Après avoir assisté, au fil des mois, à une succession de come-backs impressionnante, j’en étais arrivé à un stade où plus rien ne m’étonnait : « Un nouvel album d’Immortal ? Normal, ca fait deux ans qu’ils sont remontés sur scène, il faut bien des nouvelles compos. Beherit se remet au Black Metal ? Ca devait arriver, mine de rien. Kiss nous sort Sonic Boom, 18 ans après son dernier album ? Pas de raison de s’affoler, un petit coup de pompe à fric dans les poches des fans pour s’assurer une retraite heureuse en Floride… ». Le verdict venait de tomber, grave et fatidique : Patate était devenu un vieux con blasé.
La surprise fut dès lors d’autant plus grande lorsqu’une rumeur insistante parvint à mes oreilles il y a quelque temps : Burton C. Bell et Dino Cazares auraient enterré la hache de guerre et seraient en train de monter un projet ensemble. Ma curiosité était piquée au vif, et les informations glanées au fur et à mesure ne firent que l’aiguiser : ce projet ne serait qu’une nouvelle mouture de Fear Factory, avec Burton au chant, Dino à la gratte et Byron Stroud (SYL) à la basse. Enfin, pour ce pilier de la scène Metal Industriel tendance « industrie lourde », il fallait une machine, un monstre de la batterie capable de rivaliser avec tout marteau-piqueur pour imprimer un rythme pesant et implacable, « The Atomic Clock », Gene Hoglan. La moitié du line-up de SYL qui s’accouple avec la moitié de celui de Fear Factory ? Le rêve mouillé de tous les fans du genre vient de se réaliser, et la surprise est de taille !
Il y a quatre ans, lorsque j’avais chroniqué Transgression, dernier album en date, j’étais déçu, à tel point que j’avais abandonné tout espoir de voir Fear Factory nous proposer à nouveau un album ne fût-ce que correct, et je restais donc relativement sceptique avant l’écoute de ce Mechanize. Aussi ai-je dû rapidement reconnaître, après quelques écoutes, que Fear Factory est bel et bien de retour.
Certes, Fear Factory n’est peut-être pas encore parvenu à revenir à son niveau d’antan, lorsque chaque album faisait l’effet d’une bombe H et non d’un pétard mouillé (Transgression et sa reprise de U2), mais le groupe est tout de même revenu sur le droit chemin. Gros riffs saccadés estampillés Dino Cazares, une section rythmique impitoyable et écrasante (pas étonnant, la section rythmique de SYL n’est pas réputée pour sa finesse) et Burton, qui nous livre une très bonne prestation au chant et propose un registre aussi varié que maîtrisé : Fear Factory vient d’éviter l’écueil du come-back moisi…
Mais cet album de Fear Factory est-il pour autant indispensable ? Soyons honnêtes : malgré ses nombreuses qualités, Mechanize n’est pas tout à fait en mesure de rivaliser avec les albums de l’« âge d’or » du groupe. Cependant, il serait dommage de bouder son plaisir : sans être énormissime, Mechanize reste malgré tout un très bon album, permettant ainsi à Fear Factory de rejoindre le club des « happy few » étant parvenus à revenir sur le devant de la scène avec un album correct.
Mister Patate (07/10)
AFM – Candlelight Records / 2010
Tracklist (44:43) : 1. Mechanize 2. Industrial Discipline 3. Fear Campaign 4. Powershifter 5. Christploitation 6. Oxidizer 7. Controlled Demolition 8. Designing the Enemy 9. Metallic Division 10. Final Exit
Peu de groupes peuvent se targuer d’avoir pu, en 15 ans de carrière, afficher une telle détermination et une telle constance que Dark Funeral. Dès leur premier ep, sorti en 1994 (excellent cru pour le Black Metal, d’ailleurs), les Suédois avaient frappé fort, et les années qui se sont succédé n’ont aucunement entamé l’énergie de leur Black Metal brutal à souhait. Pour fêter cet anniversaire, Dark Funeral a mis les petits plats dans les grands et nous propose un nouveau brûlot anti-chrétien, Angelus Exuro Pro Eternus.
SLAYER, bien plus qu’un simple nom sur l’interminable liste des groupes ayant marqué l’histoire du Metal avec un grand M, un des piliers du genre, indétrônable et immuable. Les années ont beau passer, elles semblent n’avoir aucune emprise sur le groupe. Au contraire, il semble même que, depuis 2001 et la sortie de God Hates Us All, Slayer bonifie tel un bon vin, après une période que d’aucuns qualifieront de traversée du désert, avec des albums qui ne firent pas l’unanimité, loin de là. 28 ans de carrière, déjà, et le voici, ce dixième album appelé à succéder à Christ Illusion…