Tiens, encore un come-back, histoire de changer. Et sur le papier, une nouvelle fois, je suis tenté, ne fût-ce que par le nom et les souvenirs qu’il évoque. Beh ouais, on a beau avoir aligné les déceptions musicales avec les retours fracassants des dernières années, on garde toujours un petit espoir au fond de soi-même. Allez quoi, Soils Of Fate, quoi, ils ont un bon fond, ils peuvent pas avoir chié dans la colle, s’ils reviennent, c’est parce qu’ils ont encore le feu sacré, qu’ils sont prêts à en découdre. Allez. Sévéplé. Merdez pas votre coup les gars.
Et puis on se prend « Weaponry Wisdom » dans la face, un opener pataud avec un chanteur qui en fait des caisses. Bon, d’accord, SoF n’a jamais fait dans le trépidant, mais la mise en marche de la bête est laborieuse, la faute notamment à une prod’ un peu faiblarde. On sent que les morceaux ont un vrai potentiel, mais ça manque cruellement de puissance, de violence. Là où un Devourment nous a collé au mur avec un son en mur de briques peint au sang de femme enceinte, Soils Of Fate fait petits bras, et ce n’est pas le chant grouiké à peine forcé qui viendra améliorer le ressenti global. Peut-être est-ce juste une question de prod’, mais j’en doute, parce que je ne ressens, au final, que très peu de passages qui ne font vraiment remuer le derche. Je suis probablement un vieux con passéiste, mais j’avais un souvenir plus enthousiaste de Soils Of Fate, et pourtant je les avais découverts sur le tard. Ici, on dirait du Six Feet Under… Pas forcément une bonne référence.
Voilà, encore un comeback moisi, avec pour seul lot de consolation le fait que cela signifie peut-être aussi un retour du groupe sur les planches et, à la clé, quelques grands classiques à se recoller dans les esgourdes dans une salle surchauffée qui pue la transpiration et la bière chaude. On se console comme on peut…
Mister Porn (too old for this shit/10)
Permeated Records / 2014
Tracklist (36:22) 1. Weaponry Wisdom 2. Thin The Herd 3. Brotherhood (Omertá Part II) 4. 8.9.3 5. High Lead Intake 6. O.O.O / T.T.T (One On One – Toe To Toe) 7. Vale Tudo 8. I Am Violence 9. C21H23NO5 (Heroin) 10. Dogma
En voilà un qui traîne une bonne vieille sale réputation de merde, qui défrise le poil des associations anti-Hellfest et qui, pour pas mal de monde, est plus que peu fréquentable. Bon, un petit aparté avant d’entrer dans la musique : je n’ai pas creusé le sujet des relations du gentil monsieur qui a pondu cette galette, et je m’en bats le steak. À ce rythme-là, je devrais supprimer de mes playlists un fameux paquet de tordus plus doués pour la musique que pour la tolérance. Perso, ici, c’est la musique seule qui compte, et à ce petit jeu, Satanic Warmaster n’est pas le moins convaincant, loin de là, et ce Fimbulwinter a su, en quelques écoutes, s’imposer comme un des albums de Black les plus intéressants de l’année.
J’avoue que le comeback de Carcass m’avait fait chaud au cœur. C’était beau, cette bande de vieux briscards des îles, désormais épaulés de deux petits jeunots qui nous faisaient le coup du « hey, nous revoilà et on n’a pas moisi comme les autres vieux cons ! ». Surgical Steel m’avait positivement surpris. Mais là, le coup du petit ep « j’en avais un peu plus, je vous le mets quand même », on va avouer que ça sent à la fois le coup de marketing et le grattage de fonds de tiroir.