, Blood Of Kingu présente de nombreuses similitudes avec ses géniteurs. Ainsi, nous y retrouvons ce chant caverneux, sombre et menaçant qui était pour ainsi dire la marque de fabrique de Hate Forest. Certes, il peut, pour certains, sembler monotone, voire atypique pour un album de Black, mais il véhicule cette colère avec une efficacité telle qu’il me semble tout à fait approprié.
De Drudkh, Blood Of Kingu a emprunté un sens du riff hypnotique (« Cyclopean Temples Of The Old Ones », et son riff d’ouverture qui nous plonge tête première dans les premiers opus de Drudkh avant que la voix de Roman ne nous ramène à la réalité et nous rappelle qu’il a délaissé son projet « majeur » l’espace de ces 8 morceaux), mais cet aspect est relégué au second plan, submergé par un blast assez (trop ?) fréquent, qui vient rajouter une tension supplémentaire.
Enfin, Blood Of Kingu a sa petite touche personnelle, grâce à quelques sonorités plus « ethniques », notamment au niveau des percussions. Cependant, elles sont trop limitées (sauf peut-être sur « Morbid Black Dreams… », dernier morceau avant une reprise de Beherit) pour pouvoir réellement faire la différence. Dommage, peut-être que certains morceaux auraient pu gagner en intensité et/ou en originalité si cette piste avait été approfondie.
Ce Sun In The House Of The Scorpion me laisse donc une impression mitigée. Malgré ses qualités indéniables, (presque) rien ne peut m’enlever de l’esprit qu’il ne s’agit purement et simplement que d’un album de Drudkh mâtiné de Hate Forest… Espérons que Blood Of Kingu parviendra un jour à s’affranchir de ses deux influences majeures et à suivre sa propre voie !
Mister Patate (07/10)
Candlelight Records / 2010
Tracklist (36:26) : 1. Herald of the Aeon of Darkness 2. Those That Wander Amidst the Stars 3. Cyclopean Temples of the Old Ones 4. Incantation of He Who Sleeps 5. Guardians of Gateways to Outer Void 6. Ceremonies to Awake Thy Ageless Hate 7. Morbid Black Dreams Bringing Madness 8. The Gate of Nanna (Beherit cover)
Après Suffocation il y a peu, voici Asphyx qui vient enfin combler de bien belle manière (à la fois au format CD et DVD) une énorme lacune dans sa discographie, à savoir le live officiel (si l'on excepte le DVD bonus sur l'édition limitée du dernier album). Tous ceux qui ont pu récemment assister à un show d'Asphyx peuvent en témoigner : les Bataves n'ont pas leur pareil sur scène pour nous mettre une bonne grosse mandale de death old school dans les dents, et ce premier live permettra enfin à tous ceux qui n'ont pas encore eu l'occasion d'assister à un de leurs concerts de découvrir ce que donne Asphyx en live. Par ailleurs, le deuxième disque justifierait, à mes yeux, l'achat de cet album, mais j'y reviendrai plus tard.
Amis du Death Metal mélodico-technique (ou technico-mélodique, tout dépend du point de vue), fans de la scène suédoise, amateurs des virtuoses du solo, voici venu un petit nouveau dans la scène du death "à la suédoise : Allegaeon ! Avec ce premier album sous le bras, ces Américains (hé oui, pas une trace de blondinet nordique dans leur line-up… et après on s'étonnera que les jeunes sont si nuls en géographie si des ricains se mettent à faire du mélo-death suédois) essaient de se faire une petite place au soleil, parmi les grands du genre.