Originaire de Jacksonville en Floride, le trio SKYLINER vit à fond sa passion et revient en 2016 avec un second album sous le bras, Condition Black. Repérés par Limb Music, les américains, alors sous la forme d’un quatuor, avait publié un premier opus en 2014, Outsiders.
Reconnaissons qu’il faut un certain courage et de la suite dans les idées pour évoluer dans ce genre Power Métal en étant originaire de Floride, une des patries mondiales du Death Metal. Mais dans un style pas si éloigné, KAMELOT (venant de Tampa) a su faire son trou et mène une très solide carrière. SKYLINERS n’en prend pas forcément le chemin tant leur démarche, bien que très respectable sur le fond, sonne très très très cliché. Déjà sur la forme avec une pochette pas franchement extraordinaire et des photos promo plus que kitsch. Mais tout cela aisément pardonné si la musique proposée ne tombait pas à plat en quelques minutes.
Tout un chacun devinera que le groupe bénéficie de moyens limités mais franchement chaque écoute de ce Condition Black ne donne pas vraiment envie de s’y remettre. Ce n’est pas apocalyptique mais la production générale s’avère tout juste passable et les chansons manquent d’impact et plus généralement d’intérêt. Jake Becker occupe à la fois le poste de guitariste et de chanteur et il ferait mieux de persévérer dans ce premier rôle et d’abandonner le second. Il fait ce qu’il peut derrière le micro mais tout un chacun aura rapidement l’impression qu’il joue au chanteur faute trouver un candidat à ce poste. Et quand il s’essaye au chant extrême, ce n’est guère plus encourageant. Musicalement parlant, le Power Métal proposé est très convenu, sans surprise ni enthousiasme. Vous aurez l’impression d’avoir déjà écouté cela des dizaines de fois, ni pire ni meilleur que d’autres mais difficile de trouver des arguments qui permettraient de recommander ce disque. Nos amis font de leur mieux et n’ont pas à rougir de la prestation proposée mais cela sonne encore trop faible, naïf et pas assez mature. Malgré plusieurs écoutes, je suis incapable de me souvenir d’une ligne mélodique ou d’un refrain en particulier. Pour un groupe de Power Metal qui se doit de frapper immédiatement les esprits c’est assez gênant. Limb Music a raison de continuer sa quête de la prochaine pépite mais SKYLINER n’est pas assez armé et peut-être talentueux pour esprit ce qualificatif. Condition Black s’avère être plus que moyen.
Oshyrya (05/10)
Site Officiel
Facebook Officiel
Limb Music / 2016
Tracklist (60:00 mn) 01. Tidal 02. Condition Black 03. Too Many Voices 04. No World Order 05. Cages We Create A DIVINE TRIUMVERATE: 06. Starseeker (The Mystery of God) 07. Interlude I: The Firmament 08. As Above, So Below (Those Who From Heaven To Earth Came) 09. Interlude II: The Dance of Bliss 10. The Morbid Architect (That Prison of Veils) 11. Your Hand In Mine
Herman Frank est sans conteste l’une des figures de la scène métal outre-Rhin. Il roule sa bosse depuis des décennies maintenant et a su se faire un nom. Rappelons aux plus jeunes que le guitariste a rejoint le groupe ACCEPT en remplacement de Jan Koemmet, juste avant la sortie de leur album de Restless and Wild et le quitte après la sortie de l'album suivant Balls to the Wall. Il est alors remplacé par Jorg Fischer. Il joue à nouveau avec ACCEPT durant leur brève reformation de 2005 le temps de quelques festivals, et à nouveau pour la reformation de 2009. En 2010, il participe à l'enregistrement de l'album Blood of the Nations, Stalingrad (2012) et Blind Rage (2014). Mais ce n’est l’homme d’un seul group et il a travaillé avec de nombreuses autres formations comme VICTORY, HAZZARD, MOON’DOC, SINNER et SAEKO. Il a su tout au long de ces années acquérir également une compétence de producteur et a fait ses armes auprès de grands noms comme SAXON, ROSE TATTOO et MOLLY HATCHET. En 2014, il fonde avec Stefan Schwarzmann (ex-batteur d'ACCEPT) et Schmier (le bassiste et vocaliste du groupe DESTRUCTION, le groupe PANZER. Il quitte alors ACCEPT, officiellement pour des raisons d'incompatibilité de planning des tournées des deux groupes (merci Wikipédia).
Frank est un homme occupé mais cela ne l’a pas empêché de débuté en 2009 une carrière solo. The Devil Rides Out est le troisième opus publié sous son nom après Loyal to None (2009) et Right in the Guts en 2012. Les line-up ont souvent changé autour du guitariste. Pour cette cuvée 2016, il s’est entouré de Rick Altzi (MASTERPLAN), déjà présent sur le précédent disque, André Hilgers (RAGE) et Michael Müller (JADED HEART). On n'apprend pas aux vieux singes à faire la grimace et donc sans grosse surprise Herman Frank continue en solo sa quête heavy metal, un son assez classique, forcément très ancré dans l’école allemande. Mais la recette a déjà fait preuve de son efficacité et le quatuor sait y faire. Avec tant d’expérience mise en commun, The Devil Rides Out reste diablement racé et efficace. La guitare prend bien sur le devant de la scène mais les autres musiciens ne sont pas reste. Cela joue bien et vite, pas d’innovation particulière ni de prise de risque mais des chansons aux mélodies et aux riffs assez simple. Les refrains doivent faire mouche tout de suite et vous rentrer dans le crâne sans résistance. Herman Frank se fait plaisir avec quelques soli bien balancés mais personne ne doutait de son savoir-faire dans le domaine. Altzi offre une belle performance d’ensemble même s’il a toujours tendance à en faire un peu trop. Les chansons restent toujours accessibles et ont été calibrées autour des quatre minutes. Rien à redire sur la forme non plus, Frank s’est bien sûr chargé de la production mais a confié le mixage et le mastering à Charlie Bauerfeind pour assurer le coup.
Si on vous dit que cet album est le troisième opus solo de l’ancien guitariste d’ACCEPT, vous vous ferez assez facilement une idée de la musique proposée. Et vous aurez raison car Herman Frank livre la marchandise attendue. Pas de quoi se rouler mais un travail propre et soigné.
Oshyrya (07/10)
Site Officiel
AFM Records / 2016
Tracklist (52:01 mn) 01. Running Back 02. Shout 03. Can’t Take It 04. No Tears In Heaven 05. Ballhog Zone 06. Run Boy Run 07. Thunder Of Madness 08. License To Kill 09. Stone Cold 10. Dead Or Alive 11. Run For Cover 12. I Want It All
En tant qu’amateur de musique, il nous est tous arrivés de flâner chez le disquaire sans but particulier et d’avoir soudain l’œil attiré par le visuel d’une pochette. On écoute, on découvre et on achète (ou pas). L’essentiel reste la musique, nous sommes bien d’accord mais le premier contact avec un nouvel artiste passe d’abord par la vue. Certains diront que l’essentiel est d’être remarqué, en bien ou en mal cela n’a pas d’importance. Je ne suis pas sûr de partager cette affirmation. Par exemple j’ai toujours eu du mal à écouter In the Court of the Crimson King à cause de sa pochette hideuse. Et pourtant quel disque fondateur ! J’ai l’impression que nos amis lorrains d’EYES WIDE SHOT ont tout fait (inconsciemment sans doute) pour se tirer une belle dans le pied avec ce visuel sans doute original et artistique mais qui repoussera invariablement le chaland.
Le groupe est né en août 2012 à Jarny (près de Metz) de l’initiative de trois musiciens locaux venant d’horizon musicaux assez variés. En 2013, un premier EP, #Overcome17912, est publié et permet aux lorrains de se faire un nom sur les scènes locales. En 2015, les événements d’accélèrent avec l’intégration de nouveaux membres et surtout une collaboration avec le producteur franco-américain Charles Kallaghan Massabo (FALLING IN REVERSE) qui propose d’enregistrer et de produire leur premier album. De cette collaboration nait un premier opus que voici.
Si malgré la pochette vous vous êtes intéressé à ce disque, la première écoute aura de quoi refroidir les plus courageux. L’écoute du « Waiting in Vain » fragile et mal maîtrisé qui ouvre ce disque sape tous les efforts du groupe. Ce refrain gloubi-boulgesque fait saigner les oreilles, la montée dans les aigues de Florent Curatola génère à chaque fois des frissons dans le dos. Franchement, entre la pochette et cette entrée en matière, plus d’un auditeur curieux abandonnera l’affaire. C’est franchement dommage car EYES WIDE SHOT offrent quand même de belles promesses avec des titres en majorité directs et bourrés d’énergie. Dans un genre rock / métal alternatif, le quartet n’a pas à rougir. Bien sûr le groupe est jeune et manque encore d’épaisseur, le propos reste très naïf et EYES WIDE SHOT peine à s’affirmer tout au long de ces dix chansons. On sent bien qu’ils ont essayé de sonner très modernes avec cette petite touche typiquement américaine mais malgré les divers effets utilisés, les riffs et le chant nu metal la mayonnaise peine à prendre. « My Redemption » laisse une impression assez positive mais c’est l’une des rares chansons à émerger du lot.
Bon voilà, vous l’aurez compris, ce Back From Hell n’a pas vraiment créé l’enthousiasme chez votre serviteur. Les fautes de goût sont nombreuses et gâchent quand même franchement l’expérience sur le fond comme sur la forme. EYES WIDE SHOT est encore un groupe jeune et parions que leurs nouvelles compositions s’avèrent déjà plus matures. Attendons la suite pour nous faire une opinion plus tranchée.
Oshyrya (05/10)
Site Officiel
Facebook Officiel
HCD Production – Autoproduction / 2016
Tracklist (37:44 mn) 01. Waiting In Vain 02. A Glimpse Of Me 03. My Redemption 04. Lost For You 05. Lisp Off My Lips 06. Back From Hell 07. Under The Knife 08. Living The Dream 09. See What I've Seen 10. Watch Me (feat. Boots)