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Tout un chacun aura beau regarder EXIT EDEN sous toutes les coutures, difficile de ne pas voir le coup marketing rapidement rémunérateur de ce Rhapsodies in Black. Sur le papier, la recette s’avère facile, prenez quatre chanteuses douées et accessoirement très jolies, prenez des tubes internationaux qui ont déjà fait leur preuve, connus de tous, métallisez-les un chouia histoire de cendre cela au public qui connait bien ces demoiselles métalleux et voilà, vous obtenez un disque vite fait, bien fait et vite vendu.

Au casting d’EXIT EDEN : Amanda Somerville, Clémentine Delauney, Marina La Torraca et Anna Brunner. Les deux premières surtout poursuivent déjà une solide carrière dans le petit milieu métal mélodique / symphonique au sein d’AVANTASIA, EPICA et KAMELOT pour la première et VISIONS OF ATLANTIS, SERENITY ou MELTED SPACE pour la seconde. Les deux suivantes nous sont inconnues mais affichent rapidement de belles dispositions. Toutes chantent juste et bien, vocalement Rhapsodies in Black reste très agréable. Ajoutez à cela des chansons imparables de DEPECHE MODE, BRIAN ADAMS, MADONNA ou encore VISAGE et cela passe tout seul.

Histoire de bien faire les choses, la sélection des titres a pioché dans différentes décennies, des années 80 (BONNIE TYLER) à des choses très contemporaines (RIHANNA). Si en plus le disque peut-être fédérateur et plaire à tout la famille, c’est encore mieux. Je me moque c’est vrai mais franchement Rhapsodies in Black se veut trop beau, parfait et brillant pour ne pas créer naturellement de la méfiance, l’impression pas très agréable d’être pris d’une façon ou d’une autre pour un pigeon. Le marketing c’est bien mais là, on ne voit plus que cela.

Rhapsodies in Black est un produit très bien fait, sur la fond comme sur la forme. Dans ce cas, il faut parler de produit et plus vraiment d’une démarche artistique. Le plaisir existe, ces chansons continuent de faire leur petit effet et le passage au tamis métal affiche une belle efficacité. Mais cela n’enlève rien au gout amer qui monte lentement dans la bouche. Si le succès est au rendez-vous , on devrait en prendre pour quelques années, avec une telle recette EXIT EDEN pourra reproduire le schéma ad nauseam.

Oshyrya (04/10)

 

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Napalm Records / 2017
Tracklist (57:39 mn) 01. A Question Of Time 02. Unfaithful 03. Incomplete 04. Impossible 05. Frozen feat Simone Simons 06. Heaven 07. Firework 08. Skyfall feat. Simone Simons 09. Total Eclipse of The Heart feat. Rick Altzi 010. Paparazzi 11. Fade To Grey

 

 

Un peu à l’image de leurs compatriotes d’ULTRA VOMIT, les franciliens d’ETHMEBB ne se prennent pas à sérieux et tentent d’amuser leurs contemporains. Pour s’en convaincre, il suffit de regarder de près la pochette de ce disque et de lire le titre des chansons proposées. On a beau jouer la carte du comique, cela n’empêche pas de sérieux dans le boulot et ce disque propose un travail sérieux et appliqué. Le quatuor avait déjà fait parler de lui en 2013 avec un EP, Lost My Grind, à la pochette évocatrice pour les fans de rock énervé. Si vous étiez passé à côté à l’époque, pas d’inquiétude car les trois titres se retrouvent sur ce premier album.

ETHMEBB s’amuse à mélanger les genres et les étiquettes. Les influences sont tellement nombreuses qu’en faire la liste ici serait un exercice particulièrement vain. A partir d’une intro grandiloquente et cinématique comme dit RHAPSODY, les hostilités débutent avec un « Lost My Grind » rapide et très mélodique. Le chant extrême vient épicer le plat et évoque la scène folk métal et des groupes comme EQUILIBRIUM. Cela tient la route sans problème, les musiciens affichent un solide savoir-faire et un joli sens du riff et de la mélodie accrocheuse. Ils viennent ajouter ici et là de nouveaux ingrédients histoire d’enrichir la recette de base, des interludes plus doux, très folk, ou des chœurs évitent la lassitude et apporte de la variété dans le propos musical. La Quête du Saint Grind monte crescendo en intensité avec des titres de plus en plus longs. « Pirates of the Caribou » affiche plus de dix minutes au compteur et se la joue pirate à la façon d’un ALESTORM. Malgré des titres à rallonge, ETHMEBB évite l’effet patchwork. Leurs chansons se suffisent à elle-même et affiche une belle homogénéité même si le groupe n’hésite jamais à emprunter des chemins de traverse. Très foisonnant sur le plan musical comme sur le plan des paroles, l’auditeur pourra passer bien de temps à défricher cette jungle. La production s’avère très bonne, elle manque parfois d’un poil de puissance mais les standards européens sont largement atteints.

Facile de ne pas prendre ETHMEBB au sérieux et d’écouter ce disque pas dessus la jambe. Un peu à l’image de ce que propose Le Donjon de Naheulbeuk dans un autre genre, ETHMEBB reprend à son compte les codes des genres progressif, symphonique, death et folk pour les mélanger à sa sauce et en proposer sa propre version délirante. Leur humour restera une question de goût mais au niveau musical le quatuor affiche de solides atouts. Une aventure à suivre de près.

Oshyrya (7,5/10)

 

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Autoproduction / 2017
Tracklist (59:58 mn) 01. Tathor, l’Echalote des Morts 02. Lost My Grind 03. Orlango Blum 04. GPS : Gobelin Par Satellite 05. A la recherche de la découverte de la quête pour trouver le Saint Grind 06. Pirates of the Caribou 07. Bruce Lee mena l’Amour

 

 

End of Green – Void Estate

Alors qu’il pleut presque tous les jours depuis des semaines, que le boulot a repris et que les vacances sont déjà un souvenir lointain, l’écoute de ce nouvel opus des allemands d’END OF GREEN arrive à point nommé pour refléter notre humeur maussade du moment. The Painstream en 2013, avait déjà su raisonnablement titiller notre déprime et notre mélancolie. Mais avec plus de vingt-cinq années de carrière et déjà huit opus sous le bras, nous ne doutions plus du savoir-faire des teutons dans l’exercice de plomber le moral des plus joyeux.

Les chansons de Void Estate s’enchaînent sans temps mort et font à chaque fois leur petit effet. Le rythme lent, les mélodies simples et accessibles, le chant grave de Michelle Darkness constituent des marques de fabrique puissantes et le tout s’avère souvent assez séduisant au premier abord. Ici et là on retrouve des influences assez évidentes, THE CURE, PARADISE LOST période calme et surtout TYPE OF NEGATIVE sautent aux oreilles sur un « Darkside Of The Sun » prévisible au possible. Goth, Doom, Metal et rock alternatif festoient joyeusement tout au long de ces onze nouvelles chansons. Les thèmes de la solitude, la dépression, le douleur ou encore la mort restent omniprésent. Il vaut mieux bénéficier d’un solide moral avant d’écouter le disque sous peine de se morfondre encore plus. Michelle Darkness varie sont chant tout au long de l’album et apporte parfois quelques grains de lumière dans l’obscurité. Dommage qu’il nous resserve régulièrement son imitation de Peter Steele. Il tombe alors dans un cliché déjà entendu bien des fois sans parvenir à la cheville de son modèle. Individuellement, les chansons de ce Void Estate tiennent la route et s’écoutent avec intérêt. Mais ramenée au standard de tout un album, l’accumulation de titres assez semblables les uns des autres finit par créer la lassitude et l’ennui.

Finalement ce dernier opus des END OF GREEN possède une vertu importante, il donne follement envie de se réécouter les classiques du genre gothique. END OF GREEN démontre un solide savoir-faire mais chaque écoute de ce neuvième opus le rend un peu moins intéressant. Si la dépression ne vous emporte pas, l’ennui risque de vous achever. Void Estate possède trop peu de titres vraiment convaincants pour emporter notre suffrage.

Oshyrya (5,5/10)

 

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Napalm Records / 2017
Tracklist (57:39 mn) 01. Send In The Clowns 02. Darkside Of The Sun 03. The Door 04. Head Down 05. Crossroads 06. The Unseen 07. Dressed In Black Again 08. Mollodrome 09. Worn And Torn 10. City Of Broken Thoughts 11. Like A Stranger