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armoredsaintwinhandsdowncover_638Armored Saint, vétéran de la scène heavy-metal, est un groupe exemplaire. Il a tout pour séduire: des musiciens compétents, un sens de la mélodie indéniable et, cerise sur le gâteau, un chanteur comptant parmi les meilleurs du genre. La formation nous a aussi offert quelques albums figurant au Panthéon du métal hurlant (March of the saint, Symbol of salvation). Malgré cela, la bande n'a jamais décroché le succès qu'elle mérite. La faute à un public peu réceptif et à une parenthèse de dix ans où John Bush s'en est allé chanter pour Anthrax. Pourtant, à intervalles réguliers, le groupe nous gratifie d'albums de haute tenue. Après cinq années d'attente, Armored Saint donne enfin un successeur à son excellent La raza.

Win hands down est la preuve qu'Armored Saint en a encore sous le coude. Le groupe n'a rien perdu de son énergie juvénile. L'interprétation est sans défaut et l'on se délecte au fur et à mesure de l'écoute. Mélodies imparables et riffs assassins se mélangent pour un résultat réjouissant. De fait, les morceaux s'intègrent rapidement dans le cortex et se fredonnent sans difficulté (« Win hands down », « An exercise in debauchery »). Le groupe arrive même à saupoudrer le tout de petites rythmiques thrashisantes (« Mess ») du plus bel effet. C’est du tout bon. John Bush, quant à lui, se démène comme un beau diable et donne une de ses plus belles prestations (« Muscle memory »). Son chant n’a pas bougé d’un iota depuis les eighties. Il est toujours plaisant d’entendre ses vocaux puissants qui sont LA grande valeur ajoutée du quintet.

Il est dommage est qu’Armored Saint doive se contenter d’un succès d’estime. Même si Win hands down se classe dans le haut du panier, pas besoin d’être devin pour comprendre qu’il ne risque pas d’apporter plus de succès commercial au groupe. Il restera toujours la reconnaissance de la profession et des fans. Au final, la chose la plus importante pour ces fiers combattants de la cause métallique.

Nico (8,5/10)

Site Officiel: http://www.armoredsaint.com/

Metal Blade / 2015

01. Win Hands Down 02. Mess 03. An Exercise In Debauchery 04. Muscle Memory 05. That Was Then, Way Back When 06. With a Full Head of Steam 07. In an Instant 08. Dive 09. Up Yours

TBOS-Packshot_995Iron Maiden n’a plus rien à prouver. Leader du heavy-metal mondial, le groupe de Steve Harris a produit bon nombre d’albums incontournables (Powerslave, The number of the beast, Seventh son of a seventh son…). Il est devenu, de fait, une référence. Pourtant, la bête a récemment montré quelques signes de faiblesse. Les derniers enregistrements ont eu peine à convaincre. Pire, l’avant dernier en date, le mal aimé The final frontier, s’est embourbé dans un metal progressif indigeste. Résultat, la vierge de fer provoquait l’ennui malgré quelques rares fulgurances («  When the wild wind blows  », « Coming Home  »). Au point de nous poser la question : que peut-on attendre d’un nouvel album de Iron Maiden ?

Ne ménageons pas le suspense : The book of souls est un excellent cru. Le premier double album des Britanniques est une œuvre ambitieuse ; elle réintègre l’enthousiasme et l’envie au sein du sextet. Si l'on reste en terrain connu, la vierge de fer s'est sacrément reprise en main. The book of souls est le fruit d'un vrai travail de groupe. Steve Harris, qui ne signe intégralement qu'un seul morceau («  The red and the black  »), laisse ses compères s'exprimer. Le songwriting s'est remusclé et nous offre de beaux morceaux de bravoure. L'introductif «  If eternity should fail  » donne un bon aperçu des réjouissances à venir. C’est un long et passionnant morceau heavy qui fait saliver. «  Speed of light  », le single, est plus convenu. Il ne démérite pas grâce à son refrain imparable. Et la suite n'est pas en reste. L'épique «  The red and the black  » et ses chœurs conquérants emportent tout sur leur passage. Le morceau éponyme et son refrain imparable sont aussi une réussite. «  Tears of a clown  » réussit à émouvoir avec sa mélodie. Et si le copieux (18 minutes) «  Empire of the clouds  » est parfois difficile à digérer, il contient quelques riffs et ambiances qui raviront les aficionados de heavy-metal.

Si le groupe est toujours au top, nous sommes bien évidement obligés de parler de la prestation de Bruce Dickinson. Le vocaliste a toujours bien chanté ; c'est encore le cas ici. Pour The book of souls, il force le respect sachant qu'il avait une tumeur, grosse comme une petite pêche, dans la gorge. Increvable à l'image de ce qui est aussi son groupe.

Cinq longues années ont été nécessaires à l’accouchement de The book of souls. L’attente en a valut la chandelle. Cet album est probablement la meilleure production du groupe depuis Seventh son of a seventh son. Une œuvre sur laquelle on revient et qui s’inscrit dans le Panthéon des indispensables du groupe britannique. Un classique. L'album de l'année.

Nico (10/10)

Site Officiel : http://www.ironmaiden.com/

Parlophone / 2015

Cd1: 01. If Eternity Should Fail 02. Speed Of Light 03. The Great Unknown 04. The Red And The Black 05. When The River Runs Deep 06. The Book Of Souls

Cd2: 01. Death Or Glory 02. Shadows Of The Valley 03.Tears Of A Clown 04. The Man Of Sorrows 05.Empire of the clouds

live-dissident-tour-cd-digipackTagada Jones a le vent en poupe. Les Bretons ont récemment fêté leurs 20 ans de carrière. Et pour ne rien gâcher, leur dernier album studio, Dissident, est considéré comme leur Everest musical. Suite à ce succès, une phénoménale tournée a suivi et le groupe a écumé tous les endroits où il est possible de jouer : première partie de Biohazard, festivals… Le groupe est de tous les combats, propageant idées positives et fureur punk’n’roll. Live dissident tour nous relate le passage du quatuor au festival vendéen « Les Herbiers ».

Le groupe de Niko et Steph nous convie à une prestation de haute volée. Après l’intro dramatique de rigueur (samples de discours politiques, actualités, Ramones etc.), c’est le moment de la première baffe. « De l’amour et du sang » ébranle le public. Cette grande chanson est une parfaite mise en jambes. La suite ne démérite pas. Les sept missiles tirés de Dissident forment avec le répertoire classique (« Yech'ed Mat », « Les nerfs à vif »…) un ensemble cohérent. N'oublions pas le morceau inédit « Je suis démocratie » qui s'impose comme un standard. L’interprétation est fiévreuse, le public réagit positivement. C'est comme d'habitude de l'excellent travail. Le concert se finit avec l'ultime hommage aux Bérus : « Karim et Juliette ». Cet hymne anti-facho, joué de façon dantesque, clôture un concert mémorable.

Brut de décoffrage, Live dissident tour ne fait pas doublon avec 20 ans d'ombre et de lumière. Il en est le parfait complément. Indispensable, d'autant plus qu'il est proposé à un prix très doux. Il nous prouve une fois de plus que Tagada Jones est le meilleur groupe de punk-rock français du moment.

Nico (9/10)

Site Officiel : http://www.tagadajones.com/new/#/Home

@thome/ 2015

01. Intro 02. De l'amour & du sang 03. Instinct sauvage 04. Le chaos 05. Yech'ed mat 06. Pavillon noir 07. Descente aux enfers 08. Tout va bien 09. Zéro de conduite 10. Cargo 11. Les nerfs à vif 12. Vendetta 13. Dissident 14. Je suis démocratie 15. Plus de son, plus d'image 16. Le feu aux poudres 17. La traque 18. Osmose 99 19. Superpunk 20. Karim & Juliette