Oui, Goldkinder avait été une amère déception après deux premiers albums qui alliaient folie, audace et talent. We Butter The Bread With Butter s’était, à mes yeux, fourvoyé dans la normalité, passant de l’adolescence à un âge adulte certes plus maîtrisé, mais aussi et surtout bien plus terne. Wieder Geil (soit « De nouveau génial » en français) portait donc en lui la graine de l’espoir. L’espoir que le groupe, après son antithèse « Goldkinder », parviendrait à nous proposer la synthèse de ses efforts précédents, à trouver le juste milieu.
JA, sie sind wieder geil.
Et pourtant, WBTBWB n’a pas pour autant offert une cure de rajeunissement à son propos. On est donc bien loin d’un Monster Aus Dem Schrank ou d’un Tag, An Dem Die Welt Unterging. Ce Deathcore fluo qui ne s’imposait aucune limite a bel et bien disparu, mais le groupe a su gagner en efficacité. Mieux encore : là où Goldkinder avait ce feeling sérieux qui me gâchait les écoutes, Wieder Geil garde une légère touche de folie, pas extrêmement marquée, mais suffisante pour ajouter une touche plus personnelle. Sur certains morceaux, on frise ainsi le tube, avec un refrain catchy sans tomber dans la facilité.
Bon, certains grimaceront à l’écoute des samples électro qui ponctuent certains morceaux, mais ils ont le mérite d’ajouter un petit quelque chose à l’album (là où d’autres se contentent de coller un sample électro sans se soucier de la pertinence dans le morceau). WBTBWB maîtrise son propos et fait preuve, sur cet album, d’une belle maturité sans oublier pour autant qu’il a été jeune un jour. Goldkinder aura donc été un simple faux-pas et non le crash que je redoutais. Ils sont forts, ces Allemands, un jour, ils arriveront même à me faire aimer le Deathcore.
Mister Porn (9/10)
AFM Records / 2015
Tracklist (35:56) 1. Ich mach was mit Medien 2. Exorzist 3. Anarchy 4 Berlin, Berlin! 5. Bang Bang Bang 6. Gib mir Mehr 7. Rockstar 8. Thug Life 9. Warum lieben wir nicht Mehr 10. Zombiebitch
Qu’on l’aime ou qu’on le déteste, ce bon vieux papy Barnes continue, bon an mal an, à traîner ses basques dans le monde merveilleux du Death Metal, et si la qualité n’est pas toujours forcément au rendez-vous (on se souvient d’un gros coup de mou pendant quelques années), on ne peut que saluer sa persévérance. Sur les deux derniers albums, il semblait même avoir retrouvé un second souffle surprenant en sortant coup sur coup deux albums sympas en à peine un an. Flanqué désormais d’un énième nouveau line-up studio (avec les frères Hall de Municipal Waste et Cannabis Corpse), Chris nous livre un nouvel album qui s’inscrit dans la lignée de ses deux prédécesseurs.
Avec la régularité d’un coucou suisse et une ténacité imperturbable, Unleashed revient avec un nouvel album dans la pure lignée des précédents. Aucune évolution, aucune audace, à croire que Johnny a abandonné, il y a au moins dix ans, toute velléité de se démarquer, tout heureux qu’il est d’avoir trouvé sa recette qui lui convient, qui lui colle à la peau. Mieux encore : avec la disparition de Dismember et les péripéties d’Entombed (désormais A.D.), Unleashed se paie le luxe de monter en grade dans le Big 4 du Death suédois, derrière l’indéboulonnable Grave.