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Blodhemn – H7

6 mois de retard pour cette chronique, que les fans m’excusent, mais entre les mauvais albums auxquels j’ai accordé une attention non justifiée et les quelques bonnes surprises et valeurs sûres qui sont venues égayer mon quotidien, Blodhemn s’est perdu dans la pile des albums pas assez sexy pour m’aguicher et pas assez mauvais pour me donner des envies de meurtre et de chronique au vitriol.

Et d’emblée, vous connaissez mon point de vue, vous comprenez où je veux en venir. H7 a beau ne pas avoir l’étoffe d’un album exceptionnel, il n’est pas pour autant une sombre déception. Dans le genre pratiqué (du Black Metal, pour ceux qui ne connaissent pas le groupe), on a déjà vu mieux et pire. Le chant est moyen : pas faiblard, mais il manque de mordant, de haine. Les guitares ? Correctes dans l’ensemble, mais le riffing manque de folie, il manque une petite touche qui transcenderait les morceaux, qui rendrait le tout plus relevé. Et la section rythmique ? Ici aussi, le boulot est fait, avec conviction, certes (enfin, pour la batterie, parce que la basse ne ressort pas vraiment dans le mix), mais là aussi, on peut difficilement partir d’originalité.

Blodhemn (ou plutôt Invisus, son seul membre en studio) n’est ni un cancre, ni un prodige. Blodhemn n’apporte pas grand-chose à la scène Black Metal norvégienne, si ce n’est un album pas foncièrement mauvais mais rapidement oublié.

Mister Porn (4,5/10)

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Indie Recordings / 2014
Tracklist (xx:xx) 1. Flammenes Virke 2. Slettet Av Tid 3. Evig Heder 4. Veiten 3 5. Åndenes Ansikt 6. Fandesvenn 7. Holmengraa

Neolith – IZI.IM.KURNU-KI

Plus polonais que ça, tu répares des robinets.

Nan, sérieux, on va certainement trouver que j’en rajoute encore une tonne, mais dans le genre « je m’identifie fortement à ma scène locale », Neolith fait fort. Et pourtant, les gars sont actifs depuis 1991. En 24 ans, on aurait pu croire qu’ils auraient pu se forger une identité propre, un son à eux. Que nenni ! Neolith nous sert le Blackened Death polonais standard des familles, avec l’imagerie pas gentille et le son massif à la Hate / Behemoth (avant que Nergal ne se fasse un collier en pattes de poulet et n’ouvre un salon de coiffure), et ce ne sont pas les quelques touches électro qui parsèment l’album ici et là qui viendront sauver la mise. Au contraire, ces petits inserts n’apportent rien et semblent presque incongrus (« Are We The Lost Ones », putain, c’est quoi cette entrée en matière ?).

24 ans de carrière pour ça. À un moment donné, on ne peut plus parler de persévérance, mais plutôt d’acharnement. Si Hate n’existait pas, si Behemoth s’était borné à faire du Black Metal pur et dur comme à ses débuts, je serais peut-être plus indulgent envers Neolith. Mais voilà, ce que le groupe nous propose ici manque de punch pour rivaliser avec les cadors du genre. Tout a déjà été dit, tout a déjà été fait. IZI.IM.KURNU-KI est anecdotique.

Mister Porn (3/10)

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Non Serviam Records / 2015
Tracklist (39:02) 1. Hear Our Calling 2. Of The Angel and His Orison 3. Chariots of the Gods . E.A. Firebringer 5. Enlil 6. Ire Thru Fire 7. Inferludium 8. One in the Truth and the Truth Is One 9. Are We the Lost Ones? 10. Khufu Arise!

 

Necrowretch – With Serpents Scourge

L’avantage de certaines galettes, c’est leur capacité à se dévoiler d’une seule fois. Pas de chichis, pas de fioritures, pas de structures complexes qui nécessitent un diplôme d’ingénieur pour pouvoir suivre, juste une bonne grosse louche de riffs qui tronçonnent, une section rythmique qui tabasse et un excité du bocal qui dégueule dans un micro. Simple comme bonjour, voire simpliste, mais il n’en faut parfois pas plus. Le risque avec ces albums, c’est de ne pas savoir « emballer » cette simplicité, de sonner cheap et de donner l’impression que l’on s’est tourné vers ce genre parce qu’on ne sait rien faire d’autre. Et ce même si c’est peut-être le cas. À ce petit jeu-là, Necrowretch a réussi le tour de force de sortir un album qui avoine tout du long, bas de plafond en diable mais qui déboite méchamment.

La base est simple, du Death basique avec une touche Black, tendance riffs en folie, un bassiste juste audible pour ajouter un peu de rondeur au son de la gratte et un batteur qui cogne sans discernement. Quand je dis que c’est bas du plafond, c’est vraiment flagrant, le groupe semble tout mettre en œuvre pour se la jouer old school, quand le Metal était une question de faire du bruit, beaucoup de bruit… Au niveau chant, on dirait vaguement le gars de Watain qui s’essaierait au Thrash avec 100 grammes de caféine dans les veines. Au final, l’approche est presque comparable à celle d’un Nifelheim, mais là où Nifelheim fait sourire, Necrowretch se la joue plus sérieux et aligne les compos avec conviction.

La question à 100 balles, au final est la suivante : comment considérer cet album ? Personnellement, j’ai du mal à le considérer autrement qu’un gros défouloir à la durée de vie limitée, neuf pistes interchangeables qui ont le mérite de déborder d’énergie mais qui, pour le reste, n’apporte pas grand-chose, si ce n’est le kiff éphémère pendant une paire d’écoutes.

Mister Porn (5/10)

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Century Media Records / 2015
Tracklist (35:05) 1. Black Death Communion 2. Feast Off Their Doom 3. With Serpents Scourge 4. By Evil and Beyond 5. The Bells of Evil Schism 6. He Thrones on Thy Sins 7. Even Death May Die 8. Infernal Imprecation 9. Mortem Ritu