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Blood Red Throne – Come Death

BRT2007Mine de rien, il existe encore des artistes complets dans la scène metal actuelle, qui ne reculent devant aucun défi et touchent à tous les styles. Prenez Tchort, par exemple : outre son passage chez plusieurs grands noms du black (Emperor, Satyricon, Carpathian Forest) et sa participation aux albums chargés d’émotion de Green Carnation, voilà qu’il nous dévoile une nouvelle facette de son talent : le brutal death. Avec un quatrième album sous le bras, Blood Red Throne confirme son talent et son sens du morceau qui tabasse. Tous les ingrédients sont réunis pour une bonne boucherie : des riffs sanglants, un chanteur possédé et particulièrement remonté, une batterie optant clairement pour le rentre-dedans et un bassiste tentaculaire qui officie également au sein des brutes d’Emeth et qui, à l’instar de celui de Cannibal Corpse, apporte une touche personnelle à ces compos. Come Death est une nouvelle réussite pour Blood Red Throne, qui confirme, une fois de plus, son statut de grand du brutal death, en reprenant notamment Disincarnated des légendaires Gorguts. Certes, la recette n’a pas changé, malgré l’arrivée d’un nouveau beugleur (dont le style est très proche de son prédécesseur), mais pourquoi changer une formule gagnante. Blood Red Throne fait mal, très mal, mais on en redemande !

Mister Patate (07,5/10)

Site officiel : www.bloodredthrone.net

Myspace officiel : www.myspace.com/bloodredthrone666

Earache Records / 2007

Tracklist (42:33) 01. Slaying the Lamb 02. Deranged Assassin 03. Rebirth in Blood 04. Guttural Screams 05. Taste of God 06. No New Beginning 07. Come Death 08. Disincarnated (Gorguts cover) 09. Another Kill

 

Benighted – Icon

Benighted_IconBenighted est certainement un des groupes dont j’attendais un nouvel album avec le plus d’impatience. En effet, leur dernier méfait, Identisick, m’avait permis de découvrir un des groupes majeurs, si pas LE groupe de la scène brutale française. Icon, dernière boucherie en date, confirme de nouveau la qualité de ce combo.

Avec un habile mélange de grind et de brutal death, saupoudré ici et là d’influences indus, thrash, voire même rap (Grind Wit), Benighted repousse encore ses limites. Icon est une nouvelle plongée dans les tréfonds d’une âme dérangée, où les frustrations se bousculent, bouillonnent jusqu’à exploser dans un geyser de violence. Les morceaux sont courts (3 minutes 30 en moyenne), directs et dégagent une puissance extraordinaire. 

Icon marque également une certaine évolution dans le son Benighted, qui donne la part belle aux aspects grind pour encore renforcer cette impression de folie furieuse dégagée par des morceaux tels que Icon, Human Circles, The Underneath ou Complete Exsanguination, mini-intro donnant immédiatement le ton.

Icon est une véritable leçon de brutal death-grind, avec une mention spéciale à Kevin qui, du haut de ses 19 ans, maltraite ses fûts tout au long de cette galette. Toutefois, les autres membres ne sont pas en reste, et délivrent une prestation musicale époustouflante. Pas de doute, Benighted, notamment grâce à son arrivée au sein du label Osmose, franchit un nouveau palier, et au vu de leur évolution fulgurante, ils ne sont certainement pas prêts de s’arrêter en si bon chemin…

Mister Patate (08/10)

www.facebook.com/Benighted.Official

myspace.com/brutalbenighted

Osmose Production / 2007

Tracklist (39:07) 01. Complete Exsanguination 02. Slut 03. Grind Wit 04. Saw it All 05. Forsaken 06. Smile then Bleed 07. Pledge of Retaliation 08. Icon 09. Human Circles 10. Invoxhate 11. The Underneath 12. Blindfolded Centuries

Cryptopsy – The Unspoken King

cryptopsy-unspokenIl est toujours difficile de rester objectif lorsque l’on chronique un de ses groupes favoris, certainement lorsque ce groupe nous a habitué à pondre des galettes exceptionnelles, ébouriffantes et sans le moindre compromis. 
L’annonce du départ de Jon Levasseur et, surtout, de Lord Worm m’avait déjà sacrément refroidi. Certes, avec Lord Worm, le ver était dans la pomme et gâtait tout de même quelque peu le plaisir sur Once Was Not, mais le départ de ce ver marque aussi la disparition de cette saveur particulière. J’avais donc placé tous mes espoirs sur les épaules de Flo, dernier membre du line-up initial et véritable cœur battant du groupe. 
Malheureusement, le métronome semble avoir mal encaissé le choc, et la machine Cryptopsy semble bel et bien déréglée. Le morceau entendu sur leur Myspace, Worship your Demons, avait pourtant quelque peu apaisé mes craintes : court, puissant, rentre-dedans, et un groupe qui semble bien en place. Certes, on était loin de l’heure de gloire de Cryptopsy, mais je finissais par penser que les critiques lues à plusieurs endroits étaient injustifiées. Non, Cryptopsy n’était pas mort, il était convalescent mais reviendrait bel et bien secouer nos têtes et ruiner nos cervicales. Du moins, je l’espérais…
Mais les premières écoutes de l’album se conclurent invariablement par un sentiment de frustration intense, une impression d’être trompé sur la marchandise. Ça, du Cryptopsy ? Les raisons de ma déception – et de celles de nombreux fans par ailleurs – sont nombreuses.
Tout d’abord, le chant : il est vrai qu’occuper le poste de frontman n’est certainement pas chose aisée, surtout si les prédécesseurs sont de la pointure de Mike DiSalvo ou de Lord Worm, mais le choix effectué aurait difficilement être plus maladroit. Certes, le registre du petit nouveau est varié, mais incorporer du chant CLAIR dans un album de Cryptopsy, notamment sur Bemoan the Martyr ou Leach, relève du sacrilège pur et simple.
Ensuite, les compositions : bancales, peu inspirées, déséquilibrées… les adjectifs sont nombreux pour marquer ma déception. Certains passages virent même au ridicule tant l’impression de foutoir est importante. L’apport de la nouvelle venue (une claviériste, encore un non-sens à mes yeux) est quant à lui réduit à sa plus simple expression, à un tel point qu’il faudrait même se demander s’il était opportun de l’intégrer au groupe (un guest aurait été suffisant).
Enfin, et c’est peut-être le plus grave, l’impression d’avoir été mené en bateau : The Unspoken King est un album au potentiel trop peu exploité. L’impression laissée par ces 11 titres est celle d’un groupe se contentant de balancer quelques idées ici et là sans approfondir les choses. Le résultat n’aurait peut-être pas été transcendant si chaque membre s’était donné à fond, mais ce triste constat est flagrant : The Unspoken King est un gâchis.

Mister Patate (02/10)

cryptopsy.ca

 www.facebook.com/CryptopsyMetal

Century Media Records  / 2008

Tracklist: 47:07 01. Worship your Demons 02. The Headsmen 03. Silence the Tyrants 04. Bemoan the Martyr 05. Leach 06. The Plagued 07. Resurgence of an Empire 08. Anoint the Dead 09. Contemplate Regicide 10. Bound Dead 11. (Exit) the Few