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Betraying_the_Martyrs-thehurtCher petit Jésus,

Je prends ma plus belle plume pour te faire part de mon plus profond désarroi. En effet, j’ai pu découvrir récemment que certains groupes de mon style musical préféré, le Metal, composaient des œuvres à ta gloire. « Ca change de Satan, des corps éventrés et des demoiselles de petite vertu », me diras-tu, et tu as bien raison, un peu de renouveau (charismatique ou non) ne peut pas faire de mal, et il faut dire aussi que depuis Stryper, ils ne se bousculaient pas au portillon, les groupes exposant clairement leur foi (à part Devourment, mais eux, ils étaient plutôt du genre à exp(l)oser le foie d’autrui… fâcheux malentendu, n’est-il pas ?). Et, pour couronner le tout, voilà qu’ils lancent un genre rien que pour toi, le Christiancore (Christian se rapportant bien sûr à chrétien, et pas à Christian Morin… Quoique, du metal et de la clarinette, faudrait creuser l’idée… mais je m’égare, tel la brebis).

Mais hélas, le ramage n’est pas à la hauteur du message, ces petits étant tombés dans les travers du deathcore à mèches, avec clavier (bon, à la limite, ça permet de faire un petit parallèle avec les orgues des églises), chant clair et t-shirts bariolés. Franchement, petit Jésus, comment peux-tu tolérer cela ? Pourquoi du deathcore ? Pourquoi pas du brutal death ? Tu aurais pu insuffler la foi chez des Américains (ils sont très forts, côté foi, les Ricains, surtout dans le Sud) ou des Brésiliens (pas plus chrétiens qu’eux, les jongleurs de ballons de futebol), et on aurait eu droit, en guise de vecteur de ta bonne parole, un Cannibal Christ, ou un Christiun. Avoue que ça aurait eu plus de dégaine, non ? Et pour filer les miquettes aux païens, je peux te dire que ça aurait fait plus d’effet, parce que là, les païens, à part un claquage des zygomatiques et mal aux abdos, ils risquent pas vraiment de sentir le courroux divin en écoutant et en voyant ces petits djeuns à l’œuvre ! Y’a pas à dire, dans le temps, quand Dieu voulait faire passer un message clair, il y allait franco, demande aux gens de Sodome, ils s’en souviennent encore !

Je sais, pour « recruter » ou convertir, il vaut mieux que le message passe chez les plus jeunes, que ça les touche dès qu’ils ont quinze ans et découvrent le metal avec ce qui se fait de plus tendance, et je sais que ce mode d'évangélisation est préférable à celui de ces regroupements de personnes qui s'opposent aux grands messes du Metal (telles que le Hellfest), de ces abrutis qui, sous le prétexte de te défendre face à ces vilains metalleux, étalent au grand jour leur extrémisme moyenâgeux… Mais si c’est pour se retrouver avec des églises pleines de crevettes en pantalon slim, tatouages multicolor et des trous dans les oreilles, non merci (même si, d'un point de vue personnel, je préfèrerais encore cela à ces vieilles grenouilles de bénitier qui marmonnent leur Notre Père entre leurs dents et mettent 5 cents sur le plateau à l'offrande) ! Sérieusement, petit Jésus, écoute leurs morceaux, et toi aussi, tu auras presque envie de leur en coller une (et même une deuxième, vu qu’ils tendront certainement l’autre joue)… 

Ou peut-être est-ce une épreuve, pour m’apprendre la tolérance… Cette épreuve est ardue, je ne sais pas à quel saint me vouer… Peut-être devrais-je directement me tourner vers Sainte-Rita, patronne des causes désespérées, parce que pour que je me mette à apprécier ce « genre », elle va certainement avoir du boulot !

Mister Patate (03/10)

myspace.com/betrayingthemartyrs

Autoproduction / 2009

Tracklist : 1. Out of Egypt 2. The Covenant 3. The Righteous with the Wicked 4. The Hurt, the Divine, the Light 5. Being Your Servant

 

Bakteria-2009Tiens, tiens, tiens, assisterait-on ici au premier véritable faux-pas de Nuclear Blast ? Peut-être un peu trop tôt pour en juger, mais la sortie de cet album de Bakteria sur Anstalt Records, une division de Nuclear Blast créée récemment et ne proposant que les albums les plus fous et extrêmes, en surprendra plus d’un ! Même si cette initiative peut sembler louable (Nuclear Blast offrant ainsi la possibilité à de petits groupes de percer plus facilement), on est en droit de se demander s’il n’aurait pas été plus opportun de mieux choisir les premiers groupes signés par le label. 

Examinons donc le cas Bakteria, groupe mexicain auréolé d’une réputation sulfureuse à la Brujeria (le chanteur aurait tué un fan du groupe à la fin d’un des concerts, et le groupe serait dès lors interdit de tournée en Allemagne et au Canada) et nous proposant une belle tranche de Filth Metal. « Du quoi ? », me direz-vous certainement… Eh bien, le Filth Metal est, d’après leurs dires, un savant mélange de punk, de grind et de crust, ce qui, sur le papier, pourrait sembler prometteur, du moins s’ils parviennent à combiner l’énergie du punk à la violence du grind.

Mais en réalité, il faut prendre le terme Filth Metal au premier degré. Le Filth Metal, c’est de la merde, une batterie poussive, des riffs qui feraient passer le dernier Darkthrone pour une œuvre composée par Joe Satriani et un chanteur qui aligne des textes débiles sur un ton qui se veut agressif… mais qui s’avère ridicule au final.

Ce groupe mérite-t-il d’être épaulé par un label, à plus forte raison par une écurie aussi solide que Nuclear Blast (même si, sur le papier, le groupe est signé chez Anstalt Records) ? Non, certainement pas, surtout lorsque l’on fouille un peu sur le net et que l’on découvre de nombreux petits groupes qui proposent des compos autrement plus travaillées sur Myspace et se démènent en vain pour trouver un label. On pourrait même crier à l’injustice, tant l’intérêt de ce Defecate ! Suffocate ! Mutilate ! Masturbate ! est nul… J’ai beau multiplier les écoutes et faire preuve d’une ouverture d’esprit aussi large qu’un rectum d’éléphant, je n’arrive pas à trouver la moindre qualité à cet album, et je ne comprends toujours pas comment Nuclear Blast a pu se dire, à un moment ou à un autre : « Tiens, et si on donnait leur chance à ces petits Mexicains ? ». L’industrie du disque est en chute libre ? Pas étonnant lorsque l’on sort des merdes pareilles !

Mister Patate (00/10)

 

My Space des affreux

Anstalt Records / 2009

Tracklist : 1. Platypus Bestiality 2. Sea Corpse 3. Shit Vomit Enema Orgy 4. Shit In The Pussy 5. Feed Feces To The Foetus 6. Colostomy Hemorrhoids 7. Kill, Fuck 8. Crib Death 9. Castrate With A Rusty Skate 10. Sloppy Fifths in a Pus Filled Twat 11. Feed the Starving with the Rich Man's Vomit 12. Defecate! Suffocate! Mutilate! Masturbate! 13. Hospital Fuck-Fest 14. Chromosomes In The Toilet 15. Shit On My Pubes

 

Venomous_The_Demondome_SymphonyIl y a trois ans, déjà, alors que j’avais reçu coup sur coup les albums d’Hysteria et d’Amethyste, j’avais fait ce constat flagrant : la scène brutale française n’a rien à envier à d’autres scènes qui bénéficient d’une couverture médiatique et d’une renommées plus importantes. Trois ans ont passé, Benighted a entre-temps sorti Icon, un album dévastateur au possible, Purgorified a également fait ses premiers pas, et voici que Deviant Surgeons nous balance dans les dents un premier album foutrement efficace.

« Deviant Surgeons ? Inconnus au bataillon ! », me direz-vous peut-être, et pourtant, ce groupe composé de membres ayant officié notamment chez Bliss of Flesh ou chez Amethyste a (presque) toutes les raisons de vous plaire. Pourquoi cet enthousiasme de ma part ? Pourquoi, malgré tout, cette petite réserve ? Attendez, vous allez vite comprendre.

Commençons par les points forts de l’album. Dès Introspection, l’auditeur sait que les Deviant Surgeons ont mis le paquet pour nous proposer un premier album convaincant : ce mariage du metal et de la musique symphonique, comme l’a déjà fait notamment Darkane par le passé, amène l’auditeur tout doucement vers le premier véritable morceau de l’album, Venomous Blasphemy… et nos chirurgiens n’y vont pas par quatre chemins. Lourd, puissant, dévastateur, le death brutal des Deviant Surgeons n’est pas sans rappeler celui d’un Immolation. Mais ce premier morceau n’est qu’une mise en bouche avant la suite. Au fil des morceaux, nos amis boulonnais nous proposent une véritable leçon de death brutal, où le mid tempo côtoie les blasts implacables. Tout cela sent bon le premier effort réussi sur toute la ligne, le meilleur départ qu’un groupe pouvait espérer…

C’était trop beau pour être vrai… Après plusieurs écoutes, force est en effet de constater que le tableau n’est pas aussi rose et que quelques petits points négatifs viennent ternir mon enthousiasme initial. Tout d’abord, le groupe semble peiner à s’affranchir de ses influences et reste ainsi dans l’ombre des groupes dont il s’inspire. Cependant, étant donné que le tout est exécuté de main de maître, il serait malvenu de faire la fine bouche. Non, le problème est ailleurs…

En effet, qui dit « premier album » dit rarement « production parfaite », et celle de Venomous – The Demondome Symphony pose problème. Sans être pour autant mauvaise, la prod’ est quelque peu terne, plate et ne rend pas justice aux compositions, qui perdent ainsi en puissance, notamment au niveau du chant et de la batterie. Dommage, d’autant plus que je suis persuadé que ce même album, avec une bonne production, aurait certainement fait des ravages…

Il convient donc de se poser la question fatidique : les points forts de l’album sont-ils suffisamment bons pour faire oublier ces points faibles ? La réponse est indéniablement oui, les Deviant Surgeons sont assurément promis à un bel avenir… Retenez bien ce nom, je suis persuadé qu’on entendra à nouveau parler d’eux d’ici peu !

Mister patate (08/10)

myspace.com/deviantsurgeons

Autoproduction / 2009
Tracklist (:)
1. Introspection 2. Venomous Blasphemy 3. The Guinea Pig Limits 4. Our Perception of Perfection in Perversion 5. Thirteen Days, Infected Blood 6. Complete Vengeance 7. Before They Eat 8. Perverse Is My (He)Art 9. Personihility : Destroy We Must