Mar 16
Mar 2
Dire que j’attendais ce nouvel effort du duo le plus controversé de la scène du Black Metal était un doux euphémisme. En effet, leur dernier opus, The Cult is Alive, m’avait laissé quelque peu perplexe, tant le son proposé était à des lieues de ce que Fenriz et Nocturno Culto nous proposaient habituellement : sale, comme toujours, mais empreint d’influences punk à peine dissimulées. Certes, j’avais tout de même acheté l’album en question en édition limitée (on est fan ou on ne l’est pas, que voulez-vous), mais sans pour autant pouvoir me défaire de l’idée que je venais de me faire entuber…
L’avant-goût donné par leur précédent ep n’avait pas apaisé toutes mes craintes, loin de là (même si la reprise de Bad Attitude m’avait agréablement surpris), et les premières écoutes de F.O.A.D. furent laborieuses. La déception était présente, clairement, tant nos deux compères, aidés notamment par le guitariste d’Aura Noir, persistent dans la voie d’un black’n’roll crade et potache à souhait…
Toutefois, au fil des écoutes, mon point de vue a clairement évolué, passant d’une déception totale à une certaine satisfaction : F.O.A.D. apparaît finalement comme un album direct et simple (certains diront simpliste), iconoclaste, jouissif et à prendre au 666e degré , se moquant notamment ouvertement de l’évolution du metal (dans l’excellent « Raised on Rock »).
The Cult is Alive avait marqué une évolution radicale du son Darkthrone, F.O.A.D. poursuit sur cette lancée en abandonnant toute volonté de se prendre au sérieux. Les fans de la première heure, qui placent encore Transilvanian Hunger sur un piédestal, passeront leur chemin en hochant tristement la tête et en se disant que leurs idoles sont décidément tombées bien bas. Les personnes plus ouvertes d’esprit tenteront l’expérience de cette cuvée 2007 qui a de furieux relents de saveurs que l’on croyait disparues depuis plus de 20 ans…
Mister Patate (07.5/10)
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Peaceville Records / 2007
Tracklist : 01. These Shores Are Damned 02. Canadian Metal 03. The Church Of Real Metal 04. The Banners Of Old 05. Fuck Off And Die 06. Splitkein Fever 07. Raised On Rock 08. Pervertor Of The 7 Gates 09. Wisdom Of The Dead
Juil 22
La carrière de Behemoth est assez singulière : originaire de Pologne, ce groupe est parvenu, en quelques années, à se hisser au panthéon du black metal en alignant les albums de qualité, pour ensuite opérer une mutation réussie et devenir une des grandes figures du brutal death technique, dans un style comparable à Nile. Ce revirement n’a peut-être pas fait que des heureux, mais force est de constater que le résultat est plus qu’alléchant.
Demigod, le précédent album, annonçait déjà la couleur, avec des morceaux techniques et ravageurs (qui n’a jamais hurlé "Slaves shall fucking serve" ?), mais The Apostasy repousse encore les limites du groupe avec l’ajout de quelques éléments qui s’intègrent parfaitement à l’ensemble, notamment l’apparition de chœurs sur plusieurs morceaux, dont "Slaying the Prophets ov Isa", voire l’utilisation de cuivres (mais le résultat est évidemment bien loin d’un Dimmu Borgir). De plus, Behemoth parvient également à nous prendre à contrepied, avec Inner Sanctum, morceau plus posé et alternant ses habituels growls à un chant clair officié par le chanteur de Nevermore.
Depuis quelque temps déjà, Behemoth a rangé ses oripeaux black metal, et grand bien lui en a pris, notamment à l’écoute d’un morceau tel que At the Left Hand ov God, débutant sur un fond de guitare sèche pour ensuite enchaîner sur un morceau aux riffs lourds et pesants, mais tout de même porté par une batterie surhumaine alternant passages lents aux accélérations brutal death typiques, qui évoquent immanquablement un Nile au mieux de sa forme.
De plus, à l’instar de Nile, le contenu de The Apostasy ne se limite pas à une musique brutale et finement ciselée, mais se démarque également par ses inspirations mythologiques. Par exemple, Rome 64 C.E. fait référence au grand incendie de Rome, époque durant laquelle les deux prophètes Paul et Pierre furent également exécutés, événement utilisé pour l’élaboration du morceau "Slaying the Prophets ov Isa" (Isa signifiant Jésus en arabe). Le morceau "Pazuzu", quant à lui, fait référence au démon mésopotamien éponyme, qui incarnait les vents qui apportaient à cette époque de nombreuses maladies.
Une fois de plus, Behemoth a évolué, repoussant ses limites et nous proposant un véritable bijou de brutal death technique qui risque bien de ne trouver aucun adversaire à sa taille parmi les sorties de cette année. À moins que Nile…
Mister Patate (09/10)
Regain Records / 2007
Tracklist (39:52) : 1. Rome 64 C.E 2. Slaying The Prophets Ov Isa 3. Prometherion 4. At The Left Hand Ov God 5. Kriegsphilosophie 6. Be Without Fear 7. Arcane Hereticae 8. Inner Sanctum 9. Libertheme 10. Pazuzu 11. Christgrinding Avenue