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Marduk – Nightwing

2342Depuis l’arrivée de Mortuus au chant, certains redécouvrent Marduk et chantent les louanges de ce groupe, n’hésitant pas à dénigrer les albums sortis à l’époque où Legion était encore le frontman du groupe. Et pourtant… La récente réédition des anciens albums de Marduk permet de redécouvrir quelques perles incontournables…

Initialement intitulé « Blood of the Saints », Nightwing constitue le premier volet d’une ambitieuse trilogie basée sur trois thèmes : le sang, la guerre et la mort. En effet, selon Legion, ces trois thèmes résumaient l’essence même du Black Metal. Après un Heaven Shall Burn… When We Are Gathered particulièrement réussi, Marduk plaçait la barre très haut, au risque de se retrouver face à un défi insurmontable : faire aussi bien, voire mieux que sur l’album précédent… Ce défi, Marduk l’a relevé de main de maître, en nous proposant un album en deux volets radicalement différents.

Débutant de façon inquiétante sur fond de grésillements, le « Dictionnaire Infernal » renferme quelques-uns des morceaux les plus percutants jamais composés par Marduk à l’époque : "Bloodtide (XXX)", "Of Hell’s Fire" et "Slay The Nazarene". Ajoutons à ces morceaux un titre éponyme dans la plus pure veine de Heaven Shall Burn… et nous obtenons ainsi une première partie dense, brutale, impitoyable. Marduk a repris les ingrédients de la réussite de son album précédent, les a remaniés et réajustés avec maturité pour obtenir un résultat colossal… Mais le meilleur reste à venir…

En effet, « The Warlord of Wallachia », second volet de l’album, est un contrepied presque total par rapport aux premiers morceaux. Marduk se fait ici plus lent, les compositions gagnent en puissance et en lourdeur par une approche mid-tempo et sombre à souhait. "Dreams of Blood and Iron", par exemple, constitue à lui seul un exemple parfait de cette approche : riffs lents, batterie martelée avec violence et la voix de Legion, écorchée à souhait et répandant sa haine et sa rancœur sans relâche. Plus qu’un simple album, ce deuxième volet se rapproche presque d’un cours d’histoire à la sauce démoniaque, nous narrant les exploits et méfaits de Vlad III, mieux connu sous le nom de l’Empaleur. Au niveau des textes, Marduk s’est réellement surpassé, parvenant ainsi à retranscrire l’Histoire en une œuvre noire et haineuse.

Malgré la réputation sulfureuse nimbant son successeur, Nightwing constitue sans nul doute l’album le plus abouti et le plus réussi de cette trilogie. La réédition, quant à elle, est agrémentée d’un DVD comprenant un concert entier filmé à l’époque de la sortie de l’album. Certes, la qualité de cet enregistrement est loin d’être parfaite, mais ce concert constitue tout de même un bonus non négligeable. À (re)découvrir absolument !

Mister Patate (09/10)

Site Officiel
Myspace Officiel 

Osmose Productions / 1998
Tracklist (xx:xx) 1. Preludium 2. Bloodtide (XXX) 3. Of Hells Fire 4. Slay the Nazarene 5. Nightwing 6. Dreams of Blood and Iron 7. Dracole Wayda 8. Kaziklu Bey – The Lord Impaler 9. Deme Quaden Thyrane 10. Anno Domini 1476

Marduk – La Grande Danse Macabre

26646Deux ans, jour pour jour, après la sortie du deuxième volet de sa trilogie, Marduk revient clôturer ce cycle avec La Grande Danse Macabre, une ode à la Mort. Après un premier volet tout en nuances et en structures complexes et un deuxième opus radicalement dévastateur, bien malin qui aurait pu prédire la voie qu’emprunterait le groupe pour refermer cette boucle…

Plutôt que d’opter pour une de ces deux formules, Marduk fait un choix à première vue judicieux, en combinant le « raffinement » de Nightwing et la rage de Panzer Division Marduk, tout en y ajoutant une production plus lisse, plus propre. Toutefois, cette solution, bien qu’elle semble la plus raisonnable, n’est certainement pas la meilleure.

En effet, la coexistence de ces deux genres donne un aspect décousu à un album où quelques brûlots dans la plus pure veine de Panzer Division, tels que « Azrael » ou « Jesus Christ… Sodomized » côtoient de longues plages mid-tempo inspirées par Nightwing (sans pour autant arriver à un niveau de qualité comparable à cet album), et ce sans pour autant que l’on puisse trouver une certaine cohérence à l’ensemble. Les morceaux véritablement inspirés sont rares, et il faut attendre la fin de l’album pour découvrir, à mes yeux, le morceau le plus atypique de Marduk, à savoir « Summers End », hymne à l’arrivée de l’automne, annonciateur d’une des étapes du cycle des saisons, à savoir la « mort » de la nature.

Avec cet album, Marduk conclut une trilogie lancée tambour battant sur un mode mineur, presque décevant. On sent un groupe moins inspiré, qui essaie tout de même de se renouveler et de sortir de son image de machine à blast véhiculée par ses méfaits antérieurs mais sans pour autant renouer avec la recette qui leur avait permis, avec Heaven Shall Burn… et Nightwing, d’atteindre des sommets…

Mister Patate (06/10)

Site Officiel
Myspace Officiel 

Blooddawn Productions / 2001
Tracklist (xx:xx) 1. Ars Moriendi 2. Azrael 3. Pompa Funebris 1600 4. Obedience Unto Death 5. Bonds Of Unholy Matrimony 6. La Grande Danse Macabre 7. Death Sex Ejaculation 8. Funeral Bitch 9. Summers End 10. Jesus Christ… Sodomized 11. Samhain*

Ektomorf – What Doesn’t Kill Me

L’industrie du disque s’essouffle, les ventes reculent inexorablement au profit du téléchargement illégal, et les artistes sont donc confrontés à un véritable dilemme : comment vendre leurs albums ? Certains optent pour l’originalité, l’innovation, le changement… D’autres, par contre, s’inspirent outrageusement de leurs pairs et reprennent presque intégralement les caractéristiques qui ont fait le succès de leurs « collègues ».

Prenez Ektomorf, par exemple, un véritable cas d’école, un exemple si frappant qu’il en frôle la correctionnelle. Chaque morceau semble tout droit sorti de chutes de studio de Soulfly : chant à la tessiture relativement proche de celle de Max Cavalera, mêmes riffs éculés déjà entendus des centaines de fois sur les albums de Soulfly, mêmes morceaux courts et percutants et, pour couronner le tout, l’indispensable petit intermède tribal (à la fin de Scream). Ajoutez un guest pseudo-rappeur sur Sick Of It All, mélangez le tout, et voici la version hongroise de Soulfly, le goût est presque identique, seule la sauce Brasil a été remplacée par une sauce goulash plus typique…

Certes, le niveau des compos étant assez proche de celui de Soulfly, cet album devrait ravir les fans du genre, mais il est tout de même difficile de ne pas ressentir une légère sensation d’agacement à l’écoute de cet album qui n’apporte strictement rien au genre : What Doesn’t Kill Me n’est ni plus ni moins qu’une copie-carbone de Soulfly, sans la moindre prise de risque ou la moindre innovation. Espérons que Zlotan et ses amis parviendront un jour à s’affranchir de ces influences pour enfin nous proposer un album au tempérament et au style propres…

Mister Patate (04/10)
 
Site Officiel : www.ektomorf.com

Myspace Officiel : www.myspace.com/ektomorf
 
AFM Records / 2009

Tracklist  (40:28) :
1. Rat War 2. Nothing Left 3. What Doesn't Kill Me… 4. Revenge To All 5. Love And Live 6. Can See You 7. I Got It All 8. New Life 9. Sick Of It All 10. It's Up To You 11. Envy 12. Scream 13. Breed The Fire