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Ex Deo – The Immortal Wars

Si c’est pas super cool d’écouter de la bonne musique et de pouvoir, en même temps, compléter sa culture générale et ainsi impressionner le grand monde lors de son prochain dîner mondain ? En plus les musiciens peuvent se lancer dans de sympathiques journées déguisements, la classe ! Je me moque je me moque cependant mais la démarche des canadiens restent tout à fait respectable, pourquoi pas l’histoire romaine plutôt que d’énièmes royaumes imaginaires, mais les photos promo s’avèrent un peu cheap dans le genre. Dommage.

The Immortal Wars est le troisième album des québécois et sort presque cinq ans après Caligvla. C’était là un risque calculé pour le quintet puisque quatre de ses membres jouent également au sein de KATAKLYSM qui restent leu priorité et qui a publié deux opus pendant cette période-là. Mais les armures romaines devaient leur manquer et ils remettent le couvert avec The Immortal Wars. Ils poursuivent sur leur lancée et déploient à nouveau pour notre plus grand plaisir ce métal puissant, épique et super accrocheur. Agressivité et mélodie se mêlent harmonieusement, le chant hurlé d’Iacono fait des merveilles alors que ses troupes avancent en ligne, prêtes au combat. Les cavalcades des guitares et les rythmes pachydermiques d’EX DEO se voient complétées et contrebalancées par diverses orchestrations, nappes de claviers et chœurs tout au long de l’album.

La dimension musique de film reste évidente tout au long de The Immortal Wars, chaque chanson se doit d’évoquer une ambiance et mettre ne exergue un événement spécifique ou un personnage clé. EX DEO mettant l’accent sur les guerres et les batailles, les canadiens bastonnent sévères et semblent y prendre un certain plaisir. Les fans de KATAKLYSM retrouveront le savoir-faire et la belle technique des québécois qui démontrent encore une fois savoir jongler avec talent à la fois de la violence et de la douceur. « Cato Major: Carthago delenda est! » s’apparente à une grosse mandale dans la tronche mais cela n’empêche pas d’entendre de subtiles harmonies de guitares.

EX DEO a franchi le Rubicon, il y a bien longtemps de cela et le groupe continue depuis sa conquête des cœurs et des âmes. Leur force de frappe reste toujours aussi impressionnante et ne laisse que peu d’espoir à leurs détracteurs. The Immortal Wars reste un sacré rouleau compresseur et des compositions comme « The Rise of Hannibal » donne une pêche d’enfer. Ajoutez à cela une production aux petit oignons assurée par J-F Dagenais, guitariste de son état et un mixage limpide de Jens Bogren et vous obtenez un breuvage capiteux et enivrant à souhait. Avec EX DEO pas besoin de consommer avec modération.
Oshyrya (08/10)

 

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Napalm Records / 2017
Tracklist (38:29 mn) 01. The Rise of Hannibal 02. Hispania (The Siege of Saguntum) 03. Crossing of the Alps 04. Suavetaurilia (Intermezzo) 05. Cato Major: Carthago delenda est! 06. Ad Victoriam (The Battle of Zama) 07. The Spoils of War 08. The Roman

 

 

Anthriel – Transcendence

A force, la mémoire connait toujours à un moment ou l’autre des ratés et ANTHRIEL semblait être inconnu au bataillon. Et pourtant quelques recherches sur le web faisaient apparaître The Pathway, le premier opus des finlandais et cette pochette faisait alors remonter quelques souvenirs. Ce premier opus avait tellement marqué les esprits qu’il avait immédiatement disparu dans les limbes. Après deux sept années de silence, le quintet se rappelle à notre bon souvenir avec une nouvelle offrande sous le bras, huit nouvelles compositions regroupées au sein de Transcendence.

Pas de révolution de style au programme, ANTHRIEL continue de proposer un métal mélodique et progressif. Par contre, il faut croiser très fort les doigts pour qu’une identité et un caractère plus marqué apparaissent tout au long de ces soixante-cinq minutes. Transcendence s’ouvre avec « The Calling » un titre de pur rock progressif, école britannique, à la Steven Wilson. C’est doux, avec moult nappes de claviers un peu old school. Simo Silvan montre derrière son micro qu’il possède un joli brin de voix. « Under the Burning Skies » ensuite voit les finlandais appuyer sur l’accélérateur et sortir les guitares de leurs étuis. ANTHRIEL rentre alors dans le rang et déploie un métal mélodique assez classique, plutôt bien foutu il faut bien l’avouer dans la veine d’un SHADOWGALLERY. C’est propre, bien joué mais sonne quand un peu suranné. Ce loin d’être désagréable mais cela risque de ne plaire qu’aux plus anciens fans du genre.

Le disque compte deux pièces de résistance de plus de dix minutes au compteur « The Oath of Darkness » et surtout « Fallen Souls » qui vient clore les débats. C’est dans ces conditions qu’un groupe de métal progressif doit faire ses preuves. Et reconnaissons qu’ANTHRIEL s’en sort plutôt bien. Oui cela sonne un peu vieillot et de nombreuses références viennent à l’esprit à l’écoute de ces chansons mais les mélodies claquent bien et les débats entre guitares et claviers proposent de vrais bons moments. Les finlandais parviennent à faire vibrer une petite fibre nostalgique et cela s’avère plutôt agréable.

A chaque nouvelle chronique, une bonne surprise peut nous attendre au coin de la rue. ANTHRIEL ne promettait pas monts et merveilles de prime abord et pourtant ils sont parvenus avec Transcendence à accoucher d’un disque solide et assez attachant finalement. Les finlandais invoquent une époque aujourd’hui disparue où le métal mélodique / symphonique / progressif régnait en maître et trustait les principaux charts européens. Le bon vieux temps…
Oshyrya (7,5/10)

 

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Lion Music / 2017
Tracklist (65:12 mn) 01. The Calling 02. Under Burning Skies 03. The Oath of Darkness 04. Siren’s Song 05. Painted Shadows 06. Rhapsody of Fire 07. My Dark Morning Star 08. Fallen Souls

 

 

Helker – Firesoul

Depuis le suicide artistique et la quasi disparition des brésiliens d’ANGRA, les fans de power métal venu d’Amérique du Sud doivent un peu se sentir orphelins. Bien sûr d’autres groupes tentent de tenir le terrain mais aucun n’est jusqu’à présent parvenu à atteindre la même aura, le même rayonnement. Un de ces candidats s’appelle HELKER et nous vient d’Argentine. Né en 1998, nos amis mènent depuis une solide carrière sur leur continent. Remarqués par Mat Sinner lors d’une tournée, HELKER signe avec AFM Records et perd à la conquête en publiant une version anglaise de leur disque Somewhere In The Circle en 2013. Bis repetita avec Alma de fuego qui devient chez nous Firesoul.

Les argentins ne sont pas venus amuser la galerie et affichent d’emblée leur savoir-faire et leur expérience construite petit à petit. Après la courte intro de rigueur, la première salve sous la forme d’un « Fight » puissant et rentre-dedans à souhait. Les deux guitaristes s’en donnent à cœur joie et enchaînent grosses rythmiques et riffs tranchants. Ajoutez à cela une section rythmique à la fois puissante et rapide et vous obtenez un power métal franchement agréable. Pas d’innovation folle au menu mais des compétences évidentes pour pondre à la chaîne des compositions solides et entraînantes. Les duels de guitares font des merveilles et apportent une touche de mélodie supplémentaire.

Nous n’avons encore parlé du chanteur mais Diego Valdez assure une très jolie performance de sa voix grave et puissante qui se fond parfaitement dans ce cocktail argentin. Il ne fait preuve d’une palette vocale étourdissante mais il réussir à mettre la force et la conviction nécessaire pour emporter tous les suffrages. Chaque chanson tourne plus ou moins autour des quatre minutes et affiche une structure assez classique. HELKER ne cherche pas midi à quatorze heure, pas de complexité inutile ici, ils vont droit au but. Rien à redire en ce qui concerne la production. Firesoul a été mixé et masterisé par Achim Köhler et produit par Mat Sinner.

Au contraire d’un ANGRA, HELKER ne joue pas la carte sud-américaine et continue de proposer une musique solide mais finalement pas très différente des innombrables groupes européens. C’est assez dommage car ils se perdent ainsi dans la masse et n’affichent de caractéristiques leur permettant de se singulariser. Reste alors un album solide, professionnel et bien foutu. Certains diraient que c’est déjà pas mal.
Oshyrya (6,5/10)

 

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AFM Records / 2017
Tracklist (53:53 mn) 01. Genesis (Intro) 02. Fight 03. For All The Eternity 04. Playing With Fire 05. The One 06. Where You Belong 07. You Are In My Heart 08. Empty Room 09. Leaving Out The Ashes 10. Stay Away 11. Break Your Chains 12. Firesoul 13. Rise Or Fall (bonus track) 14. Neon Knights (bonus track)