Author Archive

 

Muscadeath

01. Bonjour Ben, dans un premier temps, peux-tu nous présenter Carnage Asso qui est à l’origine du Muscadeath ?

Salut, CARNAGE ASSO MUSCADEATH, au départ, c’est NECROWN, notre groupe de Death metal qui existe depuis 1996 avec ma femme Manue à la basse, un pote d’enfance Ghislain à la batterie et moi à la guitare et au chant.

On a décidé de fonder notre asso en 2003 : CARNAGE ASSO MUSCADEATH. Le but était de faire des échanges de dates de concerts et, pourquoi pas, d’organiser un mini festival. Le MUSCADEATH est donc né : un festival de death dans la capitale du Muscadet, Vallet (44).

Nous sommes donc 3 dans l’asso et avons une équipe de potes bénévoles d’environ 30 personnes. Nous avons principalement 3 activités. L’organisation de deux scènes metal lors de la fête de la musique de Vallet; le Muscadeath; le bénévolat au Hellfest où nous sommes les « guardian of the streets », c’est-à-dire qu’on s’occupe des parkings et de la circulation.

02. Le festival existe depuis 15 ans. Quelles sont, selon toi, les raisons de cette longévité ?

Grâce au public, à notre équipe de bénévoles, parce que l’on veut rester à taille humaine avec une bonne grosse ambiance de potes qui se retrouvent tous les ans et peut-être aussi grâce à la prog.

03. J’apprécie tout particulièrement le côté « pointu » des affiches précédentes. Et cette année, ça continue de plus belle. Vous nous offrez Putrid Offal à l’affiche. Comment choisis-tu les groupes que tu veux mettre à l’affiche ? Je suppose qu’avec le temps, tu as dû te constituer un réseau important ?

Merci pour le côté pointu des affiches ! Ca fait plaisir de faire plaisir ! Généralement, nous recevons pas mal de sollicitations des groupes. Une écoute suffit pour sélectionner en fonction de nos goûts. Concernant les têtes d’affiches, on a une longue liste de groupes que l’on aimerait faire jouer, tout dépend ensuite des disponibilités, des conditions et… du budget.

 

pastmuscadeath

04. Au fil du temps, tu as fait jouer le gratin de la scène française (Trepalium, Mercyless, Benighted, Gorod, Loudblast, Crusher, No Return, Kronos, Necroblaspheme). Je suppose que tu dois en retirer une certaine fierté. Quel est le groupe que tu n’as pas pu encore inviter au Muscadeath ?

C’est vrai que parfois en regardant les anciennes affiches, on se dit qu’on a fait jouer le « top » de la scène française. Je pense qu’en France il y a vraiment de bons groupes et une scène metal riche. Il y a des tas de groupes que nous n’avons pas encore pu faire jouer comme Agressor ou Blockheads qui étaient tous les deux une option pour cette année !

05. On remarque que peu de groupes internationaux sont à l’affiche des éditions précédentes. Pourtant, quelques grands noms sont venus (Avulsed, Severe Torture, Mumakil) ? Vas-tu développer des affiches plus internationales ?

Nous n’avons pas de ligne de conduite particulière en ce qui concerne la nationalité des groupes que nous programmons. Simplement l’équilibre entre nos goûts, les disponibilités et toujours le fameux budget !

06. Combien de spectateurs le festival draine t-il en moyenne ? Je suppose que la fréquentation augmente au fil des années.

Nous sommes sur la taille des petites salles de concert. Nous étions sur une grosse centaine de personnes au départ pour aller jusqu’à 350 l’an dernier. Cette année, nous espérons faire un peu plus. Ce qui n’empêche pas de garder l’essence même du festival : convivialité et proximité entre les groupes, le public et l’orga.

07. L’édition 2015 proposait une affiche dingue, le big four français, moins Mercyless. Quelle était l’ambiance ? Dans les backstages et dans le public.

C’est vrai que l’an dernier était une affiche de rêve ! Le but était de refaire le brutal tour de 1995, sans Massacra malheureusement. Cette quatorzième édition s’est déroulée dans une ambiance excellente. Nous avons revu pas mal de personnes que l’on voyait en concert à l’époque du brutal tour. Une vraie osmose entre le public et les groupes : ça s’est vu sur scène d’ailleurs ! Et puis beaucoup de partage et de bonne humeur en backstage.

08. Une question de fan : Comment fait-on pour avoir Napalm Death à l’affiche de son festival ?

Pour avoir Napalm, nous avons fait une simple demande à une agence de booking, Rage Tour, avec qui nous avions travaillé l’an dernier. Comme il est compliqué d’avoir Napalm en date unique Kalchat de Rage Tour leur a trouvé une semaine de dates en France ! Et voilà Napalm Death est en tête d’affiche au MUSCADEATH XV …

Merci à Ben pour ses réponses.

Nous vous rappelons que la quinzième édition du Muscadeath aura lieu le 24 Septembre 2016 à Vallet à partir de 17h. 

Vous trouverez encore plus d’infos sur le site du Muscadeath, ici.

Nico.

inquisitionDepuis la sortie du grandiose Obscure Verses for the Multiverse, la carrière du duo black metal de Seattle s’est accélérée. Le groupe a sorti son meilleur effort sur l’estimable label Season Of Mist et la reconnaissance du public n’a pas tardé. Un succès qui s’est affirmé avec les nombreuses tournées et une campagne de réédition efficace. Inquisition est aujourd’hui incontournable sur l’échiquier du black mondial. Il a bien fallu patienter trois ans pour qu’il réalise cette suite tant attendue : Bloodshed Across The Empyrean Altar Beyond The Celestial Zenith.

Ne tergiversons pas, ce nouvel opus est une réussite. Dès « The force beyond darkness », Dagon et Incubus nous emmènent là où personne n’a encore été. Cette introduction mystique est le début d’un passionnant voyage. S’ensuit « From chaos they came », maelström musical où puissance et destruction sont au rendez-vous. Amples et grandioses, les titres s’enchaînent avec vigueur ; un vent épique souffle avec « A Black Aeon Shall Cleanse ». Puisant son inspiration à la source du genre, Dagon retrouve les sensations originelles que beaucoup de groupes ont perdues en route (l’énorme riff de « The Flames of Infinite Blackness Before Creation »). Les influences heavy-metal (le titre éponyme) ajoutent un plus indéniable. On se met alors à penser à l’Immortal des grands jours, à Mayhem, à Absu… Il y a pire comme références.

Inquisition se paye le luxe de sortir l’album de black-metal le plus abouti depuis The Satanist de Behemoth. Tout en restant accessible et pointu, le duo se démarque de la concurrence grâce à ses expérimentations. Inquisition est le groupe black le plus intéressant du moment et pour ceux qui ne le connaissent pas encore, il est impératif de se plonger dans leur Multiverse.

Nico (9/10)

Site Officiel: https://inquisitionbm.bandcamp.com/

Season Of Mist / 2016

01. Intro: The Force Before Darkness 02. From Chaos They Came 03. Wings of Anu 04. Vortex From the Celestial Flying Throne of Storms 05. A Black Aeon Shall Cleanse 06. The Flames of Infinite Blackness Before Creation 07. Mystical Blood 08. Through the Divine Spirit of Satan a Glorious Universe is Known 09. Bloodshed Across the Empyrean Altar Beyond the Celestial Zenith10. Power from the Center of the Cosmic Black Spiral11.A Magnificent Crypt of Stars12. Outro: The invocation of the Absolute, the All, the Satan13. Coda: Hymn to the Cosmic Zenith

Cette année, les astres n’étaient pas avec nous, les planètes n’étaient pas alignées. De cette édition 2016 du Motocultor, nous vous relaterons, hélas, que la journée du samedi 20 août. De grands chambardements ont eu lieu. En premier lieu, parlons de l’organisation.

 

SiteMotocultor

Le site a été repensé pour le meilleur ; les deux chapiteaux sont une très bonne initiative (surtout en cas de pluie). Il y a plus de place pour circuler et le service de restauration est plus rapide (toutes proportions gardées, nous sommes en festival). La sécurité fait bien son boulot, les tickets boisson et repas sont rapidement accessibles, les séances de dédicaces sont bien organisées et la communication sur les réseaux sociaux est digne des plus grands évènements. C’est du tout bon. Les petites galères de l’année dernière sont oubliées. Le festival a passé un cap important. On le sent à chaque instant.

Maintenant, niveau musique, c’est aussi la panacée.

 

Get_The_Shot (114)

Get the shot, le groupe québécois de l’année, retourne la Supositor stage avec son set nerveux. Le hardcore puissant et généreux du quintet fait mouche et les pogos s’enchainent sans discontinuer. Bien plus tard, sur la même scène, les vétérans d’Agnostic Front démontrent une fois de plus qu’ils sont les parrains légitimes du genre. Vinnie Stigma, généralement à la masse, est remonté comme un coucou : il fait le spectacle. Mieux, il nous fait oublier les approximations vocales d’un Roger Miret qui tire de plus en plus sur ses cordes. Rien de grave, le groupe reste intouchable.

 

Necrobutcher

Niveau black metal, nous sommes copieusement servis. Goatwhore ne fait pas de quartier ; il aligne une série de skuds imparables. Haineux au possible, les gars du bayou crachent littéralement au visage des institutions bien pensantes. Ça fait un bien fou. Dans le même style, un cran au-dessus, Mayhem propose un spectacle total. Ambiance lugubre, fumigènes et lumières sombres sont au rendez-vous pour célébrer le meilleur album de black metal des années 90 : De Mysteriis Dom Sathanas. L’interprétation est sans faille. Attila Csihar s’impose en grand bateleur tandis que Necrobutcher, que l’on sent très motivé, harangue un public qui n’en demandait pas tant. Nous ne remercierons jamais assez Teloch (dernier guitariste en date) d’avoir relancé une machine qui semblait s’être essoufflée.

 

Sordid_Ship (28)

Dans un tout autre genre, Giuda, débarqué de nulle part, est une bonne surprise. Son rock basique et ses riffs à la Angus Young emballent l’assistance. C’est frais, pas foncièrement original, mais ça fait bien le job. Et les gars décrochent la timbale avec leur reprise enthousiaste du classique « Saturday Night's Alright for Fighting » d’Elton John. La révélation du jour est le groupe lorientais Sordid Ship. Les gagnants du tremplin Motocultor profitent d’une exposition inédite pour dévoiler leur punk/surf/core à qui le veut. C’est rafraîchissant, rigolo ; leur musique est convaincante. Une découverte à suivre avec attention. Rien à voir avec les tristes Pipes and pints qui foirent leur prestation à trop vouloir ressembler aux Dropkick Murphy’s. Ce qu’ils ne seront jamais.

 

Gorod (9)

Quand les membres de Gorod sont entrés sur scène, personne n’aurait pu prévoir qu’ils allaient littéralement atomiser la Dave Mustage avec leur death metal technique. Cette heure de concert incroyable prouve par A+B que le groupe fait partie des meilleurs. Les compositions tranchent dans le vif et on ressort soufflé de ce concassage en bonne et due forme. Niveau intensité, nous restons bluffés par l’enchainement Cult Of Luna/Neurosis. Les Suédois frappent encore dans le mille. Johannes Persson est charismatique ; le groupe frôle une fois de plus la perfection. Et même si leurs morceaux sont tronqués, festival oblige, leur musique reste magique, indispensable. Tout comme Neurosis qui envoûte le festival avec un show exigeant et d’une noirceur sans pareille. Steve Von Till est magnétique tandis que son acolyte Scott Kelly, plus brut, emmène le groupe dans un maelström musical torturé. Neurosis prouve une fois de plus son statut « à part » dans le paysage musical actuel. On finit donc sur une très bonne note.

 

Neurosis

L’impression, au sortir de cette journée haletante, est extrêmement positive. En termes d’organisation, rien n’a été négligé. Cela a fait un bien fou au festival. Niveau musique, la programmation est toujours riche et varié. Et le luxe de se payer Neurosis en exclusivité est plutôt un bel exploit. Si le public aime ce festival, c’est pour son ambiance unique, sa diversité musicale et ses valeurs. Nous souhaitons donc que le Motocultor continue longtemps sur cette lancée positive ! Si les astres sont avec nous.

Nico.

Toutes les galeries photos de cette journée du Motocultor 2016 sont ici.