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As I Lay Dying – The Powerless Rise

aspatatedie1807102041Désolant, que dis-je, désespérant ! Et dire que je me faisais un plaisir non feint de « m’occuper » à ma manière de cette dernière offrande des metalcoreux chrétiens d’As I Lay Dying, voilà que ces amis de Jésus ont décidé de ne plus tendre l’autre joue et de se rebiffer ! Adieu, plaisir et joie jouissive de finir une chro en pataugeant dans de la tripaille et du sang de christiancoreux jusqu’aux genoux (tout en restant objectif, bien entendu), car As I Lay Dying vient de me coller une mandale (petite, la mandale, hein, on n’en est pas encore arrivé au niveau de la machine à torgnole brevetée par Heaven Shall Burn).
 
Bon, avant tout, une petite mise au point s’impose : si vous êtes radicalement allergique / opposé à tout ce qui touche de près ou de loin au metal avec des touches « core », As I Lay Dying ne risque pas de vous faire changer d’avis. En d’autres termes : les vieux cons aigris et obtus du fond qui ne jurent que par le bon vieux death qui suinte / le bon vieux heavy avec calebuttes en peau de bête s’empresseront de cracher sur cet album sans même l’avoir écouté (et je dois avouer qu’il fut un temps où j’aurais certainement fait partie de ces vieux cons)… Et pourtant, après plusieurs écoutes, il faut reconnaître que ces petits gars ont fait un beau bout de chemin et nous livrent ici un album plus que correct.
 
En effet, même s’il garde quelques caractéristiques frappantes du genre, The Powerless Rise compte aussi son lot de passages burnés, de mélodies et de soli que l’on n’attendrait pas forcément sur un album « trendy ». Ces gars savent jouer, cela ne fait aucun doute, mais que serait As I Lay Dying sans sa tête pensante, Tim Lambesis, qui assure à la fois le chant et la prod’ des albums du groupe ? Difficile à dire, mais il est indéniable que son rôle au sein de la formation est majeur, plus particulièrement au niveau du chant, grâce à son registre très large et parfaitement maîtrisé.
 
As I Lay Dying décroche-t-il pour autant une victoire incontestable sur son terrain ? Presque. En effet, The Powerless Rise souffre quelque peu d’une production un poil faiblarde, plus particulièrement si on la compare à celle du dernier Heaven Shall Burn qui souffle tout sur son passage. Pure coïncidence, le nom de cet album dévoile son contenu : As I Lay Dying poursuit son ascension avec un album dont la prod’ manque de puissance, à l’exception d’un ou deux morceaux qui sortent du lot (je pense plus particulièrement à ce « Condemned » qui ne démarre réellement qu’à 00:30 pour ne plus lâcher le morceau jusqu’à la fin). 
 
Les Californiens d’As I Lay Dying ont fini de tendre l’autre joue… maintenant, ce sont eux qui collent des tartes par paquets de 12, et il y a fort à parier qu’ils pourront faire encore plus mal s’ils arrivent à coller un son « à la HSB » sur leur prochain album !

Mister Patate (07/10)

www.asilaydying.com

Metal Blade Records / 2010
Tracklist (44:14) 01. Beyond Our Suffering 02. Anodyne Sea 03. Without Conclusion 04. Parallels 05. The Plague 06. Anger and Apathy 07. Condemned 08. Upside Down Kingdom 09. Vacancy 10. The Only Constant Is Change 11. The Blinding Of False Light

 

Witchery – Witchkrieg

patatewitch1807101815La récession, la crise, le chômage… tout ça ne touche pas Legion, bien au contraire : surchargé de boulot, le pauvre bougre a dû lâcher Devian, faute de pouvoir y consacrer suffisamment de temps (et, par la même occasion, il crée de l’emploi, notre ami Erik, en cédant sa place à un nouveau beugleur)… Mais bon, malgré tout, ça devait le démanger, après des années à s’être arraché les cordes vocales chez Marduk et Devian… Alors, chassez le naturel, il revient au galop, et voilà Legion de nouveau en selle au sein d’un combo majeur : Witchery, le All-Stars-Band made in Sweden avec de vrais morceaux de Seance, The Haunted, Arch Enemy et Opeth dedans !
 
Pour ce premier album depuis 2006, Witchery a décidé de mettre les petits plats dans les grands. En effet, malgré la qualité de leur line-up, nos amis suédois ont convié quelques amis d’outre-Atlantique sur leur nouvelle galette, et pas des moindres : Kerry King (qui nous colle un solo dans un style bien slayerien sur le morceau éponyme), les compères Gary Hold et Lee Altus d’Exodus, Andy LaRocque et Jim Durkin, excusez du peu, la concentration de musiciens de premier rang sur cet album se rapproche de celle de Hollandais devant les écrans géants d’Amsterdam le soir de la finale de la Coupe du Monde.
 
Sur le papier, donc, il ne peut plus rien nous arriver d’affreux, cet album se doit d’être une tuerie sans nom, une boucherie aux relents Thrash qui va nous scotcher au mur et nous arracher les tympans… mais Witchery ne serait pas le premier All-Stars-Band à nous décevoir. Qu’en est-il, au final ?
 
Eh bien, Witchkrieg me laisse quelque peu sur ma faim. Certes, il dispose de plusieurs qualités indéniables, dont une prod’ énorme, où chaque instrument semble avoir été poussé au maximum pour mieux nous dépoussiérer les conduits. Cependant, la prod’ n’est pas la seule garante du succès d’un album : il faut en effet aussi des compos qui tiennent la route, et c’est là que Witchery pèche. Sans être vraiment mauvaises, certaines compos manquent de punch, comme si ces 4 ans sans nouvelle sortie avaient quelque peu émoussé le combo. Bon, il reste tout de même quelques morceaux qui feront du bien par où ils passent (« Witchkrieg », « The God Who Fell Drom Earth », « The Reaver », pour ne citer qu’elles), et Witchery parvient encore – quand il en a envie ? – à nous pondre du riff velu qui pète des nuques, mais le butin est finalement bien maigre. Au niveau du chant, enfin, Legion me semble, pour la première fois, réellement cramé : son chant se fait plus grave, comme s’il s’économisait la voix (et où est-elle passée, cette voix démoniaque qui a fait sa renommée à l’époque, lorsqu’il officiait encore chez Marduk ?).
 
Une fois de plus, Witchery vient vérifier l’adage selon lequel la valeur d’un groupe ne se juge pas uniquement sur les talents de chacun de ses membres… 

Mister Patate (06/10)

www.facebook.com/officialwitchery

Century Media Records / 2010 

Tracklist (34:25) 01. Witchkrieg (guest solo Kerry King) 02. Wearer of Wolves Skin 03. The God Who Fell from Earth (guest solo by Gary Hold and Lee Altus of Exodus) 04. Conqueror’s Return 05. The Reaver (guest solo by Gary Hold and Lee Altus of Exodus) 06. From Dead to Worse (guest solo Andy LaRocque of King Diamond) 07. Devil Rides Out 08. One Foot in the Grave (guest solo Jim Durkin of Dark Angel) 09. Hellhound 10. Witch Hunter

deadpotatoechildren07101705Le nom de Circle of Dead Children ne vous évoque rien, pas plus que celui de Joe Horvath ? Allez, réfléchissez un peu… Toujours rien ? Et ce guest sur Hell is Empty And All The Devils Are Here d'Anaal Nathrakh ? Haa, voilà, ça vous revient tout doucement ? En effet, Joe Horvath, qui avait poussé la chansonnette avec VITRIOL sur cette bombe atomique du Thrakh, est de retour avec son propre groupe, Circle Of Dead Children, et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il est remonté, le bougre !
 
Psalms of The Great Destroyer se situe à la frontière de deux univers : au Death Metal, il a emprunté quelques riffs, des ambiances lourdes et poisseuses (ce mid-tempo écrasant sur "Refuse To Kill The Same Way Twice") et une voix d'outre-tombe. Au Grind, il a pris les accélérations fulgurantes, le blast à la kalachnikov et le chant dément. Le mariage de ces genres débouche sur un ensemble explosif, où chaque passage mid-tempo est trompeur et dissimule certainement une nouvelle débauche de violence sonore, où chaque morceau peut partir dans une direction tout à fait inattendue.
 
Mais Circle of Dead Children se démarque surtout par son chanteur, dont le registre est particulièrement riche : hurlements porcins, grognements graves et gras, chant death hurlé, murmures, voix de dément, tout y passe, au plus grand bonheur de nos esgourdes qui n'en demandaient pas tant. Joe Horvath porte littéralement chaque morceau à bout de bras (où plutôt à bout de cordes vocales) et nous éructe / crache sa haine au visage, comme une giclée de bile acide qui viendrait nous ronger les rétines…
 
Non, Circle Of Dead Children n'était pas mort… Il veillait, attendant patiemment le moment de se réveiller. Ce moment est venu, ne dites pas que l'on ne vous aura pas prévenu. Hide your women and children…enter hell
 
Mister Patate (08,5/10)

Willowtip Records / 2010

Tracklist (31:47)

01. Avatar of Innocence 02. Ursa Major (1998 revisited) 03. When Human Compost Stains all Earth and Repels the Messengers of Love 04. Chaos Crawls Back 05. Earth and Lye 06. We Who Move with the Graven Worms 07. Bury the Ill Flock 08. Refuse to Kill the Same Way Twice 09. Obsidian Flakes 10. Last Words and Warning Signs 11. Jaracaca 12. Torches 13. Night of Morbid Psycho 14. Germinate the Reaper Seed 15. Starve, Beg & Die a.k.a. Fuck You Kill Me