Ulcerate tombe dans le viscéral, le brut, le désespéré. Vermis est une œuvre noire, touffue, un cheminement long et torturé. Parler ici simplement de death technique serait réducteur pour décrire ce que les Néo-Zélandais nous proposent à nouveau sur ce quatrième album. En effet, la technique n’est pas le seul atout du groupe, il convient d’y ajouter une capacité hors du commun à tisser une ambiance oppressante, à l’instar d’un Esoteric ou d’un Deathspell Omega.
Voici comment je décrivais Vermis, la dernière offrande en date des Néo-Zélandais d'Ulcerate. Et dans l'absolu, voilà aussi comment je pourrais décrire Shrines Of Paralysis, tant le parallèle entre ces deux albums est flagrant. Cet album est tellement éprouvant, étouffant qu'il en devient presque une crise d'asthme auditive. Mis à part quelques rares bouffées d'air sous la forme d'interludes pâlement lumineux, Shrines Of Paralysis est une traversée des enfers. Rares sont les groupes qui parviennent à tisser une ambiance aussi délétère, aussi désespérée. C'est brut, c'est massif, c'est dissonnant… Et pourtant cet album est un véritable plaisir à écouter. Toutes les pièces du puzzle tombent en place.
Je pensais que Defeated Sanity avait pondu la galette de l'année en sachant proposer deux visages. Aujourd'hui, après avoir écouté Ulcerate, je me demande si ces derniers n'ont pas, eux aussi, sorti un album exceptionnel qui mériterait le titre d'album de Death Metal de l'année. Ces deux formations ne jouent pas dans la même ligue (même si les deux sont cataloguées en Death), mais elles partagent un point commun fondamental : leur démarche respective est d'une cohérence à toute épreuve. Il sera difficile de les départager…
Relapse Records / 2016
Tracklist (57:40) 1. Abrogation 2. Yield to Naught 3. There Are No Saviours 4. Shrines of Paralysis 5. Bow to Spite 6. Chasm of Fire 7. Extinguished Light 8. End the Hope
Le beau gros pavé de Brutal Death Metal que voilà ! 2016 aura beau avoir été une année pourrie sur de trop nombreux plans, il faut reconnaître qu’il s’agit d’un grand cru en Death Metal. Là où le Thrash semble se cantonner à quelques seconds couteaux avides de prendre la place des boss du genre et où le Black se résume, à mes yeux, à une petite poignée d’albums intéressants surplombant une masse de galettes pas franchement indispensables, le Death me livre chaque mois son lot de surprises, à tel point qu’il est difficile de suivre le rythme. Finitude est sorti le 31/08, et ce n’est que maintenant que j’ai le temps de vous proposer quelques lignes sur un des albums de Death les plus recommandables de l’année.
Unfathomable Ruination joue dans la même ligue qu’Unmerciful. Celle des furieux. Celle du barrage de riffs. Celle de la section rythmique implacable. Celle de l’épuisement sonore. Cependant, cela ne signifie pas pour autant que Finitude est dépourvu de finesse, au contraire. Sous ses allures de bulldozer radical se dissimule un Death technique de haute volée, à tel point qu’il est presque dommage que ces finesses, ces détail soient dissimulés dans un assaut sonore implacable. Et c’est peut-être le reproche principal que je dois adresser à cet album : il ne s’arrête jamais. Finitude est un flux d’informations tendu, épuisant même. Vouloir écouter cet album et en saisir la moindre facette est presque une épreuve. Curieusement, je le trouve plus éprouvant à suivre que tous ces groupes de brutal guttural qui alignent deux riffs sur fond de rythme pataud. Avec ces derniers, une fois que le riff de base est retenu, on se laisse aller. Ici, l’écoute requiert une attention de tous les instants.
De tous les albums de Death Metal de l’année, Finitude est, à mes yeux, le plus exigeant (même si je dois reconnaître que je n’ai pas encore écouté le prochain album d’Ulcerate). Sa combinaison de brutalité et de technique en fait un monstre difficile à apprivoiser, le genre d’album qui ne vous lâchera pas si vous savez faire preuve de persévérance. Une des valeurs sûres de 2016.