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Angelcorpse – Of Lucifer And Lightning

AngelCorpse_lucifer1999 : Angelcorpse sort son troisième album en trois ans, The Inexorable. Ce grand coup de pied dans les gencives à la sauce brutale allait précéder une phase d’hibernation qui durerait 8 ans…

2007 : Angelcorpse émerge de son sommeil et nous propose Of Lucifer and Lightning, nouvelle offrande de death metal burné.

Ces derniers mois auront été marqués par le retour en force (mais pas toujours en forme) de formations qui avaient disparu de nos ondes : Celtic Frost, Suffocation, notamment, et également Angelcorpse, ce trio ricain qui, en trois albums, s’était taillé une solide réputation. Toutefois, à l’instar d’Obituary, ce retour ne s’est pas fait sans mal…

En effet, tout comme Obituary, cet album aurait pu s’appeler Frozen in Time, tant ce disque porte la griffe Angelcorpse qui nous avait tant ravis à l’époque. Malheureusement, Angelcorpse a mal vieilli et est quelque peu rouillé…

Certes, Of Lucifer and Lightning n’est pas une daube immonde, loin de là (un album moyen d’Angelcorpse reste tout de même une bonne claque), mais on pouvait s’attendre à mieux de la part d’une formation de ce rang. Reste à espérer que ce quatrième album ne sera qu’un faux pas dans une discographie jusqu’alors excellente.

Mister patate (05/10)

myspace.com/angelcorpse666

Osmose Productions / 2007

Tracklist (36:16) : 1. Credo Decimatus 2. Antichrist Vanguard 3. Machinery of the Cleansing 4. Hexensabbat 5. Extermination Sworn 6. Saints of Blasphemy 7. Thrall 8. Shining One (Rex Luciferi) 9. Lustmord

 

Marduk – Rom 5:12

144301Rares sont les groupes qui, au fil des ans, ont réussi à mener leur barque aussi vaillamment et avec autant de constance que Marduk. Leur nouvel album, Rom 5:12, marque une nouvelle étape dans la carrière de ces infatigables black metalleux, avec quelques expérimentations parfaitement réussies qui font de ces Suédois un des plus grands groupes de black metal actuellement actifs.

Le titre de leur nouvel opus est déjà tout un programme. En effet, il s’agit d’une référence biblique qui dit ceci : « Par un seul homme, Adam, le péché est entré dans le monde, et par le péché est venue la mort ; et ainsi, la mort est passée en tous les hommes, du fait que tous ont péché ». En bref, nous sommes tous pourris jusqu’à la moelle…

L’arrivée d’Arioch en 2003 m’avait agréablement surpris, tant ce nouveau beugleur insufflait une nouvelle âme bien plus noire encore dans une bête qui était déjà un des fleurons les plus sombres du monde du black. Enfin, on en attendait pas moins d’un chanteur qui avait auparavant officié pour Triumphator et Funeral Mist… Sa prestation sur Plague Angel était déjà excellente, et ses capacités en live ne sont plus à démontrer, étant donné qu’il est même parvenu à se réapproprier certains titres pour les rendre encore plus violents (un "Panzer Division" d’anthologie), mais son influence se fait bien plus sentir sur Rom 5:12 avec un registre incroyable, oscillant entre les borborygmes et les hurlements de bête blessée…

Toutefois, Marduk a énormément évolué depuis son dernier album et, à l’instar d’un Rammstein, nous propose un album riche et varié qui en déroutera plus d’un. Tout d’abord, adieu les morceaux au taquet du début à la fin (même si "Vanity of Vanities" risque de faire de gros dégâts dans les fosses), Marduk se contrôle et se maîtrise davantage, alignant des morceaux plus lents mais imparables, comme un "Imago Mortis" qui parvient, malgré sa lenteur, à distiller une haine et une violence incroyables, ou "1651", morceau enregistré avec le groupe de metal industriel Arditi, plage mid-tempo annonciatrice de calamités sur fond de batterie martiale et de grognements d’Arioch… À noter également, la présence sur "Cold Mouth Prayer" (qui devrait être le premier single) de Joakim Göthberg, ancien frontman de Marduk, pour un duo dantesque avec son successeur.

De plus, Marduk arrive encore à surprendre et à prendre ses auditeurs à contre-pied, avec "Accuser, Opposer", certainement un des meilleurs morceaux jamais composés par Marduk, qui commence par des incantations en latin pour ensuite faire place à un morceau sombre et pesant à souhait et mettant aux prises un Arioch littéralement possédé, éructant et crachant ses lignes de texte, à Nemtheanga, frontman du groupe Primordial, qui forme le contrepoids idéal à la folie de son compère sur ce morceau. La présence de chant « clair » peut sembler déroutante, mais elle permet justement de souligner encore la puissance et la haine véhiculées par le frontman des pandas de Norrköping…

Oui, Marduk a encore repoussé ses limites, bien plus loin que je n’aurais pu l’imaginer à l’écoute de Plague Angel et de leur live de Varsovie… Un album absolument indispensable pour tous les fans de Marduk et pour tous les fans de black metal en général. Quant à tous ceux qui affirment que leur meilleur album remonte à Heaven Shall Burn, je leur conseille d’écouter cet album attentivement…

Mister Patate (09.5/10)

Site Officiel
Myspace Officiel 

Regain Records / 2007
Tracklist (55:28) 1. The Levelling Dust 2. Cold Mouth Prayer 3. Imago Mortis 4. Through the Belly of Damnation 5. 1651 6. Limbs of Worship 7. Accuser, Opposer (feat. Nemtheanga) 8. Vanity of Vanities 9. Womb of Perishableness 10. Voices from Avignon

Belphegor – Pestapokalypse VI

Belphegor-pestapokalypseNuclear Blast a réussi un grand coup en 2006 en accueillant parmi ses rangs les princes du black-death, Belphegor qui a réussi à se placer dans le panthéon des maîtres du genre avec leurs deux derniers albums dévastateurs.

Pour fêter leur arrivée dans l’écurie Nuclear Blast, Belphegor a concocté un véritable bijou de maîtrise et de brutalité qui fera trembler plus d’une muraille. Pestapokalypse VI, concept album sur la grande Peste, ravira tous les inconditionnels de Belphegor et risque fort bien de grandir encore les rangs de leurs fans, tant le mur de son développé par Helmut & co est dévastateur. Le commentaire indiqué sur le livret est bien clair : No excuses to no one, we are Belphegor, fukk you ! Le ton est lancé, le passage dans une maison de disques plus « commerciale » ne risque pas de calmer ces furieux autrichiens.

L’album débute sur les chapeaux de roues avec Belphegor – Hell’s Ambassador. Pas de doute, le son est énorme, la prod aux petits oignons et les premiers relents sulfureux se font sentir, mais Belphegor réserve plus d’une surprise, dont le pesant Angel of Retribution, morceau mid-tempo qui étale la maîtrise du groupe qui conserve une atmosphère étouffante tout en calmant le jeu de façon impressionnante, tout comme Vader sur son dernier album avec Predator.

Chants for the Devil 1533 enchaîne avec un refrain entêtant qui s’accroche définitivement aux tympans et un solo de guitare magistral. Seul regret sur ce morceau : les plus observateurs auront remarqué que les paroles sont identiques au morceau Festis Asinorium et que la structure du morceau est assez proche. Sur un album de 9 morceaux, retrouver un morceau fortement basé sur un ancien morceau est tout de même décevant. Heureusement, Belphegor se rachète en passant la vitesse supérieure et en balançant Pest Teufel Apokalypse, véritable brûlot black-death lancé à toute vitesse, et un The Ancient Enemy tout aussi furibard. Le batteur martèle sans répit, les riffs se taillent une place de choix dans les oreilles et Helmut s’en donne à cœur joie.

Un autre grand moment de l’album est Bluhtsturm Erotika, morceau chanté (grogné plutôt) en allemand et calmant de nouveau les esprits pour culminer sur un refrain jouissif qui en fera certainement chanter plus d’un en concert. Pas de doute, Belphegor maîtrise aussi bien les morceaux mid-tempo que les morceaux supersoniques ! Dernier véritable morceau avant l’instrumental qui clôture l’album de façon grandiose, Sanctus Perversum met un bon pain dans les dents et assied la suprématie de Belphegor au sommet des grands du black-death. Comme je l’évoquais un peu plus haute, l’instru dépote sévèrement, véritable démonstration de force qui mettra tout le monde d’accord.

En bonus, deux vidéos, dans le style bien typique de nos amis autrichiens. À noter que cet album est également sortie en version ultra-limitée à 500 exemplaires sous la forme d’une boîte en fer contenant, outre l’album en version digipak, un patch, une ceinture Belphegor et une ration de survie (?). Un album indispensable, qui risque bien de finir dans mon top 3 personnel des meilleurs albums de 2006 (qui sera pourtant un grand cru avec le nombre de sorties de qualité ces derniers 12 mois).

Mister Patate (09/10)

www.belphegor.at

www.facebook.com/belphegor

myspace.com/belphegor

Nuclear Blast / 2006

Tracklist (38:05) 1. Belphegor – Hell’s Ambassador 2. Seyn Todt in Schwartz 3. Angel of Retribution 4. Chants for the Devil 1533 5. Pest Teufel Apokalypse 6. The Ancient Enemy 7. Bluhtsturm Erotika 8. Sanctus Perversum 9. Das Pesthaus / Miasma Epilog Bonus : vidéos de Belphegor – Hell’s Ambassador et de Bluhtsturm Erotika