Author Archive

1349 – Revelations of the Black Flame

Candle261CD_Booklet.qxdUn des rares reproches que nous adressons habituellement à certains groupes talentueux est leur frilosité, leur propension à éviter toute innovation, au risque de perdre les faveurs d’un public exigeant. À une époque où les ventes d’albums sont en recul, un groupe qui dispose d’une recette gagnante fera en effet tout pour éviter de devoir tuer la poule aux œufs d’or et ainsi continuer de jouir de son succès… Dans un tel contexte, Revelations of the Black Flame, nouvel album de 1349, fait l’effet d’un coup de tonnerre et nous prend tout à fait au dépourvu. En effet, il ne reste (presque) plus rien de ce qui avait fait le succès de Hellfire. Évanouis les riffs démoniaques, disparus les blasts frénétiques : 1349 nous prend à contrepied, en nous proposant un album tout en ambiances sombres et mid-tempos soignés. Les premières écoutes pourraient s’avérer laborieuses. Elles le furent pour moi, en tout cas.

Mais la déception initiale (qui pourrait tout de même être justifiée) laisse place, dans un premier temps, à un intérêt croissant, pour ensuite susciter un véritable envoûtement. En effet, malgré l’absence de cette violence palpable qui caractérisait les albums précédents, Revelations of the Black Flame parvient à susciter un certain malaise, grâce à ses ambiances sombres et menaçantes et ses intermèdes plus calmes. La production, quant à elle, est plus brouillonne et sourde que sur Hellfire, ajoutant encore une impression de saleté et de noirceur à l’ensemble. Avec Hellfire, 1349 signait un album certes réussi et radical, mais somme toute convenu. Exception faite de « Maggot Fetus – Teeth like Thorns », qui est plus proche de ce que nous proposait 1349 par le passé, Revelations of the Black Flame marque une rupture sensible avec le passé et propulse le groupe à un niveau supérieur. Rares sont les groupes qui osent prendre l’auditeur à contrepied de manière si radicale et à se remettre en question, quitte à perdre ses fans. Une telle initiative ne peut être que saluée avec respect !

Mister Patate (08/10)

 

Site Officiel

Myspace Officiel

Candlelight Records / 2009

Tracklist (44:53) : 1. Invocation 2. Serpentine Sibilance 3. Horns 4. Maggot Fetus…Teeth Like Thorns 5. Misanthropy 6. Uncreation 7. Set the Controls for the Heart of the Sun 8. Solitude 9. At the Gate…

 

anaal2009Les années passent et ne semblent pas avoir la moindre emprise sur Anaal Nathrakh. Bien au contraire, plus le temps passe et plus Mick et Dave semblent en mesure de repousser encore et encore leurs limites. Eschaton avait déjà marqué une évolution claire du groupe, et Hell is Empty, and All the Devils are Here, non content d’enfoncer le clou, avait permis au groupe d’atteindre un nouveau palier et de dévoiler tout son potentiel destructeur. La tâche s’annonçait donc délicate : faire au moins aussi bien que sur le précédent album, voire même mieux ou plus violent… Mais, dès les premiers instants d’In the Constellation of the Black Widow, tout devient clair : rires déments, rythmiques lourdes, grognements, et puis Dave qui murmure In the Constellation… juste avant qu’un véritable enfer sonore se déchaîne, prenant à la gorge l’auditeur. Le chant est criard, le blast effréné, Anaal Nathrakh joue encore plus vite, encore plus fort, de manière encore plus incisive que sur Hell is Empty, à tel point que le terme « extrême » prend ici tout son sens.

In the Constellation of the Black Widow prend aux tripes de manière impitoyable, sans aucune finesse, ni aucune pitié. Anaal Nathrakh repousse une fois de plus les limites de son black-grind, flirtant même parfois avec le goregrind (sur certaines lignes de chant sur The Unbearable Filth of the Soul, notamment). Même les morceaux plus lents (comme The Unbearable Filth of the Soul, justement) entretiennent une atmosphère ultra-violente et malsaine. Anaal Nathrakh ne laisse absolument aucun répit à l’auditeur et s’écoute (« se subit » serait peut-être plus indiqué) d’une traite. Certains regretteront peut-être cette fuite en avant, cette volonté d’aller encore plus loin dans la violence, au risque de tomber dans l’excès… Mais In the Constellation of the Black Widow est, à mes yeux, une nouvelle réussite. Oui, ils pouvaient faire encore plus vite, encore plus fort, encore plus haineux que Hell is Empty, et oui, le résultat est non seulement largement à la hauteur de mes attentes, mais aussi foutrement jubilatoire. In the Constellation of the Black Widow est un exutoire, la bande originale d’un monde courant à sa perte avec un sourire de dément sur le visage… et on en redemande, encore et encore !

Mister Patate (08.5/10)

Myspace Officiel : http://www.myspace.com/anaalnathrakh 

Candlelight Records / 2009

Tracklist (32:40) 
1. In the Constellation of the Black Widow 2. I am the Wrath of Gods and the Desolation of the Earth Music 3. More of Fire Than Blood 4. The Unbearable Filth of the Soul 5. Terror in the Mind of God 6. So Be It 7. The Lucifer Effect 8. Oil Upon the Sores of Lepers 9. Satanarchist 10. Blood Eagles Carved on the Backs of Innocents

 

Agoraphobic Nosebleed – Agorapocalypse

Agoraphobic_Nosebleed-2009Coutumier des splits avec d’autres groupes aussi barrés (Kill the Client, Insect Warfare, Total Fucking Destruction) et des 7’’ Ep, Agoraphobic Nosebleed nous propose cette fois un album à part entière, le deuxième en 14 ans d’existence… et la seule vue de la tracklist n’était pas du genre à me rassurer. En effet, nous sommes loin des tracklists à rallonge du mini-album Altered States of America (qui comptait pas moins de 100 morceaux). Cette fois, il faudra se contenter de 13 morceaux, ni plus, ni moins.

Certains crieront au scandale devant une tracklist si courte et indigne d’une galette de grind, mais ce nombre limité de pistes n’enlèvent en rien la qualité de l’album. Autre nouveauté, au niveau des chanteurs, avec l’arrivée de Kat, frontwoman de Salome. L’arrivée d’une femme au sein d’Agoraphobic Nosebleed fera peut-être sourire certains des fans mais, dès les premières vocalises, il faut reconnaître que ce petit bout de femme, avec son timbre plus éraillé, n’a rien à envier aux deux autres frontmen (il suffit d’ailleurs de l’entendre hurler sur « Trauma Queen » ou sur « White on White Crime » pour se faire une petite idée de ses capacités vocales). Les compos, quant à elles, se font désormais plus longues (forcément, étant donné que leur nombre a diminué), mais elles gagnent en efficacité.

En outre, Agoraphobic Nosebleed évolue, en proposant notamment des passages plus « lents » qui permettent de reprendre ses esprits avant la déferlante suivante… Évoluant sans cesse, Scott Hull et ses amis signent là un album particulièrement jouissif et efficace. De plus, les fans seront servis, car le groupe a déjà annoncé la sortie, au cours de cette année, d’une nouvelle série de splits avec notamment Despise You, ANS, Agents of Satan et Thrones… 2009 sera grind-iloquente ou ne sera pas !

Mister Patate (08/10)

Myspace Officiel :  www.myspace.com/agoraphobicnb

Relapse Records / 2009

Tracklist
1. Agorapocalypse Now 2. Timelord One (Loneliness of the Long Distance Drug Runner) 3. Dick to Mouth Resuscitation 4. Moral Distortion 5. Hung from the Rising Sun 6. First National Stem Cell and Clone 7. Question of Integrity 8. Timelord Two (Paradoxical Reaction) 9. Trauma Queen 10. White on White Crime 11. Druggernaught Jug Fuck 12. Ex-Cop