Author Archive

ghUSa – 25 Years Of Death Metal

ghUSa, un nom qui sonne comme Gouda, et une réédition de leurs oeuvres intitulée 25 Years Of Death Metal. Bon, on va pas en faire un fromage, je m'attendais à avoir de quoi m'occuper pendant une paire d'heures, vu qu'on fête ici un quart de siècle. Que nenni. Bien qu'il soit question ici d'un double album, le groupe nous offre 17 morceaux, dont 4 reprises (Benediction, Dismember, Entombed et Grave, de grosses pointures du Death qui ramone). Donner un nom aussi ronflant à ce qui ferait tout juste un gros album si l'on retire les 4 reprises est ma foi un peu regrettable. Mais bon, "la qualité prime sur la quantité", "un tiens vaut mieux que deux tu l'auras", tous ces proverbes m'ont incité à y jeter une oreille attentive malgré cette première impression négative.

Bon, dans l'ensemble, c'est pas si mal. Le son est un peu dégueu/grésillant, comme je l'aime, le growleur a un beau petit brin de voix, on ressent une petite envie de dodeliner la tête (c'est d'ailleurs ce que je fais en écoutant l'album) et, au final, le boulot est fait. Sans casser une patte à un fromage de Herve non pasteurisé, ghUSa livre une prestation correcte, mais sans plus. Les reprises sont fidèles aux originales (aucune prise de risque, aucune volonté de s'approprier le morceau comme le font d'autres groupes), les compos originales sont plutôt efficaces sans atteindre des sommets… Une question me taraude donc : pourquoi rééditer cet album qui n'a rien de vraiment exceptionnel ? Pourquoi ne pas plutôt promouvoir un nouvel artiste plutôt que de nous rappeler qu'il y a une dizaine d'années, ghUSa a pondu une galette dont la majorité des auditeurs de Metal actuels se cogne ? Oui, je suis dur, mais cette tendance (j'ai même envie de dire "manie") de vouloir faire du neuf avec du vieux me sort par le fion.

J'espère au moins que cette réédition est une façon pour le groupe de se rappeler à notre bon souvenir avant un vrai nouvel album… parce que sinon, cette réédition aura été inutile.

Mister Porn (we want new shit/10)

Facebook officiel

Great Dane Records / 2015
Tracklist (xx:xx)
CD1 : Come Sweet Death
1. Casket Garden (reprise de Dismember) 2. No Good For Living 3. Blessed Me (reprise d'Entombed) 4. Genocide 5. Soulles (reprise de Grave)
CD2 : Letter To My Son
1. The Nail 2. Letter To My Son(s) 3. Violation Domain (reprise de Benediction) 4. Nechema (The Jon’s Song) 5. Ponctual Choice 6. The Colour 7. The Wind 8. Silence 9. RU486 (EP 2002)  10. The Warrior (EP 2002) 11. Promo Tape 1994

Oui, Goldkinder avait été une amère déception après deux premiers albums qui alliaient folie, audace et talent. We Butter The Bread With Butter s’était, à mes yeux, fourvoyé dans la normalité, passant de l’adolescence à un âge adulte certes plus maîtrisé, mais aussi et surtout bien plus terne. Wieder Geil (soit « De nouveau génial » en français) portait donc en lui la graine de l’espoir. L’espoir que le groupe, après son antithèse « Goldkinder », parviendrait à nous proposer la synthèse de ses efforts précédents, à trouver le juste milieu.

 JA, sie sind wieder geil.

Et pourtant, WBTBWB n’a pas pour autant offert une cure de rajeunissement à son propos. On est donc bien loin d’un Monster Aus Dem Schrank ou d’un Tag, An Dem Die Welt Unterging. Ce Deathcore fluo qui ne s’imposait aucune limite a bel et bien disparu, mais le groupe a su gagner en efficacité. Mieux encore : là où Goldkinder avait ce feeling sérieux qui me gâchait les écoutes, Wieder Geil garde une légère touche de folie, pas extrêmement marquée, mais suffisante pour ajouter une touche plus personnelle. Sur certains morceaux, on frise ainsi le tube, avec un refrain catchy sans tomber dans la facilité.


Bon, certains grimaceront à l’écoute des samples électro qui ponctuent certains morceaux, mais ils ont le mérite d’ajouter un petit quelque chose à l’album (là où d’autres se contentent de coller un sample électro sans se soucier de la pertinence dans le morceau). WBTBWB maîtrise son propos et fait preuve, sur cet album, d’une belle maturité sans oublier pour autant qu’il a été jeune un jour. Goldkinder aura donc été un simple faux-pas et non le crash que je redoutais. Ils sont forts, ces Allemands, un jour, ils arriveront même à me faire aimer le Deathcore.


Mister Porn (9/10)

Facebook officiel

AFM Records / 2015
Tracklist (35:56) 1. Ich mach was mit Medien 2. Exorzist 3. Anarchy 4 Berlin, Berlin! 5. Bang Bang Bang 6. Gib mir Mehr 7. Rockstar 8. Thug Life 9. Warum lieben wir nicht Mehr 10. Zombiebitch

 

Six Feet Under – Crypt Of The Devil

Qu’on l’aime ou qu’on le déteste, ce bon vieux papy Barnes continue, bon an mal an, à traîner ses basques dans le monde merveilleux du Death Metal, et si la qualité n’est pas toujours forcément au rendez-vous (on se souvient d’un gros coup de mou pendant quelques années), on ne peut que saluer sa persévérance. Sur les deux derniers albums, il semblait même avoir retrouvé un second souffle surprenant en sortant coup sur coup deux albums sympas en à peine un an. Flanqué désormais d’un énième nouveau line-up studio (avec les frères Hall de Municipal Waste et Cannabis Corpse), Chris nous livre un nouvel album qui s’inscrit dans la lignée de ses deux prédécesseurs.

Premier constat : même si un des frangins Hall a participé au songwriting, on sent que le cahier des charges était très clair. N’attendez donc pas vraiment une approche révolutionnaire. Malgré quelques petites évolutions cosmétiques dans la marge, Crypt Of The Devil est résolument un album de SFU, pas particulièrement technique ni osé mais sans véritable défaut. On se doute que SFU ne parviendra plus à nous étonner (mais en a-t-il seulement la prétention ?). Toujours est-il que la sauce prend : le riff gras est contrebalancé par une petite touche de mélodie (le seul apport notable de Landphil Hall), le groove de la basse accompagne habilement la batterie… Au final, le seul point « noir » de cet album – comme de chaque album de SFU, diront les mauvaises langues – est Chris Barnes et son timbre caractéristique. Perso, j’ai un peu de mal avec le bestiau, mais sans que cela ne me gâche pour autant l’écoute (ce qui est pourtant déjà arrivé par le passé sur d’autres galettes d’autres groupes).

Pas étonnant, pas innovant, mais toujours là : voilà comment on pourrait résumer la discographie de Six Feet Under, et ce Crypt Of The Devil vient confirmer que le groupe en a encore sous le coude sans pour autant prétendre aux premières places. Un bon divertissement bien gras, sans plus.

Mister Porn (7/10)

Facebook officiel

Metal Blade Records / 2015
Tracklist (36:54) 1. Gruesome 2. Open Coffin Orgy 3. Broken Bottle Rape 4. Break the Cross in Half 5. Lost Remains 6. Slit Wrists 7. Stab 8. The Night Bleeds 9. Compulsion to Brutalize 10. Eternal Darkness