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Testament – The Formation of Damnation

Il aura donc fallu près de 10 ans à Testament pour revenir vers ses fans avec de nouveaux titres. En outre, le dernier véritable album de Testament, The Gathering, était non seulement caractérisé par des morceaux solides, mais aussi par un line-up de rêve : Chuck Billy au chant, Peterson et Murphy à la gratte, Steve DiGiorgio à la basse et Dave Lombardo derrière les fûts, soit un véritable all-star-band.
L’attente aura donc été longue, et tous espéraient un retour en force… Ils ne seront pas (trop) déçus. The Formation of Damnation marque en effet le retour du sieur Skolnick à la gratte et de Greg Christian à la basse. À très peu de choses près, nous revoici donc avec le line-up initial du groupe. Seule différence : l’absence de Louie Clemente, remplacé aux fûts par l’illustre Paul  Bostaph. 
L’artwork, tout d’abord, est superbe, très soigné : The Formation of Damnation est proposé, en version digi, sous la forme d’un livret cartonné contenant l’album et un DVD bonus. Nous sommes donc gâtés. Le CD, quant à lui, est orné d’un pentagramme formé par cinq épées (un clin d’œil à Slayer ?), mais passons au plus important : le son.
Pour un groupe qui a passé neuf ans à vivre sur ses acquis, Testament n’a pas pris une ride et est toujours aussi mordant qu’auparavant. Dès les premiers morceaux, Chuck et ses compères imposent leur talent par le biais de compos accrocheuses. Les riffs pleuvent, Chuck propose un registre varié (notamment sur le titre éponyme, une voix rageuse sur un fond de tabassage de fûts), Paul Bostaph est en forme.
Le paradis sur terre, me direz-vous ? Et bien non, pas tout à fait. Certes, Testament reste un grand du thrash, mais il faut tout de même reconnaître que son retour a été placé sous le signe d’une absence totale de prise de risques. L’album est cohérent, les morceaux sont de grande qualité (sauf peut-être « Dangers of the Faithless », coincé entre deux brûlots thrash), mais le tout semble bien convenu. En effet, Testament aurait pu se vautrer pour son retour mais, malgré la qualité de sa nouvelle offrande, je trouve que Testament n’en fait pas assez pour répondre aux attentes de ses fans qui ont attendu un digne successeur de The Gathering pendant 9 longues années.
Au final, The Formation of Damnation n’est certainement pas un mauvais album, et il permet à Testament de revenir sur l’avant de la scène thrash, à l’instar d’Exodus et de Death Angel, mais il laisse tout de même un petit arrière-goût de trop peu. Reste à voir le résultat sur scène, notamment au Hellfest et au Graspop !
 
Mister Patate (07,5/10)
 
Site officiel : www.testamentlegions.com
 
Nuclear Blast / 2008
 
Tracklist (49:36)  
01. For the Glory of…  02. More than meets the Eye 03. The Evil Has Landed 04. The Formation of Damnation 05. Dangers of the Faithless 06. The Persecuted won’t forget 07. Henchmen Ride 08. Killing Season 09. Afterlife 10. F.E.A.R. 11. Leave Me Forever

 

Aborted – Strychnine .213

aborted-strychine213« Vendus », « Trop commercial », « Trop mélodique », « Deathcore », « deux bouses »… Quarante-huit heures après avoir été placés sur le Myspace du groupe, les deux premiers extraits du nouvel opus d’Aborted suscitaient déjà de vives réactions sur le forum du groupe. À l’instar de Cryptopsy, qui a également essuyé de nombreuses critiques, Aborted ne faisait pas l’unanimité du tout, loin de là. Mais Strychnine .213 est-il vraiment si mauvais ? Avant toute chose, il convient de mettre les choses au point : les fans de la première heure qui comparent cet album à Goremaggedon seront amèrement déçus, certes, mais ces deux albums sont-ils vraiment comparables ? Non, clairement, tant le son d’Aborted a évolué au fil des ans, passant d’un brutal death-goregrind sans concessions à un brutal death plus mélodique, plus « nuancé », et c’est justement ce qui gêne certains. Pourtant, Strychnine .213 s’inscrit parfaitement dans la lignée des albums précédents, presque logiquement, tant la mutation d’Aborted semble naturelle, surtout depuis The Archaic Abattoir.

Aborted ose, notamment en débutant par Carrion, intro relativement calme et mélodique, qui monte en puissance avant la première claque de l’album, Ophiolatry on a Hemoclite Platter, qui remet immédiatement les pendules à l’heure. Non, Aborted ne fait pas davantage de concessions que par le passé, malgré un ajout plus prononcé de mélodies. Au niveau musical, Aborted était, est et reste une machine parfaitement rôdée, un véritable bulldozer sonore mené d’une main de maître par Sven. I35 et Pestiferous Subterfuge, ces deux morceaux tant décriés, s’intègrent parfaitement à l’album, mariant brutalité et mélodie, riffs « mammouth » et soli « à la suédoise ». Mais un des grands moments de cet album reste incontestablement A Murmur in Decrepit Wits, morceau débutant par un tempo tantôt lourd et oppressant, créant une ambiance malsaine, tantôt survolté et cataclysmique. Enterrement of an Idol et Hereditary Bane, quant à eux, sont la preuve, s’il en fallait encore une, qu’Aborted reste avant tout un groupe brutal et extrême, et que ses membres ne méritent pas d’être traités de « vendus ». Autre point fort, non seulement du nouvel album, mais du groupe en général : l’artwork, de nouveau très soigné et en parfaite adéquation avec les thèmes habituels d’Aborted. À noter que l’édition « Evidence Bag », limitée à 400 exemplaires, permettra d’acquérir non seulement l’album, mais également le nouveau t-shirt du groupe ! Avec Strychnine .213, Aborted frappe de nouveau un grand coup et renforce encore sa position de grand de la scène Brutal Death européenne. Les fans de la première heure seront certainement déçus, mais Aborted a le mérite d’évoluer, de prendre des risques et de toujours aller de l’avant, plutôt que de se reposer sur ses lauriers et de nous proposer chaque année un album qui serait la copie conforme de son prédécesseur…

Mister Patate (09/10)

Site officiel : www.goremageddon.be

Century Media / 2008

Tracklist (37:13) : 01. Carrion 02. Ophiolatry on a Hemoclite Platter 03. I35 04. Pestiferous Subterfuge 05. The Chyme Congeries 06. A Murmur in Decrepit Wits 07. Enterrement of an Idol 08. Hereditary Bane 09. Avarice of Vilification 10. The Obfuscate

 

balrog-ars-talionisAmateurs de black metal furieux et sans concessions, cet album est fait pour vous ! Avec trois albums au compteur, Balrog fait désormais partie des grands de la scène black metal française, grâce à cet Ars Talionis particulièrement vindicatif.

Rares sont les groupes qui sont en mesure de déverser un tel torrent de fureur. Dès les premières secondes de l’intro, Balrog pose les jalons d’une œuvre malsaine et violente à souhait. Chaque composition fait mouche, chaque hurlement prend l’auditeur à partie et l’agresse, chaque riff de guitare le plonge petit à petit dans un univers inhumain et hostile.

Autre atout majeur de cet album : le son. Contrairement à Watain, qui s’est obstiné à lisser, à polir ses compositions, Balrog opte clairement pour un son brut, rugueux et sans concessions, et ce choix est payant. À l’instar d’un Salvation de Funeral Mist, Ars Talionis joue sur cette ambiance pour encore renforcer son côté brutal et haineux.

En guise de seconde conclusion, après un Antithesis of Existance d’anthologie, Balrog nous gratifie de deux reprises, en rendant hommage à Bathory avec un « Call of the Grave « joliment » exécuté, et à Deicide, avec une interprétation très balrogienne de Sacrificial Suicide…

Avec Ars Talionis, Balrog signe certainement un des albums de black metal les plus enthousiasmants de 2007 et confirme à quel point la scène black française est bien vivace et n’a rien à envier aux scandinaves ! 

Mister Patate (08/10)

www.myspace.com/balrogbm

Holy Records / 2007

Tracklist (48:51) : 01. Le Chant des Anges de la Mort 02. Le Baiser du Fouet 03. Empire de Cendre 04. Lolth 05. The Left Hand of God 06. A Murder for the Art 07. Acquiescence 08. De Sade 09. All Life will turn into Death 10. Antithesis of Existance 11. Sacrificial Suicide (Deicide cover) 12. A Call from the Grave (Bathory cover)