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Brain Drill – Quantum Catastrophe

BD07132010Pour une surprise, c’est une surprise ! Malgré ses problèmes de line up qui l’avaient mené, pendant quelque temps, au bord de la disparition, Brain Drill revient vers nous avec un second album qui devrait assurément faire parler de lui, tant en bien qu’en mal !

Tout d’abord, Brain Drill, c’est un bassiste, que dis-je, une pieuvre au jeu tentaculaire et dément qui se permet même d’ouvrir les hostilités en alignant quelques lignes de basse supersoniques avant que les guitares et la batterie ne viennent se joindre à lui. Plus qu’une simple section rythmique, il apporte clairement un plus aux compos et ne se retrouve pas tout à fait noyé dans la masse comme c’est trop souvent le cas sur les galettes du genre.

Ensuite, Brain Drill, c’est un jeu de guitare décoiffant, où les riffs côtoient des passages en sweeping que ne renierait pas un certain Origin. Ca joue vite, très vite même, les notes défilent à une vitesse incroyable ("Beyond Bludgeoned" en est un parfait exemple), on vient même à se demander s’il est physiquement possible de jouer à une telle allure (ayant vu Origin en live cette année, il semble bien que ce soit le cas et qu’il est possible de tenir l’espace d’un show sans que les cordes ou les doigts du gratteux ne prennent feu).

Mais comment pourrait-on parler de Brain Drill sans évoquer ce batteur, ou plutôt devrais-je dire le métronome du groupe, frappant inlassablement ses fûts avec une régularité bluffante, à tel point que je demande si ce jeu n’est pas trop carré, trop « beau » pour être vrai et s’il n’a pas été quelque peu corrigé en studio.

Enfin, Brain Drill, c’est un chanteur qui, sans avoir la réputation des grands du genre, parvient à nous scotcher avec un registre varié. Cependant, sa prestation passe quelque peu à l’arrière-plan, tant on essaie de suivre tout ce qui se passe sur un plan purement instrumental.

Malgré toutes ses qualités, Quantum Catastrophe n’est pas exempt de tout défaut. En effet, on pourra lui reprocher une filiation trop marquée avec un groupe tel qu’Origin et un manque de spontanéité flagrant : tout est réglé au millimètre près, aucun écart, aucune fantaisie, rien, nada à ce niveau-là, circulez, y’a rien à voir. Par ailleurs, le groupe est-il en mesure de reproduire ces morceaux de manière aussi parfaite sur scène ? Personnellement, n’ayant jamais eu la chance de les voir en live, je ne me prononcerai pas (ceci dit, je doutais aussi pour Origin, et j’ai dû reconnaître qu’ils y parviennent).

Quantum Catastrophe risque d’en rebuter plus d’un, à cause de ce petit côté artificiel que dégagent ses compos. Cependant, bouder une telle démonstration de maîtrise technique serait dommage, tant le produit proposé ici est réussi.

Mister Patate (08.5/10)

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Metal Blade Records / 2010

Tracklist (41:54) 01. Obliteration Untold 02. Beyond Bludgeoned 03. Awaiting Imminent Destruction 04. Nemesis of Neglect 05. Entity of Extinction 06. Mercy to None 07. Monumental Failure 08. Quantum Catastrophe

 

Blood Revolt – Indoctrine

Bloodrev072010In an age of compromise Blood Revolt is genuine rebellion. Pushing the boundaries of what is accepted in 'extreme' metal, Blood Revolt is metal with teeth, like it should be. Genuine violence and aggression mixed with the kind of very real and very dark subject matter that would make other bands heads spin. No cartoon imagery or fantastical pseudo religious hocus pocus, this is the sniper filing down the pin before picking off innocents, this is the suicide bombers sweaty greasy hand on the ignition, dead bodies piled in the politics of the mass grave. Unforgiving and unrelenting elitism…

Ces propos, tirés d’une déclaration d’A.A. Nemtheanga, frontman de Primordial et chanteur du tribute band Twilight of the Gods, laissaient d’ores et déjà présager de très bonnes choses pour Blood Revolt, projet de War Metal auquel il participe aux côtés de James Reed (Conqueror, Revenge) et de Chris Ross (Revenge, Axis of Advance). Cependant, je restais tout de même sur la défensive : en effet, comment son chant allait-il pouvoir s’allier au barrage sonore que ces deux anciens de Revenge allaient certainement nous balancer à la tronche comme une rafale de M16 ?

Tout d’abord, il convient de souligner que Blood Revolt ne joue pas vraiment dans la même ligue que les furieux de Revenge : moins unilatéral, plus varié, le combo nous propose des compositions plus « écoutables », à tel point que l’on pourrait quelque peu faire la grimace si l’on s’attendait bel et bien à une bonne grosse décharge de War Metal bas-du-front des familles, avec explosions et bouts de tripaille sur les murs. À ce niveau, on frôle la publicité mensongère !

Cependant, cela ne signifie certainement pas pour autant que Blood Revolt est une déception, bien au contraire. En effet, bien que ceci puisse paraître étonnant, le mariage de la voix d’A.A. Nemtheanga et de la musique composée par ses deux acolytes constitue un mélange réussi. Au niveau du chant, attendez-vous à son chant clair si caractéristique, alternant avec quelques passages où il se fait plus bas, plus menaçant, comme un nuage de poussière à l’horizon annonciateur de l’arrivée d’une colonne de chars. La musique, quant à elle, parvient à éviter l’écueil de la monotonie par quelques changements de rythme salvateurs (ha, ce passage mid-tempo sur Year Zero, pour ne citer que lui), voire même quelques « mélodies » (notamment sur le titre éponyme, avant une nouvelle montée en puissance furieuse). Cependant, les assauts soniques pour lesquels étaient réputés ces deux musiciens dans leurs autres groupes sont également au rendez-vous, et leur combinaison avec un chant clair pourrait évoquer, de (très) loin, Anaal Nathrakh qui a aussi pris l’habitude, sur ses albums, de placer quelques lignes de chant clair au milieu de sa folie sonore.

Blood Revolt peut sembler, à première vue, un mariage contre-nature, mais le rejeton engendré par ce mélange de genres est plus que réussi et devrait ravir plus d’un fan de Metal extrême. À découvrir d’urgence !

Mister Patate (08/10)

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Metal Blade Records / 2010

Tracklist (42:15) 01. Salvation at the Barrel of a Gun 02. Dead City Stare 03. Bite the Hand, Purge the Flesh 04. Gods Executioner, Praise Be 05. My Name in Blood Across the Sky 06. Indoctrine 07. Year Zero 08. The Martyrs Brigade

 

Whitechapel – A New Era Of Corruption

White12072010p

Déjà 3 albums au compteur pour Whitechapel, un des fers de lance de cette scène Deathcore qui ravit les fans de brutalité moins regardants et fait grincer les dents des puristes (qui a dit « vieux cons » ?) qui n’apprécient guère cette intrusion de hardcore dans « leur » Death Metal. Bon, je préfère ne pas cacher mon point de vue avant même de rentrer dans le vif du sujet : le Deathcore ne m’a jamais vraiment passionné. Au « mieux », on dira que le Deathcore me laisse neutre comme un Suisse. Cependant, je tâcherai de rester le plus objectif possible.

Avant même de véritablement s’intéresser au travail de composition de ces jeunes brutes, on est immédiatement frappé par cette production : précise, claire tout en étant lourde, énorme, presque clinquante. Certes, ce type de production est fréquent pour ce genre mais, pour un habitué (comme moi) de la prod’ old school « enregistrement en une prise dans la crypte d’une église », une telle netteté fait toujours son petit effet. Un peu trop propret, peut-être, mais rudement efficace… à moins que cette qualité d’enregistrement ne serve à dissimuler la vacuité de la musique proposée ?

C’est peut-être justement là que le bât blesse quelque peu. Sans pour autant tomber dans le pilotage automatique ou l’auto-parodie, Whitechapel se contente de nous servir 11 morceaux de Deathcore qui usent et abusent des clichés du genre : un bon beugleur au ton bien guttural (accompagné, sur un titre, par les hurlements déchirants de Chino Moreno), du riff trois tonnes à la pelle, quelques mosh parts brise-nuques… Vous l’aurez deviné, Whitechapel n’a pas franchement opté pour l’originalité. Cependant, ce défaut est compensé par l’efficacité du combo : il a beau ne pas être original, il parvient tout de même à pondre quelques morceaux taillés pour le live et qui devraient faire des ravages lors des prochains concerts du groupe.

A New Era Of Corruption, comme ses prédécesseurs, rebutera les puristes / intégristes du Death Metal et devrait ravir les fans du genre ou les auditeurs en manque d’albums bourrins à écouter en mettant le cerveau en roue libre. Personnellement, je suis quelque peu coincé entre ces deux points de vue, mais je pencherais tout de même pour une note plutôt positive pour cet album qui, sans m’avoir retourné, a eu le mérite d’attirer mon attention et m’a incité à revoir, en partie, mon jugement sur le Deathcore.

Mister Patate (07/10)

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Metal Blade Records / 2010

Tracklist (41:39) 01. Devolver 02. Breeding Violence 03. The Darkest Day Of Man 04. Reprogrammed To Hate (feat. Chino Moreno) 05. End Of Flesh 06. Unnerving 07. A Future Corrupt 08. Prayer Of Mockery 09. Murder Sermon 10. Nercomechanical 11. Single File To Dehumanization