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Quoi de mieux que la scène pour tout bon groupe de rock planant et psychédélique ? Si vous avez un peu de savoir-faire et de bonnes chansons, vous possédez tous les atouts dans votre jeu pour faire voyager votre public de longs d’infinis courants d’air jusqu’à, peut-être atteindre le Nirvana. Nos amis originaires d’Aschaffenbourg, en Allemagne, sont parfaitement pourvus de ces deux arguments et on ne voit pas bien ce qui pourrait mal tourner pour eux sur scène.

Après une décennie d’existence et cinq albums instrumentaux sous le bras, MY SLEEPING KARMA a l’embarras du choix pour définir sa setlist. Dix chansons captées en public nous sont proposées sur ce Mela Ananda. Avec ce titre, les allemands nous promettent le bonheur et la félicité et on peut rapidement affirmer qu’il n’y a pas mensonge sur le produit. Ce disque ouvre sur un « Prithvi » de toute beauté, planant et envoûtant à souhait. Difficile de ne pas fermer les yeux et de se laisser bercer par cette musique très expressive. Cette chanson nous avait déjà fait son petit effet sur disque, en ouverture de Moksha, le dernier album en date de MY SLEEPING KARMA. Mela Ananda – Live couvre quasiment toute la carrière du groupe avec deux ou trois extraits de chaque opus à l’exception de Satya (2009) étrangement oublié.

Ce mélange entre les époques s’avère être une belle illustration de l’évolution artistique du groupe, la démarche psychédélique aux influences indiennes sont bien présentes dès les origines mais le quatuor a su évolué, gagner en maîtrise et en efficacité. L’énergie généré par les musiciens est assez impressionnante, ils parviennent à retranscrire avec virtuosité leurs chansons sut scène et le public semble ravi même si celui-ci est assez peu présent. Mela Ananda – Live est un agrégat de titres joués lors de trois concerts différents en 2016 au Divan Du Monde à Paris, au Trix à Anvers et à l’Universum de Stuttgart.

On ne nous fera pas croire que les spectateurs de ces divers concerts ne sont pas ressorti de la salle un fois le show terminé avec un grand sourire sur le visage. Même si vous n’êtes pas fan ni de musique instrumentale ni de rock psychédélique, il est difficile de résister aux mélodies d’un « Prithvi » ou d’un « Ephedra ». Les instruments possèdent alors un pouvoir hypnotisant assez impressionnant et le cheminement intérieur peut commencer. Même si le spectacle est devant soi, sur la scène, tout un chacun interrogera son propre être et y trouvera sans doute autant de questions que de réponse. C’est la puissance évocatrice de la musique et MY SLEEPING KARMA fait partie de ses prophètes.

Oshyrya (7,5/10)

 

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Napalm Records / 2017
Tracklist (68:57 mn) 01. Prithvi 02. Enigma42 03. Glow11 04. Ephedra 05. Vayu 06. Akasha 07. Brahama 08. Psilocybe 09. Tamas 10. Hymn72

 

 

Tower Of Babel – Lake of Fire

TOWER OF BABEL est un tout nouveau groupe même si presque tous ses membres sont connus des amateurs éclairés. Le premier n’est autre que Joe Stump, guitariste doué de son état qui s’avère être le géniteur principal de cette nouvelle aventure. Après son dernier opus solo instrumental, il voulait réinscrire sa démarche au sein d’un groupe et il a donc, pour cela, recruté une fine équipe pour l’épauler. Csaba Zvekan constitue l’autre figure un peu connue, le chanteur évoluant depuis bien des années déjà sur la scène européenne. Certains le connaissent pour son rôle au sein d’EXORCISM ou RAVEN LORD mais un de ses principaux succès reste d’avoir assuré, avec KILLING MACHINE, la première partie d’AC/DC lors du Black Ice World Tour en France. Pas mal… Les autres membres sont Mark Cross (ex-HELLOWEEN & ex-FIREWIND) à la batterie, Maestro Mistheria (ce nom !) aux claviers et Nicola Angileri à la basse.

Stump décrit lui-même la musique de son groupe comme un mélange entre hard rock old school et Power métal à l’européenne. On ne peut pas vraiment lui donner tort tant TOWER OF BABEL suit des routes bien connues et déjà très fréquentées. Installez de solides fondations avec une section rythmique rapide et carrée, ajoutez à cela quelques riffs accrocheurs enrichis de divers soli assez typés néoclassiques et vous obtenez un cocktail goûteux mais pas très original. Les interventions old school aux claviers ne manquent pas et Zvekan apporte la touche finale. Stomp prend beaucoup de place mais il évite les démonstrations techniques stériles. Il a su se contenir et proposer de vraies chansons.

On l’a dit, le groupe ne fait pas mystère de ses influences, l’ombre de RAINBOW, Ritchie Blackmore et Ronnie James Dio pèse assez lourdement sur certains titres comme « Lake of Fire ». Après chaque écoute, un drôle de sentiment émerge face à ce disque qui peine à trouver une cohérence. L’impression de se trouver devant un patchwork mélangeant différents styles selon les compositions fini par nuire à l’ensemble. Difficile de définir un fil conducteur, une homogénéité face à Lake of Fire. Rien à redire sur la performance de chacun des musiciens, ils sont tous assez expérimentés pour faire le job mais la mayonnaise ne prend jamais vraiment. TOWER OF BABEL a le c.. entre deux chaises et ne parvient pas à retrouver son équilibre.

A trop vouloir en mettre, Joe Stomp a fini par se perdre et propose un cocktail finalement assez peu digeste. Le mélange des genres c’est bien sur le papier mais là, entre influences hard-rock, Power métal et néoclassiques, une chatte n’y retrouverait pas ses petits. Et puis le visuel tendance tendance métal fini de brouiller les cartes.

Oshyrya (05/10)

 

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Lion Music / 2017
Tracklist (66:48 mn) 01. Dragonslayer 02. It’s Only Rock’n’Roll 03. Lake of Fire 04. Addicted 05. Midnight Sun 06. Eternal Flames 07. Once Again 08. Stardust 09. Eyes of the World 10. Lamb and the Wolves 11. Thoth 12. All Out Warfare

 

 

The Rock Alchemist – Elements

L’alchimie reste une discipline complexe et mystérieuse. Beaucoup ont essayé et peu ont réussi. Beaucoup pensaient obtenir de l’or et ont terminé avec du plomb. C’est la même chose dans le domaine musical, chaque artiste va venir apporter sa pierre à l’édifice mais le résultat final n’est jamais garanti.

THE ROCK ALCHEMIST est un groupe de rock transalpin né en 2009 à Turin par cinq musiciens expérimentés. La démarche est simple, composer et jouer un musique mettant en avant les chansons et non pas les divers instruments individuellement. Jolie phrase de la biographie du label mais dans les faits cela ne veut pas dire grand-chose. En 2012 sort un premier album, Eyes of Mind, chez Videoradio. Après avoir profité de toutes les opportunités qui se présentaient à eux pour se produire sur scène en Italie, ils débutent en 2016 la travail sur le deuxième opus, Elements. Histoire de mettre tous les atouts de leurs côtés, ils s’entourent des britanniques Chris Sheldon pour la production et le mixage et de John Webber pour le mastering aux AIR Studios de Londres. Le travail porte ses fruits puisque le groupe signe en 2017 chez Lion Music et espère ainsi toucher un plus large public.

Une mauvaise surprise pour commencer sur la forme, avec à peine trente minutes de musique au compteur, Elements sonne forcément un peu chiche. Autre grimace dès les premières minutes, Aldo Garrone, le chanteur affiche un fort accent italien et il sonne particulièrement fragile. Les mélodies vocales peinent à convaincre et cela en devient parfois douloureux pour lui. On ne sent pas de ligne clair, de chemin clairement tracé et il semble parfois louvoyer entre deux mélodies. C’est assez catastrophique sur « Panic Room » et puis cela s’améliore progressivement. Musicalement parlant, ses camarades s’en tirent mieux que lui mais vous ne trouverez pas sur Elements de quoi vous enthousiasmer outre mesure. Le rock/métal proposé est très gentillet, tout un chacun sentira l’application des différents acteurs mais le propos ne prend jamais vraiment son envol. Les refrains n’ont pas l’efficacité attendue et il ne reste pas grand-chose en mémoire à l’issue de chaque écoute. Avec son petit côté folk et des sonorités un peu plus dures, « Phoenix » offre un bon moment tout comme « 27 », une chanson rapide et enlevée. Comme quoi THE ROCK ALCHEMIST possède un certain potentiel mais il ne l’utilise pas efficacement.

Avec Elements, THE ROCK ALCHEMIST souffle le chaud et le froid. La première moitié du disque risque d’en calmer plus d’un alors que la deuxième partie s’avère, dans l’ensemble, beaucoup plus convaincante. Il va falloir que les italiens soient plus rigoureux pour pouvoir se faire une petite place sur la scène européenne. En l’état, ils montrent encore beaucoup trop de faiblesses et de fragilité pour espérer percer.

Oshyrya (5,5/10)

 

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Lion Music / 2017
Tracklist (30:46 mn) 01. Panic Room 02. A-Matrix 03. Cars 04. Phoenix 05. Thrilling Countdown 06. 27 07. Eclipse 08. The Temple