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Après une première édition organisée comme travail de fin d'étude, le Tongeren Metal Fest revient l'année prochaine avec un line-up plutôt alléchant. Au programme le 2 mai :

Enslaved

Schirenc Plays Pungent Stench

Bölzer

Bodyfarm

Insanity Reigns Supreme

Disinterred

Les tickets sont déjà en vente (voir flyer) et coûtent 20 EUR en prévente.

Metalchroniques y sera… et vous ?

Bloodbath – Grand Morbid Funeral

J’avoue que je ne donnais pas cher de la peau de Bloodbath après l’annonce du nom du successeur de Mikael “putain de hippie de merde” Akerfeldt. Franchement, les gars, Nick Holmes aurait la carrure et le growl suffisants pour interpréter « Eaten » ou « Cancer Of The Soul » en live, alors qu’il est déjà à la ramasse dans plus de 50 % des concerts de Paradise Lost ? Ajoutez à cela un premier single qui n’était pas de nature à me rassurer et vous obtenez le scénario parfait du comeback moisi, qui ferait passer le retour d’At The Gates pour la meilleure chose qui soit arrivée au monde depuis Youporn.

Et pourtant, contre toute attente, Bloodbath nous prouve qu’on peut sembler avoir fait, sur le papier, une erreur de casting improbable et finalement faire un comeback bien moins honteux qu’on aurait pu le craindre.

Au niveau purement musical, Bloodbath a su garder son efficacité et nous assène une galette de Death bien sentie. Exit le son clinique, Grand Morbid Funeral est plus gras, plus sale, « à la suédoise », et certaines de ces compos nous renvoient des années en arrière, quand Bloodbath était une machine de guerre… Mais bon, au vu du line-up, on ne devait pas vraiment avoir d’inquiétude sur ce plan : ces gars n’ont pas oublié comment se servir de leurs instruments pendant leur retraite. Non, l’inquiétude principale était le chant. Je craignais que Nick arrive bien vite à ses limites et ne soit pas à la hauteur de ses collègues musiciens.

Eh bien, j’avais plutôt tort. Mis à part une ou deux exceptions (dont ce premier single), la prestation de Nick est plutôt intéressante. Plutôt que d’essayer de singer ses prédécesseurs (ce dont il aurait probablement été incapable), il nous propose un chant moins percutant, plus « vicieux », plus « sale », et ce timbre colle aux morceaux… et ce alors que Bloodbath n’a pas pour autant adapté sa musique à son nouveau chanteur. Bloodbath parvient donc en quelque sorte à nous donner l’impression que rien n’a changé alors qu’un élément central a sensiblement été modifié. C’est habile et osé, bien plus qu’un At The Gates qui est sorti de son hibernation comme si de rien n’était.

Intégrer Nick Holmes à Bloodbath était un pari risqué. Même si je reste encore sceptique quant aux capacités de ce bon vieux Nick d’assurer un set correct en live (surtout sur les anciens morceaux), je dois reconnaître qu’il a encore de beaux restes sur ce Grand Morbid Funeral plutôt bien ficelé. 2014 a beau ne pas vraiment être l’année de la Suède en Metal, Bloodbath fait partie de ceux qui ne se contentent pas de sauver les meubles Ikea.

Mister Patate (7,5/10)

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Peaceville Records / 2014
Tracklist (46:54) 1. Let The Stillborn Come To Me 2. Total Death Exhumed 3. Anne 4. Church Of Vastitas 5. Famine Of God's Word 6. Mental Abortion 7. Beyond Cremation 8. His Infernal Necropsy 9. Unite In Pain 10. My Torturer 11. Grand Morbid Funeral

 

Hexa Mera – Human Entropy

Parfois, le métier de chroniqueur réserve de bonnes surprises, éparpillées ici et là au milieu d’une palette de sorties anecdotiques… et heureusement, ai-je envie de dire. Sinon, je passerais mon temps à coller des notes inférieures à 5/10 sur tout ce qui passe. Cette année, j’aurai même eu droit à trois bonnes surprises made in Belgium, toutes sorties sur une base indépendante et chacune dans leur propre genre. Après le Metal épique de Marrow Of Kaladrius et le Death travaillé d’Atroxentis, voici donc une troisième formation belge, Hexa Mera. Après un passage sur les planches du Graspop (le jeudi soir lors de la warm-up party), les voici avec un nouvel album sous le bras qui fleure bon la bonne pioche.

Tout d’abord, le packaging en soi fait très pro, avec un digipack et un artwork soignés. Venant d’un groupe non signé, on appréciera donc les efforts consentis au niveau de « l’emballage », même si, au final, c’est surtout la musique qui comptera pour moi. Sur le papier, on peut aussi constater que le groupe a fait appel à des gros noms pour le mix (Ace Zec, qui s'est occupé de Spoil Engine, Diablo Blvd, etc.) et la prod’ (Alan Douches, qui s'est occupé de Chimaira et de The Black Dahlia Murder pour ne citer qu'eux), et ça se sent immédiatement quand on appuie sur Play. Là aussi, Hexa Mera propose un son plus que correct, bien clair, assez puissant, bien équilibré. Là aussi, on peut ne pas être signé et proposer un résultat fini de qualité, qui n’a rien à envier à de plus grosses formations. Ce n’est peut-être pas aussi énorme qu’une prod’ 24 carats de la plupart des groupes de Metalcore du moment, mais c’est plus que suffisant.

Et les compos ? Sur le papier, le groupe nous annonce du Death mélodique. Moui. Mouais, même. Avec toute la bonne volonté du monde, le premier nom qui me vient à l’esprit quand j’écoute Human Entropy est Heaven Shall Burn, pas exactement un groupe de Death mélodique à mes yeux. Hexa Mera nous balance donc un Metalcore à l’allemande (enfin, à l’allemande… à la HSB), puissant, racé et résolument rentre-dedans. Pas de gnangnans, pas de chant clair à la guimauve, plutôt un barrage de riffs en béton qui tombe sur le coin de la gueule. Musicalement, le groupe tire clairement son épingle du jeu : on sent une claire montée en puissance par rapport à l’opus précédent (du moins, ce que j’ai pu écouter sur la toile). C’est plus pro, plus carré et on en a pour son argent.

Selon moi, le seul point faible de cet album est le chanteur. Enfin, je dis le chanteur, je devrais dire son chant, 45 minutes sans véritables variations, toujours le même ton, le même chant un peu forcé. À ce niveau, un peu de variation (ou l’ajout d’un deuxième chanteur au timbre plus criard) permettrait certainement à Human Entropy de passer du statut de « bon album » à celui de « très bon album ». Ici aussi, je reprendrais l’exemple d’Heaven Shall Burn et de son frontman aussi à l’aise dans les graves que dans les aigus.

Malgré ces reproches, Hexa Mera laisse augurer de très bonnes choses… à tel point qu’au final, je verrais bien le groupe fouler à nouveau les planches du Graspop, mais sans devoir passer par un concours cette fois. C’est tout le mal que je leur souhaite.

Mister Patate (8,5/10)

Facebook officiel

Autoproduction / 2014
Tracklist (44:59) 1. Intro 2. Human Entropy 3. Scarred Eyes 4. Siegebreaker 5. Dead Inside 6. Inhale Chaos 7. Elemental's Rage 8. The Revenge 9. The System Has Failed 10. Carnage 11. Redemption 12. Anger Rising 13. Welcome to Reality