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Mister Patate
Oct
24
Quo Vadis, Gorguts, Cryptopsy, Archspire… En matière de Death technique, le Canada compte son lot de fiers représentants du genre, à tel point qu’on viendrait à se demander s’il y a quelque chose dans l’air qui rend les musiciens si virtuoses entre Toronto et Vancouver. Parmi toutes ces formations, nous nous intéresserons aujourd’hui à Beyond Creation qui nous propose un nouvel effort sorti chez Season Of Mist (qui nous a déjà proposé Archspire plus tôt cette année). Alors, que vaut ce Earthborn Evolution ?
Cet album est frappant à plusieurs égards. Tout d’abord, malgré sa complexité, il parvient à rester « digeste » pour un album de Death technique. Ici, pas de sweeping survolté ou de passages mindfuck total, juste une galette qui a su trouver le juste équilibre entre technique débridée et efficacité. À certains égards, Earthborn Evolution me rappelle les Allemands d’Obscura (sur un plan purement musical, bien entendu, parce que le chant est radicalement différent). Par ailleurs (et là aussi, j’aurais envie de faire le parallèle avec la bande à Steffen Kummerer), le mix de l’album est à tomber à terre, et la basse, loin d’être un simple renfort à la batterie, vient jouer ici un rôle complet, venant se placer au même niveau de la guitare pour apporter une harmonie supplémentaire. Et au niveau des compos ? Là aussi, une réussite sur toute la longueur, un album sans véritable temps mort, avec juste ce qu’il faut de cassures au niveau du rythme pour ne pas lasser. Sans jouer la carte de l’ultra technicité, Beyond Creation nous livre une galette plus que recommandable, suffisamment « simple » pour être appréciée dès la première écoute et suffisamment recherchée pour conserver une durée de vie supérieure. Une bonne pioche !
Mister Patate (8,5/10)
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Season Of Mist Records / 2014
Tracklist (46:23) 1. Elusive Reverence 2. Sous la lueur de l'Empereur 3. Earthborn Evolution 4. The Great Revelation 5. Neurotical Transmissions 6. Abstrait Dialog 7. The Axiom 8. L'exorde 9. Theatrical Delirium 10. Fundamental Process
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Mister Patate
Oct
21
À sa sortie l’année passée, Ascension To The Throne Ov Self avait suscité chez moi plus de questions que de réponses et j’étais resté méfiant. C’était presque trop beau, trop efficace, quelque chose devait clocher. On en a vu passer, des feux de paille qui promettaient monts et merveilles et finissaient par peiner à se hisser au-dessus de la moyenne, et Sidious n’aurait pas été le premier, ni le dernier à rater la marche traîtresse entre le premier essai prometteur et la confirmation sur la deuxième galette.
Mais Sidious s’en fout de cette marche. Sidious a pris l’ascenseur. Et le résultat fait très, très mal.
Et pourtant, la base reste la même : un Black/Death sympho de qualité supérieure, à mi-chemin entre Behemoth (époque pré-Satanist) pour la brutalité et Dimmu Borgir pour l’apport symphonique et le côté grandiloquent de la chose (sans oublier une ou deux petites touches de chant clair parfaitement intégrées), le tout magnifié par une production sans faille. Les qualités dévoilées sur le premier ep sont toujours là, restait à voir si le groupe pouvait maintenir un tel niveau sur un album entier… et c’est le cas ! Les 36 minutes de Revealed In Profane Splendour ont tout ce qu’il faut pour plaire aux fans du genre : les compos sont travaillées et ambitieuses, la brutalité du propos est habilement contrebalancée par les éléments symphoniques et l’ensemble de l’album brille par sa cohérence et sa constance.
Sidious vient de frapper un très grand coup et a sorti, selon moi, le meilleur album du genre cette année, et rares sont les groupes qui ont su me convaincre aussi aisément en Black/Death depuis des lustres. La note que j’avais donnée au groupe l’année passée était très sévère et ne reflétait pas vraiment la qualité de cette sortie. Face à ce Revealed In Profane Splendour, je ne peux que m’incliner. Ils sont forts. Très forts même. Behemoth m’avait déçu en début d’année, Dimmu Borgir a disparu des radars depuis 4 ans… mais avons-nous encore besoin des Polonais et des Norvégiens avec des Anglais aussi doués ?
Mister Patate (9/10)
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Kaotoxin Records / 2014
Tracklist (36:04) 1. Sacrilegious Majesty 2. Inexorable Revelation 3. Revealed in Profane Splendour 4. Annihilation of Abhorrent Credence 5. Obscenity Ov Old 6. Infernal Reign 7. O Paragon, Bringer Ov Light
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Mister Patate
Oct
20
On avait de bonnes raisons de s’inquiéter après le dernier EP des Sorciers Électriques et ses deux titres presque anecdotiques. Electric Wizard sombrait dans la redite, Electric Wizard ne faisait plus autant vibrer, Electric Wizard masquait son incapacité à secouer nos tignasses derrière un gros rideau de fumée. Deux ans et un changement de label plus tard (adios Rise Above Records, ze label doom d’outre-Manche), Electric Wizard revient avec Time To Die qui marque un retour gagnant.
Dès l’opener « Incense For The Damned », Jus et ses deux compères nous servent un doom enfumé de qualité supérieure, avec supplément de riffs king size au son bien grésillant. Les cervicales s’échauffent, les têtes dodelinent, le tempo est un poil plus énervé qu’à l’accoutumée. Niveau textes, on navigue dans l’archi-convenu, la Mort, Satan, la drogue, « I wanna get high before I die », mais un album d’Electric Wizard sans cette ambiance serait-il bien un album d’Electric Wizard ? Le titre éponyme lève un peu le pied, avec un ajout d’orgue Hammond bien pensé et une mélodie de guitare qui rappelle les efforts précédents sans que l’on puisse pour autant facilement identifier le morceau d’origine (pas comme « Legalise Drugs And Murder » qui affichait honteusement sa filiation avec « The Chosen Few »). Et la suite ? Un album solide, cohérent, avec un interlude presque parfait avec ses samples et ses lignes d’orgue et son outro qui reprend les éléments de l’intro pour venir boucler la bouche. On regrettera juste quelques petites longueurs sur « We Love The Dead » (les autres morceaux ont beau être aussi longs, ils parviennent à maintenir une certaine tension, à ne pas sombrer dans l’ennui), mais dans l’ensemble, Time To Die vient remettre les pendules à l’heure.
Mister Patate (8/10)
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Spinefarm Records / 2014
Tracklist (65:26) 1. Incense for the Damned 2. Time to Die 3. I Am Nothing 4. Destroy Those Who Love God 5. Funeral of Your Mind 6. We Love the Dead 7. SadioWitch 8. Lucifer's Slaves 9. Saturn Dethroned