Faire parler mes morts et se mettre sous la patronage d’un artiste légendaire aujourd’hui disparu peut-être à la fois séduisant et extrêmement dangereux. C’est peut-être une coïncidence mais il me semble que les sorties de Motörhead Music se multiplient ces derniers temps alors que le patriarche est décédé depuis quelques mois seulement. Enfin, notre candidat du jour ce nomme BARB WIRE DOLLS et vient de Grèce.
Le groupe est né en Crète de l’initiative d’Isis Queen (chant) et Pyn Doll (guitares). Le plus musant reste que cette première est présenté par les documents promo comme une icône de la mode et le second comme un ancien surfeur et skateboarder professionnel. Entourés de musiciens expérimentés, ils entrent en studio en 2012 pour graver dans le marbre un premier album, Slit, dans un registre grunge / punk rock. En 2015, après avoir multiplié les apparitions scéniques en tournées ou en festivals, ils signent sur Motörhead Music à l’initiative de Lemmy (parait-il) et débutent la gestation d’un deuxième album. Desperate prend ainsi forme aux studios Sonic Ranch et NRG sous la houlette de grands noms de la production et du mastering, Jay Baumgardner et Howie Weinberg.
Avec un tel carré d’as, tout laisse à penser que les BARB WIRE DOLLS vont frapper un grand coup et impressionner tout le monde. Disons que sans atteindre le nirvana attendu, les grecs font le boulot et montrent un joli savoir-faire pour pondre des titres punk rock à la chaine, à la fois tranchants, bourrés d’énergie et accrocheurs. Ce rock est très simple sur le papier, un bon riff, une section rythmique au diapason et une chanteuse affichant une forte personnalité. Toutes les cases sont bien cochées pour les hellènes et pourtant difficile de s’enthousiasmer plus que cela pour Desperate. Très propres et calibrées ces chansons peinent à réellement convaincre. Par que taper du pied et secouer la tête soient systématiquement au rendez-vous. BARB WIRE DOLLS a joué la sécurité et fini par rapidement créer un sentiment de lassitude. « Darby Crash » ou « Problem Of The Poet » donnent un coup de fouet à ce disque sur la fin mais l’impression générale reste un peu mitigée.
Par sa voix et la musique prodiguée, difficile de ne pas comparer BARB WIRE DOLLS à des groupes comme BLONDIE et surtout L7. Ils ravivent la belle tradition Riot Grrrl sans le message sociétal cependant. Desperate fait le boulot mais peine à combler les espoirs générés sur le papier par le groupe et son environnement. Attendons la suite.
Oshyrya (6,5/10)
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UDR Music / 2016
Tracklist (36:42 mn) 01. Drown 02. Surreal 03. Take Me Home 04. Heart Attack 05. Desperate 06. Blind To Your Misery 07. I Will Sail 08. Darby Crash 09. Problem Of The Poet 10. Rhythm Method
Mais qu’est-ce que c’est que cette pochette infâme ? Franchement, certains semblent prendre un malin plaisir à se tirer une balle dans le pied avant même de commencer. Quitte à faire cheap, mieux vaut une belle photo ou une pochette monochrome que cette horreur ni fait ni à faire. Si vous avez l’envie d’écouter ce disque malgré cela, eh bien vous avez du courage (ou des goûts graphiques assez douteux). Vous parlez d’un départ pour un nouveau groupe qui souhaite se faire connaître et se faire une place au soleil…
Le leader et chanteur de BUDDERSIDE, Patrick Stone rêve de gloire et vit son projet à fond. Il s’entoure de trois autres musiciens et de lance dans la composition et l’enregistrement d’un premier album que voici. Histoire d’être trs professionnels d’entrée et de mettre tous les atouts de son côté, le groupe passe sous la coupe du manager Todd Singerman (MOTÖRHEAD) qui les fait enregistrer au Rosewood Strat Studio avec le producteur Paul Inder Kilmister (oui le fils de qui vous savez). Donc le son de ce disque est très bon mais cela reste à peu près le seul compliment que vous trouverez dans cette chronique.
L’écoute de ce premier opus éponyme est loin d’être un plaisir, l’auditeur passera par différents stades, de l’indifférence, à la lassitude voir à l’embarras pour les américains. La musique de BUDDERSIDE d’avère au mieux sans intérêt déjà entendue mille fois et pas originale pour à sou, et flirte parfois même avec le ridicule comme sur « Ska Bra » sortit de nulle part. Le soutien de la galaxie MOTÖRHEAD s’est bien mais encore faut-il en être digne. Archi-formaté pour le marché US se disque provoque un ennui presque immédiat, entre les mélodies sucrées, presque pop, les éléments country ici et là, Stone & co bouffent à tous les râteliers sans montrer un véritable talent. On se demande ce que Phil Campbell vient faire dans cette galère, même en guest sur un titre.
On va arrêter de tirer sur une ambulance, BUDDERSIDE sa vautre complétement et ne créera à aucun moment joie ou enthousiasme pour l’auditeur un peu sérieux et connaisseur. Comme fond sonore d’une soirée piscine dans la villa du riche voisin californien pourquoi pas mais sinon BUDDERSIDE n’a d’intérêt que pour caler un meuble. Pour une fois, l’habit fait le moine et la pochette suffit à comprendre la galère représentée par cet album et ce groupe.
Oshyrya (04/10)
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UDR Music / 2016
Tracklist (18:46 mn) 01. Genocide 02. Ska Bra 03. Pain 04. X-Girlfriend 05. Clear Blue Sky 06. Open Relationship 07. My Religion 08. The Envelope 09. Let This One Breathe 10. Can’t Wrap My Head Around You
Bon, aujourd’hui nous allons parler de GLORY HOLE. Ah mais je vois déjà tous sourire, bande d’obsédés, pas celui auquel vous pensez (mais si on vous connait) mais plutôt au quatuor heavy rock basé entre Londres et Paris. Les voici qui font leurs premiers pas discographiques dans le grand monde via cet EP, cinq titres, First Experience.
Chacun jugera de son intérêt pour la pratique sexuelle mais au niveau musical, nos amis ont de quoi en exciter plus d’un. Ils font le choix de proposer un rock épais et mélodique, bourré de groove et très typé seventies, voir même grunge parfois. GLORY HOLE possède un attrait de choix en la personne de leur chanteur Adriano. A travers ces cinq compositions, ce dernier montre en effet un bien bel organe et insuffle un vrai supplément d’âme. Les compositions se veulent assez courtes et immédiatement efficaces. En un plus de trois minutes à chaque fois, la messe est dite. Rien de bien nouveau sous le soleil bien sûr tant la vague revival 70s est forte en ce moment mais GLORY HOLE n’a pas à rougir face à la concurrence anglo-saxonne ou scandinave. Avec cet EP, ils démontrent un vrai talent et un savoir-faire évident. Avec une telle carte de visite, le quatuor a de quoi multiplier les concerts de chaque côté de la Manche pour se faire la main et encore affiner leur son et leur identité. Le véritable juge de paix sera le premier album, la mayonnaise prendra-t-elle bien sur la longueur ? GLORY HOLE parviendra-t-il à sortir de la masse et à se faire un nom ? Suite au prochain épisode…
Oshyrya (7,5/10)
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Autoproduction / 2016
Tracklist (18:46 mn) 01. Lost 02. Love 03. The Long Road 04. Anaconda's Sister 05. Kill your Hatmate