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Je vais commencer cette chronique en faisant ma tête de con. Je vais considérer cet album comme un EP car même si Our Own Democracy compte dix chansons, avec à peine vingt-huit minutes au compteur on ne peut décemment pas prendre cela pour un EP. Bla bla bla, Reign in Blood de SLAYER… rien à foutre. Quand un groupe frôle les quarante minutes, rien à redire mais là non.

Entre cette pochette assez étrange (spéciale dédicace au poulet ayant servi de modèle) et un nom de groupe tout aussi mystérieux mais si celui-ci sonne assez classe, l’auditeur ne sait pas vraiment à quoi s’attendre en découvrant cette galette. Pour notre culture commune, précisions que CANCEL THE APOCALYPSE s’apparente à un melting-pot assez original regroupant des musiciens aux univers bien différents puisque le groupe oscille et mélange des éléments métal / hardcore et des éléments classiques, l’union incestueuse entre artistes toulousains et bordelais. Certains résonneront aux oreilles des plus fins connaisseurs comme celui de Matthieu Miegeville (MY OWN PRIVATE ALASKA, PSYKUP) au micro ou encore la violoncelliste Audrey Paquet (TRIO MILONGA. QUATUOR EVEIL).

La biographie du groupe se plait à mettre en avant l’aspect chaotique de la démarche et l’écoute de ces dix compositions confirment ce propos. Il va falloir faire preuve d’ouverture d’esprit et d’éclectisme pour apprécier CANCEL THE APOCALYPSE à sa juste valeur. Le calme « Athens » ouvre les débats avant que la folie ne rentre via un titre éponyme plus représentatif de la tapisserie sonore tissée sous nos yeux. Prenez une base classique, dans un genre baroque, et ajoutez-y une batterie et un chant tourmenté et aigu pour avoir une petite idée du voyage qui se présente à vous. Musicalement le mélange s’avère intéressant, à la fois souvent dissonant et surprenant avant que le trip screamo ne vienne un peu gâcher la fête. Cela convient sans doute dans l’esprit à cette approche baroque un peu folle mais à l’écoute, il y a de quoi froncer les sourcils. Les compositions sont courtes, dépassant pour la majorité à peine les trois minutes. Les mélodies jouées majoritairement au violoncelle et la guitare classique font leur petit effet avant que Miegeville n’ajoute son grain de sel pour le meilleur et pour le pire. Et disons que ce dernier l’emporte souvent. Etre original c’est bien mais là, le mariage entre ces deux univers n’est pas vraiment très heureux. Une fois la surprise passée, l’ennui pointe rapidement le bout de son nez et surtout l’auditeur attend avec crainte les lignes de chants hurlées.

CANCEL THE APOCALYPSE offre sans aucun doute une démarche originale mais la mayonnaise peine à prendre. Les artistes ont toujours raison de vouloir assouvir leur démarche créatrice mais Our Own Democracy me fait le même effet que certaines pièces de théâtre modernes sans queue ni tête ou le propos abscons ne semble être destiné qu’à satisfaire l’ego de son auteur. Tentez votre chance en écoutant ce disque, vous n’êtes pas à l’abri d’une bonne surprise. Votre serviteur est resté au bord de la route.

Oshyrya (05/10)

 

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Get A Life! Records / 2016

Tracklist (28:33 mn) 01. Athens, 02. Cancel The Apocalypse, 03. Candlelight, 04. Planes And Bombs, 05. Children, 06. A Bunch Of Roses With Thorns, 07. he Things That Can Never Be Done, 08. Bad Boxer Part 1, 09. Bad Boxer Part 2, 10. We Where Young

Avec l’EP Yesterday Comes Tomorrow, les parisiens d’AANOD ne sont pas à leur coup d’essai. En effet, le quintet compte déjà à son tableau de chasse un premier EP, Dawn, sorti en 2015. Preuve qu’ils n’ont franchement pas chômé pour sortir ainsi coup sur coup deux disques.

Le groupe évolue dans un metalcore racé et bourré d’énergie. La démarche reste assez classique mais reconnaissons d’entrée que le talent et le savoir-faire s’entendent de suite. Au bout de quelques minutes, l’auditeur saura qu’il est en présence d’un groupe appliqué et sérieux qui mêle technique et furia, mélodie et agressions calculées. Tous les éléments d’un metalcore canonique sont bien présents, l’alternance entre les types de chants, les riffs tranchants et les rythmiques originales. En sept nouvelles compositions, AANOD enfonce le clou et confirme les bonnes dispositions entrevues sur le disque précédent. Il manque encore une patte spécifique, une identité plus affirmée par rapport aux ténors du genre comme BRING ME THE HORIZON. Cependant certains titres de cet EP sortent du lot et font mouche à l’image d’un « Pariah » franchement efficace. Quelques touches extrêmes ici et là ne font pas de mal non plus.

Pour les amateurs de metalcore, AANOD est un nom à retenir. Les parisiens ne manquent pas de potentiel pour se faire plus largement connaître même si la vague et, ne nous voilons pas la face, la mode metal/deathcore semble perdre de sa vigueur. Souhaitons-leur de persévérer car ils la valeur artistique de leur démarche saute aux yeux (et aux oreilles).

Oshyrya (07/10)

 

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Autoproduction / 2016

Tracklist (27:57 mn) 01. Gambler, 02. D.N.A, 03. Resource, 04. Pariah, 05. Starvation, 06. Cubes, 07. Crafting

Wedingoth – Alone in the Crowd

Les Lyonnais de WEDINGOTH avaient disparu de nos radars depuis un sacré bout de de temps, depuis 2012 plus précisément et la sortie de leur précédent opus, The Other Side, chez M&O Music (chronique ici). Malgré quelques bons moments, notre camarade Clayman avait été franchement déçu trouvant l’album un peu mou, sans le mordant et la niaque espérée. Cinq ans plus tard, il ne que bien peu de rescapés de cette période, seul Steve Segarra guitariste et géniteur du groupe continue l’aventure et s’est entouré de nouveau camarades de jeu pour ce nouvel opus, Alone in the Crowd.

Après une courte introduction instrumentale, les choses sérieuses débutent avec « Alone In The Crowd Part I ». Et le son qui émerge alors déçoit un peu. Rien de rédhibitoire mais la production générale manque de polish et cela sonne un peu brut de décoffrage. C’est l’occasion de découvrir la nouvelle chanteuse, Maud Hernequet qui a intégré les rangs en 2014. Elle évolue la plupart du temps dans un registre rock à la Doro tout en pouvant s’aventurer si besoin du côté lyrique. Elle laisse une bonne première impression. Elle sait varier son chant et transmettre un large panorama d’émotions. Sur « When The World Collapses » plus sombre et gothique, elle s’efface parfois au profit de Steve Segarra qui apporte le pendant masculin hurlé, le syndrome de la Belle et la Bête. Dans cette atmosphère plus directe et agressive, WEDINGOTH montre un autre visage et sonne bien mieux. Dans les registres rock/hard-rock progressif, les lyonnais ont tendance à se perdre en circonvolutions stériles et l’ennui s’installe vite. WEDINGOTH a tendance a sonné comme un patchwork, des titres à rallonge, trop longs qui par user même les plus courageux. Le contraste entre les deux derniers titres de ce disque est d’ailleurs assez criant. Ils dépassent tous les deux les dix minutes mais autant le tranchant « Beyond Their Lies » parvient à nous tenir en haleine autant « Alone In The Crowd Part II » perd de son intensité et de son intérêt à chaque minute.

Par rapport à The Other Side reconnaissons que de nombreux progrès ont été accomplis. WEDINGOTH continue à vouloir naviguer entre deux eaux et cela n’aide pas à donner une cohérence à leur démarche musicale. Alone in the Crowd sonne décousu et Steve Segarra semble se faire plaisir et veut trop en faire. Il est talentueux sans aucun doute mais devrait mieux canaliser sa créativité. Attendons de les voir sur scène pour se faire une opinion plus définitive.

Oshyrya (06/10)

 

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Autoproduction – Dooweet / 2016

Tracklist (57:23 mn) 01. …—… 02. Alone In The Crowd Part I 03. When The World Collapses 04. The Painter 05. Evolat 06. Sing The Pain 07. Beyond Their Lies 08. Alone In The Crowd Part II