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Numenorean – Home

We are all empty and broken in some form or another, so we look for fulfilment through things like money, sex, relationships, drugs, religion, and a variety of other things but, in the end, we ultimately remain void of any true happiness. Perhaps what we are really searching for is the innocence that we once had as a child. However, since we are incapable of ever getting that back, the only place we can perhaps find this comfort once more is in death.

En guise d’intro (et je pense que c’est une première), j’ai donc repris une partie du discours promotionnel proposé par le groupe. Parce qu’au final (sauf la dernière phrase), peut-être ont-ils raison. Peut-être que toutes ces distractions par le biais desquelles nous perdons notre temps sont de vaines tentatives de retrouver, l’espace d’un instant, l’insouciance de la jeunesse. Cela expliquerait ma récente addiction à Pokémon Go. Dès cette accroche, dès ce postulat de départ, Numenorean m’a intrigué au plus haut point, et j’ai encore du mal à croire qu’il s’agit là du premier album de ce groupe.

Parce que Numenorean réussit la prouesse, en 44 minutes et dans le genre très exigeant du Post-Black, à livrer un album qui n’offre pas le moindre répit. Que ce soit dans les passages mélodiques et mélancoliques que n’aurait pas reniés un certain Lifelover ou dans ses envolées Black Metal à la Der Weg Einer Freiheit, les Canadiens nous offrent l’équivalent musical d’un tour sur un rollercoaster émotionnel. Home est viscéral. Il prend aux tripes. Là où tellement de groupes sont dans la démonstration technique, Numenorean parle au cœur de son auditeur, le transporte, le touche. On en ressort vidé, épuisé, comme si Home était une catharsis, un cheminement douloureux mais nécessaire. Face à un tel album, les mots sont vains. Pour le comprendre, il faut l’écouter. Il faut le vivre.

Mister Patate (8/10)

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Season Of Mist Records / 2016
Tracklist (44:00) 1. Home 2. Thirst 3. Shoreless 4. Devour 5. Laid Down

 

Marduk – Those Of The Unlight

J’avoue que je ne me replonge pas assez souvent dans les grands classiques, à plus forte raison quand il s’agit de Marduk, un groupe majeur à mes yeux, celui qui m’a fait découvrir le Black Metal par l’intermédiaire d’un pote qui m’avait prêté Heaven Shall Burn… When We Are Gathered (un coup de foudre immédiat). Je persiste à dire que le premier âge d’or de Marduk débute par Heaven Shall Burn (et l’arrivée de Legion), j’estime toujours que l’arrivée de Mortuus en 2004 a permis de relancer un groupe en perte de vitesse… mais merde quoi, il y a eu un Marduk avant Legion, et ce Marduk-là n’a pas grand-chose à envier à son successeur.

Those Of The Unlight, donc, sort en 1993, un an après Dark Endless et à la veille du millésime 1994 (l’année de tous les chefs-d’œuvre du Metal noir). À l’époque, c’est Joakim Av Gravf (alias Jocke Göthberg, frontman de Dimension Zero) qui assurait à la fois le chant et la batterie, accompagnés de B.War à la basse et du tandem Devo/Morgan à la guitare. Et à l’époque, Marduk n’était pas encore la machine de guerre qui a (trop ?) souvent tendance à surenchérir dans la brutalité et la rapidité. Those Of The Unlight (et Opus Nocturne, dans une certaine mesure) dévoile une facette de Marduk trop peu souvent utilisée. Le travail de composition sur cet album est vraiment incroyable. Il suffit de réécouter cet album après un Panzer Division Marduk pour se rendre compte à quel point cet album est pointu.

Pas de course à la vitesse, pas de Black Metal pur et dur, Marduk donne l’impression d’un groupe qui se cherche encore un peu, avec une base Black Metal marquée agrémentée ici et là de quelques éléments « étrangers » (une touche de Death, un petit feeling heavy, un ou deux riffs presque thrashisants…). Mais il est aussi – et surtout – un groupe qui ose, avec notamment l’instrumental « Echoes From The Past » et son final doomesque et épique à souhait. Et puis, ce son ! Cette prod’ signée Dan Swanö !

En 1993, Marduk n’était pas encore le monstre sacré qu’il est aujourd’hui. Those Of The Unlight forme, avec Opus Nocturne, une époque-charnière pour le groupe, s’affranchissant de ses premiers amours, mais pas encore ancré dans le Black Metal radical qu’il allait adopter quelques années plus tard. Avec ses quelques morceaux devenus entre-temps incontournables en concert et ses moments de bravoure, Those Of The Unlight permettait déjà au groupe d’afficher ses ambitions…

Mister Patate (8/10)

Facebook officiel

Osmose Productions / 1993
Tracklist (37:29) 1. Darkness Breeds Immortality 2. Those of the Unlight 3. Wolves 4. On Darkened Wings 5. Burn My Coffin 6. A Sculpture of the Night 7. Echoes From The Past 8. Stone Stands Its Silent Vigil

 

Voici l'album de Death Metal de l'année. Voire même de la décennie. Voici peut-être l'album de l'année tout court. Voici un groupe qui a su, en l'espace d'un double EP, dévoiler deux facettes antinomiques de son talent avec une réussite insolente. Un groupe qui a su scinder les deux éléments de son succès pour encore les magnifier. 

D'un côté, il y a Disposal Of The Dead. La brutalité. Rugueux, violent, bas de plafond (ils qualifient d'ailleurs cet ep de "caveman death metal"), ce premier EP dévoile Defeated Sanity sous son jour le plus primaire. En guise de cadeau d'adieu, Konstantin Lühring (qui officiait déjà sur Passages Into Deformity) livre une prestation dantesque, gutturale à souhait, et ses compères s'en donnent à coeur joie pour jouer plus fort, plus vite, plus lourd. Aux limites du slam, Defeated Sanity annihile tout sur son passage et tutoie les poids lourds du genre.

De l'autre côté, il y a Dharmata. Changement de décor radical. Ici, le fil conducteur est la technicité. Les musiciens livrent ici un véritable travail d'orfèvre, que ce soit au niveau des rythmiques (tout en finesse), de la guitare ou de la basse (qui joue ici un rôle énorme et apporte une rondeur parfaite au propos). Et pour accompagner ce petit bijou musical, Max Phelps (Cynic, Death To All). Un choix judicieux, tant Defeated Sanity s'éloigne de ses terres brutales d'origine pour venir chasser sur un territoire plus proche de celui des derniers Death. 

Plutôt que de vouloir jouer simultanément sur deux tableaux, Defeated Sanity a fait le choix risqué de scinder ses ambitions en deux et de livrer deux copies "pures" plutôt qu'une copie mixte. Le résultat est époustouflant. À l'écoute des deux EP, il est difficile de croire que ce sont les mêmes compositeurs. Une véritable leçon de maîtrise. Chapeau. Je ne vois pas vraiment qui pourra faire mieux que Defeated Sanity cette année…

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Mister Patate (10/10)

Willowtip Records / 2016
Tracklist (47:52) 1. Remotio Mortuorum 2. Into the Soil 3. Consuming Grief 4. Generosity of the Deceased 5. Suttee 6. The Bell 7. Dharmata 8. The Mesmerizing Light 9. At One with Wrath 10. The Quest for Non-Existence 11. Return to Samsara