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Sepultura – A-Lex

Pour moi, Sepultura est mort en 1996, avec le départ de Max au sortir d’une tournée triomphale (dont le plus beau témoignage est le live Under a Pale Grey Sky, véritable hommage à un groupe mythique). L’arrivée de Derrick Green avait permis au groupe de vivoter, enchaînant plusieurs sorties plus ou moins intéressantes. Tout au plus restait-il Igor Cavalera derrière les fûts, mais après le départ de ce dernier (parti rejoindre son frangin pour former un nouveau combo) et le démenti d’une hypothétique réunion du groupe avec le line-up d’antan, je ne me faisais pas d’illusions : Sepultura est mort et enterré, et A-Lex, leur dernier album en date, ne risquait pas de troubler le sommeil éternel du groupe…

Et pourtant…

En effet, avec ce deuxième concept-album inspiré par le livre Orange Mécanique (pour rappel, le précédent traitait de l’Enfer de Dante), Sepultura semble paradoxalement reprendre du poil de la bête, comme si l’absence complète des frères Cavalera avait suscité un électrochoc, une prise de conscience qu’il était temps de regarder de l’avant.

A-Lex (nom inspiré par le personnage principal d’Orange Mécanique et signifiant également « sans loi ») nous propose un album aux multiples facettes, tour à tour rentre-dedans, lent, rapide, violent, posé et ambitieux (notamment dans la réinterprétation de la 9e Symphonie à la sauce Sepultura). L’ombre des grandes heures du groupe plane encore sur certaines compos (notamment les percussions tribales sur Filthy Rot), mais ces influences sont contrebalancées par de nouveaux éléments. Certains morceaux s’avèrent plus recherchés, plus aboutis, moins bruts, Derrick quitte même son habituel chant hardcore pour s’essayer au chant clair au début de Sadistic Values, et la combinaison riffs/batterie syncopée sur Filthy Rot évoque furieusement Meshuggah. Cependant, malgré ces nouveautés, Sepultura nous livre tout de même son album le plus « thrash » depuis bien longtemps, avec quelques morceaux courts et efficaces, aux riffs solides et aux soli courts mais efficaces. Je pensais m’être enfin réconcilié avec Sepultura, mais…

Car oui, il y a un mais, et de taille. Comme le chante Derrick Green sur le morceau Sadistic Values : « The Thrill is gone ». Et il ne croit pas si bien dire. Cet album a beau avoir des qualités indéniables, il manque à cet album un petit quelque chose indescriptible pour qu’il décolle…  Peut-être souffre-t-il tout simplement d’un héritage trop lourd pour ces épaules. Même s’il ne dénote absolument pas dans la discographie du groupe et fait même figure de lueur d’espoir après plusieurs années de vaches maigres, A-Lex risque bien fort d’en décevoir plus d’un fan à qui l’on avait de nouveau promis le retour en force de Sepultura…

N’espérez plus, ce Sepultura-là est bel et bien mort et enterré.

Mister Patate (07/10)

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SPV Records / 2009

Tracklist (54:23) : 1.A-Lex I 2.Moloko Mesto 3. Filthy Rot 4. We've Lost You 5. What I do! 6. A-Lex II 7. The Treatment 8. Metamorphosis 9. Sadistic Values 10. Forceful Behavior 11. Conform 12. A-Lex III 13. The Experiment 14. Strike 15. Enough Said 16. Ludwig Van 17. A-Lex IV 18. Paradox

 

Darkane – Demonic Art

Darkane-demonicartOn aurait pu croire que le départ d’Andreas Sydow pousserait Darkane à se remettre en question, à emprunter une nouvelle voie (à l’instar de Sinister, au line-up remanié et aux compositions désormais plus travaillées), mais il n’en est rien. 3 ans ont passé entre Layers of Lies et Demonic Art et, malgré tout, Darkane semble donner l’impression d’avoir stagné…

Certes, Peter Wildoer fait toujours un boulot remarquable derrière ses fûts, et les riffs de guitare de Klas et Christofer sont toujours aussi tranchants, mais le constat est flagrant : pour son retour sur le devant de la scène, Darkane a joué la carte du « 0 risque ». Même intro metallo-symphonique, même montée en puissance sur le début du deuxième morceau, même impression d’être emporté dans un tourbillon de thrash à la fois furieux, brutal, technique et mélodique et, pour couronner le tout, un chanteur au timbre et au débit fortement similaires à ceux d’Andreas Sydow. Dès la première écoute, l’album semble familier et donne cette furieuse impression de « déjà entendu quelque part » très simple à expliquer : Demonic Art n’est, ni plus ni moins, qu’une pâle copie-carbone de Layers of Lies.

Que dire de plus sur cet album ? Pas grand-chose, je le crains. Malgré ses compos en béton et réglées au millimètre et son agressivité intacte, Darkane déçoit quelque peu avec cet opus convenu. Est-ce dû à leur changement de label (et leur volonté donc de ne pas décevoir leur nouvel « employeur ») ou à un syndrome du « tourne-en-rond » ? Difficile à dire, mais il faudra plus qu’un Demonic Art bis pour me convaincre.

Mister Patate (05/10)
 
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Massacre Records – 2008

Tracklist (37:09)  :
1. Variations of an Eye Crush (instrumental) 2. Leaving Existence 3. Demonic Art 4. Absolution 5. Execution 44 6. Impetious Constant Chaos 7. Demigod 8. Soul Survivor 9. The Killing of I 10. Wrong Grave (instrumental) 11. Still in Progress

 

Crowpath – One With Filth

Crowpath-oneAmis de l’ordre, vous qui rangez vos albums par groupe et par date de parution et qui peignez les franges des tapis de votre salle à manger, voici venir un de vos pires cauchemars, j’ai dénommé Crowpath. Pourquoi ennemi ? Tout simplement parce que Crowpath fait fi de toute structure, ne s’encombre pas d’arrangements au millimètre, mais opte délibérément pour une explosion sonore, un fatras supersonique dévastateur, une claque gavée aux décibels qui fera voler vos dents si joliment arrangées par votre orthodontiste…

Crowpath reprend tous les ingrédients qui avaient déjà fait la joie de ses fans et les secoue de nouveau violemment afin d’obtenir un produit des plus déjantés : hurlements, riffs tantôt décousus, tantôt accrocheurs et diablement efficaces, et une batterie surhumaine, tentaculaire, faisant la part belle aux rythmiques dévastatrices et déstructurées…  
One With Filth est un direct du droit, sans concessions, et tellement varié qu’il parvient à captiver lors de chaque écoute. Certes, l’album est loin d’être accessible, et il faut plusieurs écoutes pour parvenir à s’imprégner totalement. En outre, comme son prédécesseur Sons of Sulphur, One With Filth est également un concept-album. Après le feu, Crowpath s’inspire d’un serial killer suédois qui officiait également en tant qu’officier de police et enquêtait sur ses propres meurtres. Pour conclure, One With Filth fait assurément partie des albums les plus déjantés de l’année 2008, mais également des moins accessibles. À ne pas mettre dans toutes les oreilles, donc.

Mister Patate (07/10)

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Willowtip Records / 2008

Tracklist (31:28 mn) : 1. One with Filth 2. Where Dolls do Sin 3. Fondling the Grotesque 4. Plague Bearer 5. I Gryningen 6. Cleansed in Chlorine 7. The Deed 8. The Hunt 9. Septic Monarch 10. In Pitch Black Piss 11. Retarted Angel