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Aborted – Termination Redux

Depuis Coronary Reconstruction, Aborted est “revenu dans le droit chemin”, celui de Goremaggedon, des samples de Hellraiser, du Death brutal avec juste ce qu’il faut de mélodie et une prod’ à décoller les tympans. Pour fêter dignement les 20 ans du groupe, la bande à Sven sort, en guise d’amuse-gueule avant le nouvel album qui sortira d’ici quelques mois, un EP qui cogne juste comme il faut.

Au niveau du personnel, on soulignera le départ de Danny Tunker, remplacé par Ian Jekelis et, le moins que l’on puisse dire, c’est que ce petit nouveau a su immédiatement trouver sa place. Malgré ce nouveau changement de line-up, Termination Redux est du Aborted 100 %, reconnaissable entre mille. Et pourtant, Termination Redux est « différent ».

Différent dans ce sens qu’il commence par un morceau à l’intro presque mid-tempo avant une accélération radicale et le véritable début des hostilités. « Termination Redux » (le morceau) est une synthèse habile de tout ce qui rend Aborted si violemment efficace depuis maintenant quelques années : brutalité, mélodie, petit interlude avec quelques notes de piano et un guest de Julien Truchan avant l’explosion et l’avalanche de blast… Ce morceau reprend tout ce que j’aime chez Aborted et fait très, très mal.

Et les deux autres nouveaux titres (le dernier étant une nouvelle version survitaminée de « The Holocaust Incarnate ») ? Là aussi, la bande à Sven confirme toute sa force de frappe, même si (c’est un sentiment personnel) ces deux pistes sont moins tubesques que le premier morceau (que j’ai écouté en boucle pendant une semaine).

Termination Redux est une mise en bouche parfaite, un hors d’œuvre avant le futur album que j’attends déjà de pied ferme. Aborted est au sommet de son art, en pleine possession de ses moyens, à tel point qu’il pourrait franchement sortir l’album de Death Metal de l’année. Rien que ça.

Mister Brute Porn (9/10)

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Century Media Records / 2016
Tracklist (15:17) 1. Liberate Me Ex Inferis 2. Termination Redux 3. Vestal Disfigurement upon the Sacred Chantry 4. Bound in Acrimony 5. The Holocaust Re-Incarnate

Vous avez décidé de maintenir le groupe dans la programmation malgré le dérapage de Phil Anselmo, le chanteur de Down, qui a fait un salut nazi sur scène le 22 janvier, à Los Angeles… 

« Anselmo s’est excusé à plusieurs reprises. Il a même proposé de quitter le groupe pour ne pas nuire à ses camarades, qui doivent d’ailleurs être dégoûtés de ce qui arrive. Tout le monde est d’accord sur le fait que c’est inacceptable et que la scène metal n’est ni raciste ni antisémite. Je connais très bien Phil Anselmo, qui est venu à de nombreuses reprises à Clisson. Et je suis persuadé que ses excuses sont sincères. Au Hellfest, on n’a jamais eu ce genre de comportement, on ne l’a jamais vu arborer ni signe distinctif, ni discours, en concert comme en loge. Je crois profondément que c’est quelqu’un de bien. C’est un provocateur qui joue les gros bras et qui perd pied quand il est ivre. Il a fait une énorme erreur. Mais des gens qui font des raccourcis populistes et qui disent des horreurs quand ils ont trois grammes d’alcool, on peut en trouver beaucoup, y compris en Vendée. » (Source : Ouest-France)

On doit vraiment te rappeler le score du FN en Pays de Loire, Ben ? 19 % au second tour. L'alcool n'excuse pas tout.

Et puis, cette décision de maintenir Down à l'affiche est-elle vraiment courageuse ? Ben Barbaud serait-il devenu le chantre de la liberté d'expression du monde du Metal ? Doit-on VRAIMENT rappeler les annulations d'Anal Cunt (dont le regretté frontman avait un seul talent : celui de trouver les titres de chanson les plus provocateurs au monde) et de Satanic Warmaster (et je me souviens encore de la réaction des gars de Tsjuder quand je leur avais appris que Satanic Warmaster avait été annulé) pour des motifs comparables ? 

En maintenant Down à l'affiche, Ben ne prend AUCUN risque. Tout simplement parce que le sale boulot a déjà été fait par les autres orgas, le Fortarock en premier, qui ont décidé de retirer Down de leur affiche. Le nombre de dates diminue, le groupe est bien parti pour annuler sa mini-tournée européenne et, au final, si Down ne foulera pas les planches du Hellfest, ce sera parce que le groupe aura annulé lui-même. Et soyons tout à fait honnêtes : s'il veut vraiment Down, il pourra le faire venir en exclu s'il met la main au portefeuille (mais irait-il jusqu'à faire cela ?).

Et puis, que serait-il arrivé s'il avait décidé de virer Philou et ses potes, concrètement, pour le Hellfest ? Rien. Le festival est sold out depuis des lunes (et les caisses sont donc pleines), les éventuels mécontents revendraient leur combi à la vitesse de l'éclair à d'autres fans qui discernent personnalité et musique (ou qui s'en foutent, ou qui sont aussi cons que Phil Anselmo), et l'année prochaine, le Hellfest sera à nouveau sold out. Parce que les fans ont la mémoire courte. 

Mais je vais devancer leur décision : qu’ils gardent leur subvention de 20 000 €.

C'est clair, sur un budget total de 16 millions (selon Ouest France), ces 20.000 euros sont une goutte d'eau… Pourquoi avoir alors plié face aux pressions il y a 5 ans ? Le Hellfest avait-il davantage besoin de cette subvention (et ce serait donc uniquement une question d'argent) ? Ou est-ce qu'annuler Phil Anselmo est impensable de par son "importance" et son statut dans la scène Metal ? Quoi qu'il en soit, en maintenant Down, Ben Barbaud fait plaisir à son "électorat", exactement comme il le reproche à Bruno Retailleau, qui, je cite "a voulu faire plaisir à son électorat et aux anti-Hellfest qui ont relayé ce buzz, qui avait déjà fait le tour des sites de metal.". Je ne sais pas si je dois m'en réjouir…

Ketzer – Starless

Il fallait une paire de couilles bien accrochée ou un sens de l’opportunisme particulièrement prononcé pour oser changer une formule qui marche. Après deux albums de black/thrash tonitruants, les Allemands de Ketzer prenaient ainsi tout le monde à contrepied en balançant l’EP Starless que je n’avais pas particulièrement apprécié. Ces deux morceaux suscitaient de nombreuses questions, notamment quant à l’évolution future du groupe. Écart sans lendemain ou véritable nouvelle voie empruntée par les Allemands ? Après quelques écoutes de Starless (l’album), j’ai enfin une réponse.

J’avoue avoir du mal avec cette nouvelle orientation musicale du groupe qui tenait pourtant la recette parfaite du black/thrash qui dépote. Ça pue l’opportunisme à plein nez et la volonté de faire du Tribulation. Le font-ils bien ? Dans l’ensemble, oui. C’est cohérent, l’album passe plutôt bien en fond sonore si on n’y prête pas trop attention. Dans l’ensemble, on ne peut donc pas leur reprocher grand-chose, si ce n’est un manque de personnalité.

Mais ce manque de personnalité, j’étais le premier à le nier quand ils jouaient dans la cour des Deströyer 666 et Desaster. Parce que bon, malgré les qualités du groupe, Ketzer avait aussi, à l’époque, pris le train en marche et profité de la notoriété de ses aînés. Ketzer ne fait que répéter cette démarche, en empruntant une autre voie, en suivant le vent et en se raccrochant à une nouvelle mode.

Vous aimez Tribulation ? Ketzer devrait vous plaire. Perso, je ne suis pas un grand fan de Tribulation, mais même si je l’étais, pourrais-je apprécier cette nouvelle mouture de Ketzer après avoir vibré sur « Satan’s Boundaries Unchained ». J’en doute. S’ils avaient évolué dans une voie propre, s’ils s’étaient écartés de leurs racines pour se forger une identité propre, j’aurais peut-être soutenu le groupe. Ici, l’impression de voir un groupe sauter d’une mode à l’autre me laisse un goût amer en bouche.

Mister Brute Porn (bandwagon/10)

Facebook officiel

Metal Blade Records / 2016
Tracklist (46:03) 1. Starless 2. When Milk Runs Dry 3. Godface 4. Count to Ten 5. The Hunger 6. White Eyes 7. Shaman's Dance 8. Silence and Sound 9. Earthborn 10. Limbo