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lg_wbtbwb_cd2008Une des questions fréquemment soulevées par notre Web’Hamster au sein de la rédac est la suivante :
« cet album vaut-il plus que le silence ? ».

En effet, au fil des ans, nous avons vu défiler dans notre  boîte notre lot d’albums plus ou moins folkloriques (dans le mauvais sens du terme), et il était parfois sacrément ardu de pondre une chronique, même après d’innombrables écoutes, à tel point que l’on finit par se dire qu’il ne sert à rien de défendre une telle « œuvre ».

Dans le cas de We Butter The Bread With Butter, la situation est assez épineuse, non seulement d’un point de vue musical, mais aussi culturel. Ce duo allemand, dont le Myspace officiel fait partie des Myspace les plus populaires, a rapidement réussi à se forger une solide réputation avec un album pour le moins particulier. 

Imaginez des comptines allemandes (bon, déjà, ca pourrait suffire pour coller des cauchemars aux plus sensibles d’entre vous), versez une grosse, non, que dis-je, une énorme louche de Deathcore sous stéroïdes, avec ses qualités et ses défauts inhérents, rajoutez-y des bidouillages électroniques plutôt bordéliques et vous avez Das Monster aus dem Schrank, le premier album de ces joyeux lurons d’outre-Rhin. Ca grouike et ca shrieke dans tous les sens, les gros riffs semblent tout droit tirés d’un énième album de Deathcore ricains-à-mèches-et-tatouages-colorés, et il est parfois difficile de suivre le groupe dans ses expérimentations. 

Alors, cet album, joyeusement foutraque ou terriblement indigeste ? Tout dépendra de votre point de vue de départ (même si ce groupe, dans un certain sens, semble plutôt destiné à un public germanophone, qui a grandi avec les comptines reprises, triturées et digérées par WBTBWB). Si vous avez l’esprit ouvert et que les expérimentations musicales ne vous font pas peur, n’hésitez pas, vous risquez d’être emporté dans un tourbillon supersonique déroutant. Vous n’aimez ni le Deathcore ni les comptines allemandes ? Passez votre chemin, c’est préférable. Vous êtes curieux, ou vous avez envie de vous fendre la poire avec un délire musico-maniaque ? Laissez une chance à ces petits Allemands, vous verrez qu’on est bien éloigné de cette image de l’Allemand sérieux et carré… Personnellement, j’ai choisi mon camp (mes origines m’ayant certainement un peu aidé)…

Mister Patate (07/10)

 

MySpace Officiel: www.myspace.com/wbtbwb

Redfield Records – 2008

Tracklist  (40:26) : 1.  Intro  2. Schlaf Kindlein schlaf  3. Willst Du mir mir gehn 4. Das Monster aus dem Schrank 5. Breekachu 6. Hänschen Klein 7. Terminator und Popeye 8. Backe backe Kuchen 9. World of Warcraft 10. Fuchs Du hast die Gans gestohlen 11. Alle meine Entchen 12. I Shot The Sheriff 13. Hänsel und Gretel 14. Der Kuckuck und der Esel 15. Extrem 16. Alle meine Entchen (Orchester Version) 17. Schlaf Kindlein schlaf (Electro Version) 18. See You Lätta Brotenkopf

 

The Black Dahlia Murder – Deflorate

tbdm_deflorateDeux ans après Nocturnal, leur dernier album en date, The Black Dahlia Murder revient avec un quatrième opus, Deflorate. Malgré cette étiquette Metalcore qui leur a été collée au début de leur carrière, force est de constater que l’on est bien loin de la soupe habituelle que nous servent la plupart des groupes de Metalcore actuels. L’album démarre fort, sur un "Black Valor" efficace sans pour autant tomber dans la facilité. Non contents de démarrer sur les chapeaux de roues, ils agrémentent ce morceau d’un jeu de guitares bluffant, tant au niveau des riffs que du solo. Necropolis enchaîne immédiatement sur un rythme un peu plus mesuré (et avec un riff d’ouverture qui semble tout droit sorti d’Anticosmic Overload d’Obscura), mais c’est pour mieux varier le tempo, enchaînant accélérations et ralentissements avec aisance.

De l’aisance : voilà l’impression que donne The Black Dahlia Murder tout au long de l’album, comme s’ils enchaînaient naturellement les morceaux et que chaque membre du groupe parvenait à s’adapter parfaitement au jeu de ses acolytes : il suffit, par exemple, de jeter une oreille sur I Will Return, dernier morceau de Deflorate, pour comprendre à quel point les différents instruments semblent en osmose parfaite. Au niveau du chant, Trevor propose, une nouvelle fois, une prestation réussie, passant naturellement du growl au cri déchiré (à tel point que l’on a parfois l’impression que ce sont deux chanteurs qui officient, et non un seul). Vous pensez que The Black Dahlia Murder n’est qu’un énième groupe de Metalcore, comme vous en avez déjà entendus par dizaines ? Il est grand temps de revoir votre jugement, tant ce groupe est parvenu à intégrer les bons côtés de plusieurs genres pour nous proposer un album sacrément efficace.

Mister Patate (08/10) 

Myspace officiel : www.myspace.com/blackdahliamurder

Metal Blade Records / 2009

Tracklist (33:58)
01. Black Valor 02. Necropolis 03. A Selection Unnatural 04. Denounced, Disgraced 05. Christ Deformed 06. Death Panorama 07. Throne of Lunacy 08. Eyes of Thousand 09. That Which Erodes The Most Tender 10. I Will Return

 

Hackneyed – Burn After Reaping

Hackneyed09Faisant partie des vieux cons aigris avant l’heure, il n’est pas rare de m’entendre grommeler à qui veut l’entendre que la scène metal actuelle est dans un bien piteux état et que la relève tarde à pointer le bout de son nez. Ces foutus jeunes sont juste bons à mettre du « -core » dans tous leurs morceaux, à se tartiner une tonne de gel sur les cheveux pour avoir la coiffure de l’été et à sautiller comme des glandus en faisant leur numéro de tough guy pour minettes prépubères qui mouillent leur culotte devant une photo du minet efféminé qui sert de frontman à Tok’chiottes Hotel. Foutue époque pourrie jusqu’à la moelle, dirait mon confrère Vlad, et il n’a pas tort… 
 
Cependant, cette situation est peut-être en passe de changer, et le groupe qui pourrait prendre la relève vient également d’Outre-Rhin. À l’instar de Tokio Hotel, les membres sont très jeunes (moyenne d’âge de 16 à 17 ans), allemands et ont tapé dans l’œil d’un gros label, en l’occurrence, Nuclear Blast. Et si Nuclear Blast a daigné prêter une oreille attentive à ce groupe, cela ne doit pas être un hasard. Le plus simple, pour vérifier cela, est de se coller Burn After Reaping dans les esgourdes.
 
Et là, on sent qu’Hackneyed n’est pas juste un énième groupe de petits jeunes aux dents longues qui tombera dans l’oubli après un ou deux albums. On sent que ces gamins ont les bonnes bases, qu’ils ont biberonnés du death et que, non contents de s’en inspirer, ils se sont mis à en faire. La maîtrise est là, le groupe fait preuve d’une sacrée maturité et signe là un deuxième album plus qu’enthousiasmant, même s’il est loin d’être parfait. Parfois un peu brouillon, parfois un peu approximatif, Hackneyed semble davantage se laisser guider par son enthousiasme, quitte à perdre en efficacité. La voix, quant à elle, est légèrement en retrait, il lui manque ce petit quelque chose qui insuffle de la rage dans le chant. Ces défauts, Hackneyed peut les surmonter et gravir les échelons un à un…
 
Mais…
 
Bien sûr, cela aurait été trop beau, l’avènement d’un nouveau groupe-phare auquel rien ni personne ne résisterait… Cependant, il faut reconnaître que le succès de cet album est aussi dû, en grande partie, à leur label (ce qui leur permet d’obtenir une couverture médiatique bien plus large que s’il avait été signé par un label moyen) et à l’âge des musiciens. Je suis d’ailleurs persuadé que cet album n’aurait pas le même retentissement si on nous disait que les gars qui l’ont composé ont tous 25-26 ans. Les quelques défauts de cet album (car oui, cette galette n’est pas parfaite non plus, loin de là) sont atténués, voire presque gommés par leur jeunesse, et on aurait vite tendance à se dire : « Ils sont jeunes, ils doivent encore apprendre et progresser… ». 
 
Voilà justement le point sur lequel les petits gars d’Hackneyed doivent travailler d’arrache-pied s’ils veulent un jour pouvoir prétendre au statut de groupe majeur. C’est bien beau, de sortir coup sur coup deux albums qui valent le détour et de devenir une des nouvelles coqueluches d’un grand label, mais il faut pouvoir bâtir sur cette notoriété, continuer à mûrir, à évoluer, au risque de finir aux oubliettes, auprès de dizaines de groupes qui étaient également promis à un avenir radieux et qui se sont avérés de simples feux de paille… 
 
Mister Patate (07/10)

www.hackneyed.de

www.facebook.com/hackneyed

Nuclear Blast / 2009

Tracklist : (55:53) 01. Burn… 02. Finger On The Trigger 03. Deatholution 04. Weed Flavoured Meat 05. March Of The Worms 06. Bloodshed 07. Redying 08. Kingdom of Thoughts 09. Home Meat Home 10. Putrid 11. Last Man On Earth 12. …After Reaping